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4 Août 2007-4 Août 2008 ! Voilà un an, jour pour jour, que décédait un géant du monde politique malien : le fondateur et président du Rassemblement Pour la Démocratie et le Progrès (RDP)Almamy Sylla. A l’occasion du premier anniversaire de sa mort, ses anciens collaborateurs ont tenu à rendre un vibrant hommage à celui qui les a fascinés tout au long de leur carrière politique. Ainsi, sous la houlette de Bissy Sangaré (actuellement au PSP) ont tenu à organiser des journées de réflexions et de prières pour la mémoire de l’illuster disparu.

Pour nous, Almamy Sylla est l’homme de tous les combats avec une tête bien pleine et bien faite. En plus d’une vie professionnelle très riche, M. Sylla nous a politiquement fascinés et demeure une référence politique au Mali”, a souligné Bissy Sangaré.


Qui est Almamy Sylla ?

Almamy Sylla est le premier Africain nommé à la tête de l’Ecole fédérale d’économie rurale de l’Afrique Occidentale Française à Sikasso, de 1953 à 1959. C’est de là que sortiront de nombreux cadres africains tels que des formateurs, encadreurs ruraux, agents de coopérative et de gestion de crédit agricoles…

Almamy Sylla cumulera ces fonctions avec celles de Sous-directeur et ensuite, Directeur Général de la Société Mutuelle de Développement Rural basée également à Sikasso. Des résultats positifs ont été obtenus grâce à son engagement et sa volonté de participer à l’édification du pays.

Ainsi, le développement de la riziculture et la production de légumes était porté à son crédit, dans la Capitale du Kénédougou. Face à cette performance hors du commun, M. Sylla est du coup nommé Conseiller économique du Président Modibo Keïta, de 1960 à 1963. Une fonction qu’il va également cumuler avec celle de Directeur Général des relations économiques et de la coopération internationale, au ministère des Affaires Etrangères.

A ce tire, il dirigera de nombreuses délégations maliennes à l’extérieur et participera à la négociation et la signature des accords conclus pendant les premières années de notre indépendance.

Aussi, sa fulgurante ascension le mènera vers une carrière diplomatique qu’il exercera de 1963 à 1967. Il sera ainsi sollicité par les Nations Unies. L’économiste devenu diplomate avec l’accord de l’Etat malien est plus tard affecté à Addis-Abeba, en Ethiopie. Ensuite, il est appelé à New-York où il assumera de nombreuses fonctions.


Un riche parcours politique

Après une aventure professionnelle bien remplie, Almamy Sylla rentre au bercail. A la faveur du multipartisme instauré grâce à la Révolution de Mars 1991, il décide d’entamer une carrière politique en créant le du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP) dont il prend la direction. C’est alors qu’il devient candidat à l’élection présidentielle en 1992. Mais malgré une intense campagne menée à l’américaine, il sera classé 4è, ce qui l’élimine dès le premier tour.

En 1997, l’homme sera remarqué grâce à la crise née de la mauvaise gestion des élections législatives de la même année et qui entraîna le retrait des candidats des partis de l’Opposition à la présidentielle et la création du Collectif des Partis Politiques de l’Opposition (COPPO) que présidera le doyen Almamy Sylla.

On se rappelle que sous le gouvernement du Premier ministre de l’époque, Ibrahim Boubacar Keïta, il avait été arrêté en même temps que ses compagnons du COPPO : Me Mountaga Tall du CNID, le Dr. Choguel Kokalla Maïga du MPR, feu Mamadou Lamine Traoré du MIRIA… En 2002, il se lance de nouveau dans la course à la présidentielle, mais sans pouvoir égaler sa performance de 1992.

Après la disparition du COPPO et à la faveur de l’élection présidentielle, Almamy Sylla et son parti regagnent un regroupement politique créé et présidé… par IBK : Espoir 2002 . On se rappelle qu’au 2è tour du scrutin présidentiel, ce regroupement avait soutenu la candidature d’ATT, face au candidat Soumaïla Cissé.

Une retraite volontaire de la vie politique

En décidant subitement de se retirer volontairement de la vie politique, en Février 2006, “Le Doyen” -comme on se plaisait à l’appeler- avait surpris plus d’un . Il est vrai aussi qu’il était frappé par l’âge et l’usure du temps. M. Sylla passe alors la présidence de son parti à une nouvelle génération de cadres qu’il estime plus fringante et dynamique. C’est ainsi qu’on assista à l’arrivée de Ibrahim Diakité dit “Bénogo ”.

Les actes posés par le Doyen, dans la vie active de la jeune démocratie n’étaient cachés pour personne. A l’opinion nationale et internationale, Il avait prouvé sa sagesse et sa responsabilité, ses qualités de rassembleur et de vrai patriote, de par son leadership. Selon le constat de bien des observateurs de la scène politique, depuis le retrait politique du “grand baobab” (Almamy Sylla), son parti est complètement tombé en désuétude. Et pour cause : ses héritiers politiques ont manqué de pugnacité et de personnalité pour maintenir le RDP au firmament politique malien.


Sadou BOCOUM

04 Aout 2008