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C’est une lapalissade de dire que le fichier électoral malien comporte des insuffisances. Et ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le recensement administratif à vocation d’état civil (Ravec) a été initié cette année par le département en charge de l’organisation matérielle des élections. Convaincue qu’il n’est jamais trop tard pour mieux faire, et dans le souci d’améliorer la qualité du fichier électoral pour des scrutins plus transparents et apaisés, la DGE, sous la houlette du colonel Siaka Sangaré, a mené une étude en septembre 2008 dans ce sens. La démarche se justifie d’autant plus qu’il n’y a qu’un pas qui nous sépare des élections communales dont les enjeux politiques s’interfèrent ou se juxtaposent avec ceux des élections générales de 2012.

L’étude, une fois bouclée, a été soumise au président de la République, au Premier ministre, au ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales pour approbation. Entre le dépôt du document et le quitus des autorités, il y a un temps qui s’est écoulé. Ce qui a donné lieu ces derniers temps à de nombreuses supputations. Il n’en est rien en réalité. Le débat télévisé sur les élections auquel était notamment convié le Délégué général aux élections a permis non seulement aux uns et aux autres d’être édifiés mais également d’avoir le cœur net.

L’étude relative à l’amélioration de la qualité du fichier électoral a eu le quitus des plus hautes autorités. L’on retiendra essentiellement qu’elle consiste à radier des listes électorales de 2008 des électeurs titulaires des cartes d’électeurs non retirées en 2007. Le constat qui s’impose c’est qu’ils sont, pour la plupart, absents de leur commune, ambassade ou consulat, inscrits plusieurs fois. En tous les cas indûment inscrits.

Aucune inquiétude

A cette simple solution qui avait été diversement interprétée, ne s’oppose aucune disposition de la loi électorale. Le débat a été l’occasion pour le délégué général aux élections, de faire le point des avantages que présente l’étude. Il s’agit de la réduction du nombre d’électeurs qui entraînera une réduction du nombre de cartes d’électeurs à confectionner, du nombre de bulletins à imprimer et du nombre de bureaux de vote à créer, la suppression ou tout au moins la diminution du nombre de cartes non distribuées, qui constituent une source de fraudes. Autres avantages : la réduction conséquente du coût des élections communales de 2009, la confiance renforcée des candidats et de la classe politique au fichier électoral et l’organisation des élections communales dans un climat politique apaisé, le relèvement du taux de participation aux élections.

La DGE a partagé le contenu de son raport avce la Céni, la Société civile et les partis politiques qui ont tous apprécié la qualité du travail. Ils se sont tous engagé en son temps à soutenir sa mise en œuvre.

Pour la mise en œuvre de l’étude, le ministère en charge de l’Administration territoriale a instruit au gouverneur du district, aux préfets et sous préfets de procéder à un inventaire exhaustif des cartes d’électeurs non distribuées au cours du processus électoral de 2007, de mener une intense campagne de sensibilisation invitant les destinataires à se présenter devant la Commission. Un mois après la campagne d’information, les détenteurs qui ne se seront pas présentés, seront inscrits sur les tableaux de radiation.

Comme quoi, il ne sert à rien d’avoir plus d’un million de cartes d’électeurs non enlevées gonflant le nombre d’électeurs et se retrouver avec un taux de participation qui frôle le ridicule lors des élections.

Mohamed Daou

06 mars 2009