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De nos jours, la crise financière qui frappe les pays développés, notamment les USA et les puissances occidentales européennes n’est inconnue ni ignorée de personne. Même si, selon les spécialistes, l’Afrique n’en sera pas affectée (du moins, pas maintenant, disent-ils), force est de reconnaître qu’au Mali, cette fin d’année 2008 constitue un véritable casse-tête, surtout pour les chefs de famille.

Tout le monde est unanime à convenir que la vie est devenue aujourd’hui très dure, du fait de la hausse vertigineuse des prix des différents articles, produits, denrées alimentaires… Sans compter le téléphone, l’électricité, les loyers… C’est surtout chez les commerçants que le phénomène de la cherté devient récurrent. D’ailleurs, même les célibataires les plus endurcis en sont affectés, à plus forte raison les chefs de famille qui, aujourd’hui, ne savent plus à quel saint se vouer, pour faire face aux multitudes dépenses.

L’Aïd El Kébir, communément appelle “fête du mouton”, approche à grands pas. Et comme on le sait, ses préparatifs nécessitent de colossales dépenses. Surtout quand on sait que la hausse fulgurante (depuis quelques années) du prix du mouton crée énormément de soucis chez ceux qui tiennent à s’en procurer. Pour avoir un “bon” mouton, il faudrait dépenser 75 000, voire 100 000 FCFA. Et le plus petit mouton, lui, coûte au moins 50 000 FCFA. Pour celui qui connaît le faible revenu de la majorité des Maliens, cela ne va pas sans engendrer des effets néfastes pour certaines familles.

Mais pour éviter les pleurs des enfants et les sournoises railleries des voisins, certains chefs de famille sont “contraints“ de passer par toutes sortes de manoeuvres et autres acrobaties, rien que pour se procurer le fameux “sésame” : la clé de leurs problèmes. Aussi n’est-il pas rare d’assister à toutes sortes de malversations : endettement, escroquerie… Tout cela, pour être “respecté“ dans le quartiers. Et après la fête, ce sont des tensions et des conflits qui surgissent au sein des familles.

Autre casse-tête : cette “fête du mouton” coïncide avec la fin d’un mois et le début d’un autre. Alors, les frais scolaires et de loyer seront à régler. Concernant les loyers, il n’est pas rare de voir leurs propriétaires se pointer dès la fin du mois. Car eux (du moins, certains d’entre eux) comptent sur ce loyer pour payer leurs moutons. Pour éviter d’être délogés en plein midi (ce qu’on a coutume de voir à Bamako) les chefs de famille sont obligés de s’exécuter.

Avec la prolifération des écoles privées, bons nombre de parents ont décidé d’inscrire leurs enfants. Là aussi, il faut payer les frais scolaires avant la fête, sinon, les élèves ne vont pas composer. D’ailleurs, c’est ce moment qu’attendent certains promoteurs d’écoles pour organiser les compositions : ce qui passe par le paiement, une condition requise.

Or certains parents ont deux, trois, trois, voire cinq enfants dans une seule école. Ces parents sont ainsi confrontés à un véritable souci, quand on sait que les frais scolaires des enfants varient de 5000 à 7500 FCFA par enfant. En plus de ces problèmes, il s’agira également d’habiller la famille et surtout, les enfants, sans oublier leurs autres accessoires : chaussures, coiffures et autres parures…

En plus de la famille basée, pour la plupart, à Bamako, il faudrait également songer aux parents et proches restés au village, notamment pour le prix du mouton et quelque somme d’argent. Sans oublier les besoins du chef de famille lui-même. Aussi se demande-t-on comment les chefs de famille parviennent à se défaire de cette situation… C’est dire que cette fin d’année 2008 risque d’être “implosive“ pour beaucoup de familles ; et certaines d’entre elles risquent tout simplement… d’exploser.

Le constat généralement reconnu est que l’argent se fait de plus en plus rare, même si certains pensent le contraire. Mais que faire, face aux devoirs que tout bon homme responsable doit accomplir, même si les préceptes de l’Islam sont et plus souvent mal interprétés.

En dehors de ces obligations du chef de famille, d’autres dépenses pointent déjà à l’horizon, qui l’attendent : les fêtes de Noël et du 31 Décembre. Alors là, que l’on soit chrétien, musulman, animiste, fétichiste, libre penseur ou autre, tout le monde les fête. Et pour cause : c’est la célébration de la fin d’une année et de l’arrivée d’une nouvelle.


Sadou BOCOUM

27 Novembre 2008