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De passage à Sikasso, nous avons presque parachuté au gouvernorat sans aviser. Mais le chef des lieux Bocary Samassekou, un ami de la presse nous a laissé les portes de son bureau grandement ouvertes.

Ami de la presse parce que le gouverneur n’a jamais manqué de critiques acerbes à l’endroit des journalistes qu’il veut plus professionnels, plus véridiques et surtout plus impartiaux. Qui aime bien châtie bien, dit l’adage.

Pendant un entretien de près d’une demi-heure, notre interlocuteur a été évasif quant aux questions relatives à l’organisation de la fête du 22 Septembre à Sikasso.

Discrétion ou rétention de l’information ? Dans la culture du Senoufo, une ethnie nombreuse dans la cité du Kénédougou, la discrétion est un caractère capital.

Le gouverneur ne s’est pas privé de nous le rappeler.
Mais, a-t-il tenu de souligner, la fête sera belle. Il y aura non seulement le défilé militaire, mais aussi le défilé civil avec un accent sur la résistance du Kénédougou face à la pénétration coloniale.

Le défilé aura lieu sur un espace aménagé à cet effet sur la route de Bobo Dioulasso. Le gouverneur, Bocary Samassekou a déjà effectué une tournée dans les 7 cercles de la région de Sikasso où il a rencontré tous les maires dans le cadre des préparatifs de la fête commémorative du 22 Septembre 1960, date d’indépendance du Mali.

Toutes les troupes devant prendre par à la fête ont été recensées.
Des troupes folkloriques viendront également des pays voisins comme le Burkina Faso et la cote d’ivoire.

La fête d’indépendance sera mise à profit pour rénover les sites historiques comme le Mamelon, la tombe de Tieba, la fosse Commune, la grotte de missirikoro. Et le tata ? Le gouverneur est évasif sur la question.

Pour l’organisation de la fête, sept Commissions ont été mises en place pour l’accueil et hébergement, la mobilisation, l’assainissement et embellissement, la sécurité, le transport, la Santé et les Finances.

Notre interlocuteur est resté muet sur le montant du budget relatif à cet événement. Dépend-il de Bamako ? Il compte tout de même sur Bamako en ce qui concerne son budget de restauration et d’hébergement.

Samassekou, un partisan de la délocalisation

Le gouverneur de Sikasso est un fervent défenseur de la délocalisation des fêtes nationales comme celles de l’indépendance et de la biennale artistique et culturelle.

Il est logique selon lui que les fêtes soient délocalisées comme c’est le cas cette année de la biennale à Ségou et de la fête d’indépendance à Sikasso.

Comme ça été le cas de la finale de la coupe du Mali à Mopti, en 2003. Cette logique répond selon lui au souci de rapprocher le spectacle du citoyen.

Alors qu’à Bamako, une biennale peut passer inaperçue, l’engagement est plus grand dans les régions. Pour ce qui concerne la fête d’indépendance, «il faut que le citoyen soit fier de son armée. Voir le Président de la République à Sikasso, voir l’armée défiler c’est une fierté pour les populations de Sikasso», a souligné, Bocary Samassekou.

Boukary Daou

17 août 2005