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Le président de la République, Amadou Toumani Touré, n’a pas cessé d’affirmer sa volonté de quitter le pouvoir à date échue. Il l’a encore rappelé, dimanche dernier, à Koulouba, lors de l’émission: Le débat africain sur RFI. Si cette idée de plus en plus convainc la classe politique et le citoyen lambda, ce qui, pour certains, était loin d’être le cas, il y a seulement six mois, où il était soupçonné d’être à la manœuvre pour justement rester, il reste qu’il doit donner des gages qui conforteraient son intention.

En effet que vaut l’annonce, aux yeux des plus sceptiques, si elle n’était pas assortie d’une préparation véritable d’un scrutin sincère qui fera qu’on aura pas besoin d’un autre ATT venant jouer à l’arbitre post électoral ? La question aujourd’hui n’est pas de savoir si le chef de l’Etat sortant s’en ira le 8 juin prochain mais bien de la manière dont il aura préparé sa sortie et surtout dans quel état il aura laissé le pays. Et pour ce faire son discours sur la question doit évoluer.

Désormais son propos est de prouver qu’il a un dispositif techniquement au point pour relever le défi de l’organisation et de la réussite des élections générales, c’est la meilleure preuve de sa profession de foi. Or que dit le terrain ? Que dit la Délégation Générale aux Elections ?

Elle a fait visiter son site par la classe politique, hier, à la Bibliothèque nationale. Son chef Siaka Diakité continue de reconnaitre les insuffisances du fichier électoral. Un Race à améliorer. Il a fait remarquer qu’un fichier n’est bon que s’il est consensuel et pour y parvenir fait appel à la compréhension des partis politiques par rapport à un travail très exigent dont s’acquitte le personnel de la Dge, avec un esprit de sacrifice.

Il a fait remarquer les heures supplémentaires effectuées par les agents de la Dge avec un faible salaire. Cela semble avoir mis du baume au cœur du doyen des représentants de partis politiques, Tamba Kéita, vice-président du Rds, car, il a apprécié que le travail du fichier soit fait en collaboration avec les partis politiques considérés comme interlocuteurs valables. Ce n’est pas la première fois, a-t-il dit, que la Dge les associe à une visite guidée.

Il a toutefois noté les insuffisances, qu’il a jugées, somme toutes, humaines. A la suite de la visite, la plupart des représentants de partis politiques interrogés étaient convaincus que la Dge pourra respecter les délais malgré les insuffisances mentionnées. C’est justement là qu’on s’étonne aujourd’hui du profil bas d’une classe politique dont une bonne partie avait habitué à des exigences techniques, somme toute , nécessaires à la fiabilité et à l’acceptation d’un document « mère » qui à lui seul peut conduire à la ruine de tout le système.

En plus d’un fichier électoral non biométrique, l’idée a été abandonnée depuis longtemps, il est fait maintenant état des difficultés rencontrées à propos de la gestion des lieux de vote qui peuvent entraîner une faible mobilisation des électeurs, des difficultés dans l’affectation des électeurs des fractions nomades aux bureaux de vote (B.V.), des problèmes d’affectation des électeurs de l’étranger aux B.V. et de l’exploitation difficile de certains documents (photocopie, tableaux dupliqués).

Le Dge a ensuite fait mention de préoccupations relatives à la radiation totale des titulaires de cartes d’électeurs non retirées, de l’intérieur, à la radiation des titulaires de cartes d’électeurs non retirées de l’extérieur, non prises en compte par la loi. C’est compte tenu de toutes ces difficultés énumérées par Siaka Sangaré qu’il semble surprenant que la classe politique se soit prononcée, dans la même veine que la Dge, sur l’effectivité du respect du calendrier électoral.

Le programme de la visite du jour comprenait outre la présentation de la Dge, l’état d’avancement des opérations d’élaboration du fichier électoral consensuel et la visite guidée du site internet. Concernant la présentation de la Dge, un exposé en vidéo a été fait par Siaka Sangaré sur les missions, l’organisation et l’environnement relationnel, les opérations de mise à jour du fichier électoral, le chronogramme d’élaboration du fichier électoral consensuel, le dispositif technique, matériel et humain et le point d’exécution des travaux à la date du mardi 28 février 2012.

L’exposé a aussi signalé les difficultés et préoccupations. A propos du point d’exécution des travaux, le général Siaka Sangaré a indiqué que la saisie des inscriptions est terminée, les radiations et les corrections sont en cours et d’autres opérations sont en attente. Concernant les dates butoir de remise des cartes d’électeur et des autres documents au Ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales il a été retenu le 25 mars 2012 pour l’élection présidentielle et le référendum et le 15 juillet 2012 pour les élections législatives.

En fait, le chronogramme fait ressortir, entre autres que les opérations techniques du fichier électoral se dérouleront de janvier à mars 2012, la réception des cartes d’électeur de janvier à février 2012, l’impression des documents électoraux, de Février à mars 2012, la publication du fichier électoral sur le net de mars à avril 2012, la remise des documents électoraux au Matcl, de février au 25 mars 2012 et la distribution des cartes d’électeurs, de mars à avril 2012.

Baba Dembélé

Le Républicain du 29 Février 2012