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La première, celle qui aura lieu dans quelques jours, est célébrée le premier jour du mois de Chawal, le dixième mois de l’année musulmane, donc au lendemain de la fin du mois de carême, qui est le mois de Ramadan.

La seconde, elle est célébrée le 10 du mois de Doul-Hidja, le dernier mois de l’année musulmane, après l’accomplissement du Hadj, le pèlerinage à la Mecque. Il s’agit donc de fêtes de fin d’année chez les musulmans aussi.

Jours d’Actions de Grâces

Chacune de ces deux fêtes est la célébration d’un exploit individuel remarquable au service de Dieu. Les musulmans se réunissent alors dans une atmosphère de joie et de fraternité pour exprimer leur gratitude à Dieu pour les avoir aidés à accomplir leurs obligations spirituelles.

Pour la première, il s’agit du jeûne, pour la seconde, du pèlerinage, correspondant aux 4e et 5 piliers de l’Islam. On sait que leur accomplissement demande un effort soutenu, aux plans spirituel, matériel et physique.

Pour remercier Dieu, on fait dans les deux cas, l’aumône aux pauvres : en céréales et en viande. En effet, l’aumône en céréales de la petite fête (Zakat-el-fitr), à savoir 2,5 kg par personne à charge, est obligatoire pour tout chef de famille, comme le mouton de la grande fête à condition, bien entendu, d’en avoir les moyens. La fête, accomplissement spirituel est ainsi une manifestation majeure de la solidarité islamique, à laquelle les enfants ont une part essentielle.

Jour de souvenir et de pardon

Au-delà du remerciement pour les succès récents, les musulmans remercient Dieu pour toutes les faveurs à leur égard. Le pèlerinage, c’est le souvenir des épreuves infligées à Abraham et des souffrances d’Agar et d’Ismaël.

Le jour de cette commémoration, les musulmans font des voeux pour les pauvres et les personnes affligées, prient pour le repos de l’âme des morts.

D’où cette litanie de bénédictions constituant un rituel bien connu chez nous, le sambé-sambé ou le Kébiré Waga des Soninké et des Peul.

Chaque fête est un jour de pardon. Il est demandé à tout musulman de pardonner à ses frères, notamment les voisins et lui-même demandera pardon aux autres. C’est dire que la fête est aussi un jour de paix.

En obéissant à la Loi de Dieu et en menant une vie disciplinée, le Musulman a conclu un traité de paix avec Dieu ; il est en paix avec lui-même et avec le reste de l’univers.

C’est pourquoi, la fête est un jour de victoire, victoire de l’individu qui aboutit à la joie, au triomphe.

Ce qui fait que la joie du riche, ce jour-là, ne dépasse pas celle du pauvre. N’est-ce pas le contraire les autres jours?

Ibrahima KOITA

1er novembre 2005.