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C’est au quartier Sans-fil que la ministre de l’Elevage, à la tête d’une délégation composée des membres des services techniques de son département,, a entamé sa visite. Elle a été reçue par le Syndicat des Eleveurs et Bouchers dirigée par Moussa Traoré. La visite guidée des différents parcs a permis à la visiteuse de constater de visu que le marché, à ce stade est déjà bien fourni. Mais qu’à cela ne tienne, rassure le syndicat : beaucoup d’autres arrivages sont attendus. Le prix, selon Moussa Traoré, est très abordable. Il oscille entre 30.000 à 200.000 F CFA en nous montrant du doigt un bélier valant son pesant d’or, une belle bête ! C’est selon les bourses et les préoccupations, dit-il.

Lors de la séance de travail que ministre a eu avec les éleveurs, ces derniers n’ont pas manqué de dire toute leur satisfaction : « Ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit le Ministre de l’élevage » indique le Secrétaire Général du Syndicat. Ils ont en outre tenu à signaler les difficultés auxquelles ils sont confrontés (lire encadré).

Direction Niamana, à la sortie du District, sur la route de Ségou. Là aussi, les éleveurs ont réservé un accueil des plus festifs à la visiteuse. Même note d’espoir: le marché, déjà fourni, le sera davantage dans les jours qui suivent, rassurent-ils. Dans ses doléances, le Président de l’Association a signalé que le Garbal de Niamana manquait cruellement de clôture et d’eau potable. Conséquences : « nous avions été victimes du vol de plus de 200 têtes cette année (….) Et un seul bidon d’eau nous revient à 50 F CFA par personne. Imaginez ce montant cumulé par jour pour plus de 300 usagers » déplore-t-il.

Pour sa part, la Ministre de l’élevage a indiqué que l’assistance du gouvernement à travers son département ne fera pas défaut. Elle a souhaité qu’en cette veille de Tabaski, que tous les acteurs, vendeurs et acheteurs, trouvent leur compte dans le commerce de bétail. Elle promit de s’investir pour trouver une solution aux doléances exprimées.

Cette visite de la première responsable du département a eu un impact très positif sur le marché à bétail puisqu’elle aura permis de rassurer les acteurs de la filière.
B.S. Diarra

«Après le riz, pourquoi pas l’Initiative Mouton » ?
Dixit Moussa Traoré, SG du Syndicat des Eleveurs et Bouchers

Le secrétaire Général du Syndicat des Eleveurs et Bouchers, M Moussa Traoré, a bien voulu répondre à quelques unes de nos préoccupations en marge de la visite de la ministre de l’Elevage au Garbal de Sans-fil.

Aurore : Vous confirmez : le marché sera suffisamment fourni et à la portée de toutes les bourses ?

Moussa Traoré : Inch’Allah ! Déjà les camions n’arrêtent pas de venir, vous pouvez le constater vous-même.

Aurore : Les prix vous semblent-ils raisonnables ? De 30.000 à 200.000 F CFA ! N’est-ce pas un peu excessif ?

M.T: C’est le marché ! Il s’agit d’une marge, seulement d’une marge. Dans les faits, autant il existe des bêtes de 200.000 voire, 300.000, autant il en existe pour 30.000 F CFA… Une chose est sûre : avec 50.000 F CFA, vous vous en tirez à bon compte.

Aurore : Que vous inspire la visite de Madame la Ministre ?

M.T:: Nous en sommes très ravis. Nous souhaitons une plus grande présence de nos autorités à nos côtés. Ici, c’est la base. La réalité se trouve là. Il ne faut pas attendre seulement les veilles de fête de moutons pour effectuer ce genre de visite.

Aurore : Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?

M.T:M.T: Vous le voyez vous-mêmes : nous manquons d’eau et d’électricité. Nous souhaitons vivement que le gouvernement nous aide à accéder à ces produits.

Aurore : Aide toi, le ciel t’aidera, dit-on. Seriez-vous prêts à vous investir en premier ?

M.T: : Nous n’attendons que çà. Nous sommes prêts !

Aurore : Aviez-vous d’autres préoccupations ?

M.T: : Oui, bien sûr ! Nous sommes victimes de tracasseries lors du transport du bétail. Aussi, l’aliment bétail se fait de plus en plus rare. Tout cela contribue à augmenter les prix des animaux et du lait sur le marché… L’accès au crédit bancaire constitue, également pour nous une source de préoccupations. Les banques ne considèrent pas comme garantie suffisante des têtes de bétail. Sans crédit, nous ne pouvons pas développer nos activités. Nous demandons vivement aux autorités de nous appuyer auprès des banques pour accéder aux crédits. …Nous rappelons qu’après l’agriculture, l’Elevage est la principale activité du pays. Alors, après le riz, pourquoi pas l’Initiative Mouton et Bétail en général quand on sait que la viande est la denrée la plus consommée au Mali après le riz ?

Propos recueillis B.S. D

Aurore du 1er décembre 2008