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Le Mali a célébré hier la fête internationale du travail. Pour sa part, la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) a, cette année, conjugué les festivités marquants son 10e anniversaire et celles célébrant le 1er mai d’où toute la particularité de l’événement.
Les syndicats affiliés à la CSTM ont défilé sur la promenade des Angevins en Commune II. C’était sous le regard admiratif de plusieurs membres du gouvernement, des autorités municipales de la Commune II et d’une foule nombreuse.

Des syndicats de divers secteurs notamment la santé, l’éducation, le commerce, l’industrie du bâtiment, le transport… ont pris part au défilé. Aussi, les interventions musicales de Djéli Daouda Dembélé et son épouse ont donné une autre dimension à la fête.
S’adressant à ses invités aux termes d’un défilé riche en sons et en couleurs, le secrétaire général de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo, a évoqué les années dures de sa Confédération née, selon lui, dans la douleur le 28 avril 1998.

Victime de « discrimination », M. Guindo dira que la CSTM continue de subir des pressions. C’est pourquoi, précisera-t-il, « nous plaçons cette fête sous l’angle d’une décennie d’engagement syndical, de lutte contre les violation des droits syndicaux et l’exclusion à la croisée du combat contre la vie chère au Mali ».
Ainsi, par rapport à la vie chère, la crise scolaire et le conflit au nord, le secrétaire général de la CSTM a invité les autorités « à l’action concrète » qui est, selon lui, la seule alternative susceptible de ramener la confiance ébranlée.

En réponse, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle Ibrahima Ndiaye a félicité la CSTM pour la qualité de l’organisation de la fête du 1er mai. Pour faire face aux difficultés de l’heure, il a appelé à la conjugaison des efforts entre gouvernement, société civile. Pour lui, si le Mali n’a pas connu d’émeutes comme dans d’autres pays, c’est parce que les syndicalistes sont conscients de la persistance des difficultés et surtout des efforts consentis par le gouvernement.

C’est donc sur une note d’espoir d’un meilleur devenir des travailleuses et travailleurs du Mali que les activités marquant le 10e anniversaire de la CSTM et la fête internationale du travail ont pris fin.

Regret éternel !

Il était une fois un archevêque malien qui, tout en étant ferme, évoquait poliment les problèmes du pays et proposait des solutions pérennes. Mgr Luc Sangaré, puisqu’il s’agit de lui, et tous ses autres émules des autres religions qui avaient une voix prépondérante dans ce pays, aujourd’hui décédés, doivent se retourner dans leurs tombes au vu de la situation actuelle de l’école et dans la mesure où leurs héritages respectifs n’ont plus de véritables légataires.

Alors que rien ne le prévoyait, des enseignants, apparemment de la Coses, ont décidé de faire sortir mercredi des élèves des lycées privés au motif qu’ils ne peuvent avoir deux évaluations pendant que leurs camarades des lycées publics n’en n’ont pas subi une seule depuis le début de la rentrée scolaire 2007-2008. On n’est plus loin du chaos, dont l’Etat ne peut plus être tenu pour seul responsable. Et, aujourd’hui, la sentence du philosophe français Jean-Paul Sartre « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » est plus que jamais foulée aux pieds.

Ce faisant, la Coses outrepasse ses droits et s’aliène la sympathie de bon nombre de citoyens, qui ne doutent pas de la légitimité de son combat, mais qui sont excédés par la méthode maximaliste qu’elle utilise. La Coses, en agissant ainsi, perd le contrôle de ses nerfs dans la guerre d’usure qui l’oppose à l’Etat, qui peut dorénavant mettre en avant son extrémisme comme cause de blocage des négociations.

Mais tout ceci va certainement à l’encontre des intérêts généraux, car quel avenir du Mali veut-on réellement sans « une école apaisée et performante » dans un contexte de mondialisation et de compétitions de plus en plus âpres ? Il n’est point besoin d’être un devin pour prédire un futur sombre. Est-ce cela l’objectif des enseignants du secondaire et de l’Etat ? Non !

Cependant, peut-il en être autrement dans un pays où les ego sont subitement devenus hypertrophiés, où c’est le « chacun pour soi, Dieu pour tous », où l’enfant ne compte plus aux yeux de la famille et vice-versa, où la société civile et les associations de parents d’élèves considèrent la crise scolaire comme un problème mineur, dont la résolution ne nécessite pas leurs interventions, ou qui pensent que ça ne regarde que l’Etat, s’ils n’en font pas un gagne-pain ? Que dire des partis politiques ? Ah, quel pays !

Voilà pourquoi, aujourd’hui plus qu’hier, nous regrettons la disparition de ces bergers qui ramenaient chaque fois que de besoin le troupeau à la raison. Il est temps, grand temps que chacun fasse son examen de conscience et joue surtout sa bonne partition dans la résolution de la crise. Sinon demain, il sera trop tard.


Amadou Waïgalo

02 Mai 2008