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Le Mali, à l’instar des autres pays du monde, a célébré le vendredi dernier, la Journée Internationale des travailleurs. Ce cent vingt troisième anniversaire du genre tire ses origines de la lutte ouvrière des années 1886. Une occasion pour les différentes sections syndicales de la centrale syndicale à laquelle elles sont affiliées d’exprimer leur point de vue à travers des défilés. Au Mali, les deux centrales syndicales (UNTM, CSTM) l’ont célébré sous des angles différents.

Ainsi, la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM), avec à sa tête son secrétaire général, Amadou Amion Guindo l’a célébré sur l’avenue “Promenade des Engevins” en Commune II du District de Bamako. Vétus des pagnes portant l’effigie de leur centrale, les militants des 48 sections syndicales et associations des travailleurs, venues du service public, para-public et privé ont défilé.

C’était en présence d’une dizaine de membres du gouvernement, des cadres de l’administration et des notables de la ville, de plusieurs autres membres de la direction de la CSTM.

Dans son allocution, le secrétaire général de la CSTM a situé l’évènement dans le contexte historique avant de se référer aux difficultés de l’heure. Il s’est réjoui de la réussite de l’organisation du 90ème anniversaire de l’OIT dont le Mali a eu le privilège de l’organiser dans la sous-région.

Pour ce qui est de la commémoration de cette année, l’a placée sous l’angle de “la responsabilité sociale des entreprises et le travail décent face au renouveau de l’action publique de l’Etat”, cela au régard des questions relatives à la bonne gouvernance, au non-respect des engagements des pouvoirs publics, à la pauvreté, à la crise de l’emploi, de la cherté de la vie et de l’insécurité.

Décortiquant le thème, l’orateur a précisé que la responsabilité sociale des entreprises est “un concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec les parties prenantes”.

L’orateur se fonde sur trois considérations majeures à savoir l’engagement de l’OIT, le point de vue de l’Organisation Internanationale des Employeurs (OIE) et l’engagement affirmé dans la déclaration de Bamako issue du Forum sous-régional de Réflexion des Organisations d’Employeurs Francophones d’Afrique.

Quant au volet travail décent, il se confère au travail productif allant de pair avec la protection des droits permettant d’obtenir un revenu suffisant et d’une protection sociale appropriée.

Enfin, le renouveau de l’action publique, selon l’orateur, s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’Etat dans tous ses aspects socio-économiques (institutionnel, relationnel avec les usagers, restructuration socio-économique) face aux réalités présentes. Pour trancher équitablement cette situation en faveur des deux parties (employés et employeurs), le secrétaire général prône le dialogue social qui est le cordon incontournable dans la gestion des affaires sociales.

Poursuivant ses propos, Amadoun Amion Guindo a évoqué certains maux du peuple. Il s’agit, entre autres, de la pauvreté, de la cherté, du chômage, de la crise scolaire, de la migration et de la privatisation. Ces faits contribuent à fragiliser les couches laborieuses.

Le décret ministériel récent par rapport à l’intégration des enseignants contractuels dans la Fonction Publique de l’Etat et des Collectivités continue de faire des tollés. Il a réitéré son soutien au collectif des syndicats enseignants qui s’apprêtent à manifester.

Au terme de son intervention, l’intervenant a précisé sa position par rapport aux doléances de la CSTM. “Nous affirmons solennellement ici que la CSTIM reconduit tout son cahier de doléances”.

En réponse aux critiques et suggestions du secrétaire général de la CSTM, le ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, M. Ibrahima N’Diaye a rappelé au public les efforts consentis par le gouvernement dans la gestion des crises. Selon lui, le phénomène de cherté, du chômage, de la migration est mondiale et le Mali ne déroge pas à la règle.

Selon ce membre du gouvernement, pour juguler la crise qui s’enlise, plusieurs actions sont en cours dans presque tous les secteurs clés du pays.

Ousmane BERTHE (Stagiaire)

04 Mai 2009