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La vie politique de notre grand pays, 1.241.323.000 Km2, est actuellement animée par l’ex famille présidentielle Moussa Traoré. Lorsqu’on analyse les récentes sorties et les déclarations du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, on constate que l’horizon n’augure rien de bon. C’est une confiscation du pouvoir qui serait savamment mise en marche. Comment comprendre le retour en force des cadres ou membres de l’ex-Bureau exécutif central de l’UDPM dans les sphères de l’Etat ?

Pourtant un éminent analyste de Jeune Afrique avait prédit le retour sur la scène politique du général Moussa Traoré. Même s’il ne revient pas, c’est son beau fils Cheick Modibo Diarra, nommé Premier ministre avec pleins pouvoirs. Moussa Traoré aura donc son mot à dire sur la gestion politique et économique durant toute la Transition.

De notre coté nous avions relevé au sein de l’armée, une armée composée de fils des ex-dignitaires de l’UDPM et des «démocrates sincères et convaincus». Le coup de force du 22 mars 2012 serait l’œuvre d’un des deux groupes d’enfants officiers de l’armée dont la tranche d’âge se situe entre 35 à 40 ans. Ce groupe de jeunes officiers a mis fin à la gestion catastrophique de la rébellion du Nord du Mali par les démocrates.

Certains nostalgiques de l’ex-parti unique regrettent même la chute du général Moussa Traoré. D’autres observateurs voient un retour en force des enfants des anciens dignitaires au pouvoir à travers le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE).

Il faut reconnaitre que l’astrophysicien a déçu plus d’un aujourd’hui avec sa méthode de gestion en faisant appel à sa famille et alliés alors que le Mali est une grande Nation, un grand peuple. Qui a nommé Cheick Modibo Diarra Premier ministre avec pleins pouvoirs ? La réponse à ce questionnement nous permet de mieux connaitre les réelles motivations de ce Premier ministre. Mais d’ici là, il reste sans appui politique dans le landerneau malien pour avoir roulé toute la classe politique dans la farine.

Un gouvernement d’union pourquoi ?

La classe politique malienne doit dire non, compte tenu de la gravité de l’heure. Le problème du Mali se situe au niveau de deux personnes : Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra.

Former un gouvernement d’union avant le 31 juillet signifierait garder le Premier ministre «pleins pouvoirs» et son Président par intérim. Or le peuple malien ne serait pas prêt à avaler cette couleuvre. Lorsque la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) dit ne plus reconnaitre le gouvernement CMD c’est une forfaiture.

Pour sauver la Transition, il y a nécessité de tenir une convention nationale pour choisir un président de la Transition avec un nouveau Premier ministre qui sera choisi à l’unanimité par les Maliens.
Cheick Modibo Diarra, sentant sa mort politique, (31 juillet date fatidique imposée par la CEDEAO pour la formation d’un gouvernement d’union), propose une feuille de route qui n’indique aucune route pour atteindre le Nord du Mali.

Safounè KOUMBA

L’Inter de Bamako du 23 Juillet 2012