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L’AVENIR POLITIQUE AU MALI: LES CHEMINS DE LA DIFFÉRENCE


L’actuel quinquennat est politiquement plus complexe que le précédent. Mais pas indéchiffrable

L’inédit ne sera certainement pas une denrée rare au cours des cinq prochaines années. En effet, la période politique entamée avec l’élection du président Touré s’annonce comme celle des scénarios ouverts et éventuellement des écarts par rapport aux schémas usités. Cela s’est déjà constaté lors de la préparation aux législatives dans laquelle ont eu cours les scénarios les plus inattendus, les initiatives les plus surprenantes et les montages les plus improbables.

Les diverses péripéties animées par les acteurs du monde partisan ont imposé une évidence : d’ici 2012 rien ne sera prédéterminé, même pas les évolutions les plus attendues. Il faudra donc rester constamment attentif aux fluctuations de rapports de force et aux inflexions d’objectifs. Cette obligation de veille permanente s’impose en premier lieu au chef de l’État lui-même. Car – et nous l’avons à profusion souligné -, un second quinquennat constitue un espace politique complexe pour un président de la République qu’il place dans la nécessité d’une affirmation constante de son leadership et de son influence ; à qui il impose un agenda à double détente conciliant tout à la fois la préparation de sa relève et l’exercice plein et entier de ses prérogatives ; chez qui il cultive simultanément la volonté d’imprimer sa marque et la sagesse d’encaisser les défections progressives.

Déjà délicate en elle-même, la gestion du présent quinquennat est rendue encore plus sensible par le choix du président Touré de demeurer fidèle à son statut d’indépendant. Le chef de l’État a reçu de l’Alliance pour la démocratie et le progrès non pas l’adoubement de sa candidature, mais un accompagnement pour le combat électoral. Cette nuance, qui est de taille, entérine la répétition du scénario de 2002, celui qui avait vu Amadou Toumani Touré gérer de manière autonome la conduite de sa candidature avant de recevoir le soutien d’une certain nombre de partis regroupés au sein du Mouvement pour la démocratie et le changement (MDC). Cinq ans plus tard, la nature de l’alliance conclue entre ATT et ses soutiens partisans n’a pas changé. Tout comme le MDC, l’ADP dispose d’une plate-forme politique structurant son soutien au candidat indépendant et balisant les relations entre ses membres. La nouveauté d’aujourd’hui réside dans le nombre, et surtout la qualité des alliés présidentiels. En 2002, le MDC était constitué d’une demie douzaine de petites et moyennes formations. Tandis que l’ADP est tractée par quatre des six plus importants partis du pays (ADEMA, URD, MPR et CNID).

RAPPROCHEMENTS ET « DESAPPARENTEMENTS »

En principe, ce qu’on désigne comme la « mouvance présidentielle » s’est donc renforcée. En réalité, cette appréciation mériterait qu’on lui apporte un sérieux bémol. Pour deux raisons au moins. La première est que le ralliement au candidat Touré notamment au niveau des grands partis que sont le PASJ et l’URD s’est faite dans la difficulté et dans une certaine polémique. Les défenseurs de l’identité partisane avaient souhaité que leur formation présente ne serait ce qu’une candidature de témoignage à la présidentielle. Ou à défaut obtienne des avantages clairement définis pour son ralliement électoral. A l’opposé, les « réalistes » avaient mis en avant l’inanité d’aller vers un échec prévisible aux présidentielles, échec aux effets collatéraux ravageurs et qui compliquerait les négociations politiques avec le chef de l’État. Cette dernière thèse s’est finalement imposée, mais sans réaliser l’unanimité dans aucun des deux partis et sans que les partisans du fait partisan n’abdiquent de leurs intentions de repartir au combat, si jamais l’occasion s’en présentait.

La seconde réserve à porter sur l’homogénéité de la mouvance présidentielle provient de l’absence chez la classe politique malienne d’une vraie culture d’alliance. L’histoire des rapports entre partis sur ces quinze dernières années pourrait se résumer en une interminable alternance de rapprochements et de « désapparentements« . Le premier à lancer l’effet pendule a été le Mouvement démocratique soudé par la lutte contre le parti unique, mais qui après la victoire en mars 1991 a très vite implosé sous la pression des challenges électoraux et des querelles de leadership. Les diverses composantes du Mouvement se sont par la suite retrouvées de manière épisodique et fragmentaire. Le seul commentaire que l’on puisse faire sur ces réconciliations, est qu’elles sont restées anecdotiques en raison de leur caractère plus qu’éphémère.
Lorsque l’instabilité prévaut si fort entre partenaires historiques liés par un passé partagé de luttes, faut-il vraiment s’étonner de la volatilité qui frappe tous les regroupements dictés par l’opportunité politique ? Des Partis signataires du pacte républicain (PSPR) à Espoir 2002, la liste est longue des coalitions à durée limitée et à solidarité conditionnelle qui n’ont tenu que le temps d’une courte collaboration électorale ou gouvernementale.

Les dernières législatives ont, à cet égard, assené une preuve supplémentaire de la très libre interprétation que la classe politique malienne fait de la discipline de regroupement. Aussi bien les candidats du FDR que ceux de l’ADP ont transgressé sans état d’âme les dispositions de leur plate-forme d’alliance respective chaque fois qu’ils avaient estimé pouvoir se faire élire en pactisant avec une personnalité du camp (supposé) adverse. Ces pratiques n’ont par ailleurs pas suscité d’émotion visible au niveau des états-majors. Les étiquettes politiques maliennes sont donc à prendre avec les plus grandes précautions. Elles sont non pas des cloisons étanches, mais de banales lignes de démarcation, dont le franchissement n’entraîne guère de désagrément. S’il fallait définir la mouvance présidentielle, il serait plus réaliste de l’appréhender comme une entité passablement changeante que de la percevoir comme un domaine d’influence.

POLITIQUEMENT SECURISEE

Le chef de l’État a donc de bonnes chances de se retrouver dans un environnement qu’il a bien connu lors de son premier mandat. Il bénéficiera non pas d’une cohorte politique soudée derrière lui et disposée à prendre des coups pour lui. Mais d’un contingent d’alliés qui lui mesureront leur soutien à l’aune de l’implication qui leur sera accordée dans la gestion des affaires publiques. Faut-il dans ce cas s’inquiéter que la cohésion du tandem président-partis soit si relative ? Nous ne le pensons pas. Tout d’abord – et l’exemple français actuel le démontre -, l’ère du président de la République – arbitre est révolue. Le chef de l’État de par l’importance même que lui confère la Constitution est condamné à l’action et à la prise de risque. De fait, c’est lui qui imprime le tempo et les priorités de l’action gouvernementale, ses alliés ayant le choix entre l’adhésion et le clash. La seconde raison pour laquelle nous ne nous inquiétons pas excessivement de l’élasticité du lien entre les partenaires politiques du camp présidentiel, c’est que nous ne croyons pas trop que cette élasticité puisse amener des affrontements ou des crises à répétition à l’intérieur de la Mouvance présidentielle. Tout simplement parce que la configuration actuelle des forces partisanes ne favorise pas le déclenchement de scénarios extrêmes.

L’Assemblée nationale qui pourrait être le détonateur d’une crise se présente dans une configuration assez compliquée pour quiconque voudrait y créer un bloc durable de contestation parlementaire et s’en servir pour instiguer une confrontation entre le législatif et l’exécutif. En principe, l’ADEMA et l’URD pourraient à elles deux former une majorité de contrepoids au président Touré. Mais elles n’ont aucune raison objective de s’enfermer dans une alliance agressive. Leur rupture est trop récente pour que toutes les plaies en soient refermées et pour que les deux partis ne soient pas dans une position d’affirmation l’un par rapport à l’autre. Les Rouges, engagés dans leur troisième exercice d’auto-reconstitution, ne peuvent ignorer la fragilité de leur rétablissement. Le parti à la Poignée de main s’attache à conforter une ascension entamée depuis les municipales de 2004 et à réduire l’écart le séparant encore de la formation originelle. En outre, les deux premiers partis du pays pensent déjà à la présidentielle 2012, vers laquelle ils se dirigent de manière très différente. L’URD dispose d’un candidat quasi « naturel » qui a cependant besoin d’asseoir son emprise sur ses troupes. Le PASJ affronte, lui, le casse-tête de se trouver un porte-étendard à la fois crédible et consensuel. Se « fabriquer » un champion constitue une vaste entreprise pour le parti qui n’a toujours pas résolu son problème de leadership.

Les deux ténors de la scène politique ont donc suffisamment à faire à l’interne pour ne pas se disperser dans des accrochages institutionnels à l’issue incertaine et dont les retombées nuiraient à leur propre unité. Le président Touré est par conséquent quasiment assuré d’une entame de mandat politiquement « sécurisée », l’opposition n’étant pas numériquement en mesure de troubler les relations Exécutif-législatif. Mais il reste au chef de l’État à examiner une question qui a son importance : celle relative à la présence à l’Assemblée nationale d’un groupe vraiment dévoué à sa vision, engagé à défendre en permanence ses prises de position et ses idées. Les Indépendants pourraient-ils jouer ce rôle de Hérault présidentiel ? Notre réponse est pour le moment réservée. Cela en raison essentiellement de la multiplicité des parcours et des profils au sein de ce groupe d’élus. Une multiplicité qui constitue un obstacle non négligeable à l’instauration d’une discipline collégiale et surtout à l’élaboration d’une ligne politique partagée. La difficulté d’être entreprenant et d’agir efficacement avait été d’ailleurs flagrante lors de la première législature. Les Indépendants s’étaient au total révélés moyennement actifs et avaient été surtout visibles dans la dernière année quand s’était construite une fronde anti-RPM et en faveur d’une refonte du Bureau de l’A.N.

UNE LIBERTE A PRESERVER

La création du parti Force citoyenne pour la démocratie (FCD) pourrait-elle contribuer à unifier les partisans parlementaires du président Touré ? Nous ne le pensons pas. L’extrême variété d’identités des Indépendants rend aléatoire la fusion de toutes ces personnalités au sein d’un ensemble avec lequel la majorité d’entre elles n’a pratiquement aucune attache historique. Le particularisme politique malien va donc persister jusqu’en 2012. Mais il ne répétera certainement pas à l’identique les séquences du précédent quinquennat. Parce qu’il a tiré leçon des insuffisances révélées par l’expérience bouclée ; qu’il intégrera les contraintes propres au second mandat ; qu’il sera dans ses prémisses dominé par la présence de l’ADP auprès du chef de l’État.

Sur le traitement qu’il fait de cette nouvelle donne, le président Touré donnera une première appréciation à travers la composition du gouvernement et le choix du Premier ministre. La structuration de la future équipe reflétera de manière explicite la balance que le chef de l’État entend établir entre la nécessité de valoriser ses alliés politiques et la volonté de préserver sa liberté d’action. Ce second point n’est pas à négliger. L’attachement d’Amadou Toumani Touré à garder son autonomie de décision n’a pas faibli tout au long de son premier quinquennat, même dans les passes les plus délicates.

Les accompagnants politiques sont certainement les plus qualifiés pour en parler, eux qui ont été désarçonnés à plusieurs reprises par le quant-à-soi présidentiel. Les alliés politiques actuels feront-ils eux aussi contre mauvaise fortune bon cœur face à celles des positions du chef de l’État qui ne leur agréeraient que modérément ? L’accommodement est prévisible dans les deux premières années, il sera problématique pour les suivantes. Les divergences risquent en effet de s’accentuer entre celui qui a l’ambition d’un parcours plein et ceux qui nourriront la hantise d’un démarrage raté ; entre la main qui tient encore le relais et celles qu’agite la fébrilité de le recevoir. Telles sont les contradictions classiques d’un second mandat. Mais qui dans le cas présent ne recevront sûrement pas une réponse classique.

KÀLIFA




PDES : LA SURMULTIPLIÉE

A travers le Programme de développement économique et social qui s’appuie sur les acquis du premier quinquennat, le président Touré ambitionne d’être l’artisan du décollage économique du pays.

Le 8 avril dernier, à l’occasion de l’ouverture de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, le candidat Amadou Toumani Touré dévoilait son projet pour les 5 ans à venir. A travers le Programme de développement économique et social (PDES 2007-2012), le futur vainqueur de l’élection présidentielle affiche son ambition d’être l’artisan du décollage économique du pays.

« Notre conviction est qu’il sera possible d’ici 2012 de permettre à tous les Maliens et Maliennes de manger à leur faim, d’avoir accès à l’eau potable, de pouvoir bénéficier de soins de santé de base dans un rayon de 5 km, de pouvoir envoyer tous leurs enfants à l’école primaire, de créer les conditions d’emploi pour la majorité des jeunes du pays et les conditions d’accès à un logement décent ». Voilà résumé l’esprit de l’ambition présidentielle pour le quinquennat qui débute.

Vaine profession de foi ? Pas du tout ! répond le chef de l’État, conscient que nos concitoyens ont vu passer bien de promesses sans lendemain.

AMBITIONS, COHERENCE, REALISME

« Au Mali, et en Afrique d’une manière générale, les diagnostics des problèmes sont souvent posés, de bonnes solutions envisagées, des résolutions fortes sont prises pour appliquer ces résolutions et puis au fil du temps… » : le reste se sous-entend.

Avec le PDES, ATT entend rompre avec l’espèce de fatalité des faits passés. « Nous traduirons réellement dans les faits, les objectifs de notre programme. Ce ne sera pas un document de plus, qui viendra s’ajouter à la longue liste des professions de foi sans lendemain, nous nous y engageons« . La garantie est donc opposée au scepticisme. Ambitions, cohérence, réalisme et précision, voilà les principales caractéristiques du programme qui pourrait devenir le plan quinquennal d’action du gouvernement.

Dans le document, le chef de l’État expose son ambition pour le pays à travers quelques idées fortes : le renouveau de l’action politique, l’amélioration de la production primaire et le renforcement de la sécurité alimentaire, la mise en place d’un environnement favorable à l’émergence d’un secteur privé dynamique, l’insertion des femmes et des jeunes dans les circuits de production, le développement des ressources humaines, les réformes de société.

7% DE CROISSANCE PAR AN

Dans ces priorités, l’accent sera mis sur des objectifs spécifiques. A savoir, la bonne gouvernance, la mécanisation de l’agriculture et le développement des cultures irriguées, le développement des infrastructures dans l’optique de réduire le coût des facteurs de production et d’améliorer la compétitivité du secteur privé, des actions vigoureuses en faveur de l’emploi des jeunes et de la promotion des femmes.

Examinons maintenant le programme secteur par secteur. D’abord au plan macro-économique. Ici, l’objectif pour les 5 ans à venir est d’atteindre un taux de croissance d’au moins 7% par an. Dans cette perspective, le PDES cible la promotion économique sur la création de richesses, la concentration des efforts et des moyens sur les domaines « où nous avons des moyens, des atouts en prenant des risques, pour investir là où nous avons la chance d’être parmi les meilleurs« . Cela se fera avec le potentiel agro-pastoral, les mines, le tourisme, avec un rôle prépondérant de l’investissement privé et un nouveau rôle de l’État efficace dans un partenariat global entre lui et le privé.

Et fort justement, le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté qui a été adopté il y a quelques mois par le gouvernement (voir articles de A.O. Diallo) poursuit l’objectif d’une croissance forte et soutenue de l’ordre de 7%. Avec comme orientation stratégique, le développement du secteur productif, la poursuite et la consolidation des réformes structurelles et le renforcement du secteur social.

Le développement de l’agriculture et la sécurité alimentaire se trouvent au cœur du dispositif. A cet effet, le PDES prévoit de permettre à toutes les exploitations agricoles d’être équipées en matériel de culture attelée et de doubler au moins les équipements de petite et grande motorisation.

Concrètement, il s’agit d’ici à l’horizon 2012, (en tenant compte du nombre croissant des exploitations, de l’extension des superficies cultivées et du besoin de renouvellement du matériel), d’injecter dans le système de production au moins 1,2 million d’équipements de traction animale, 1 000 motoculteurs, 10 000 motopompes environ, 3 000 tracteurs et 10 000 matériels de post-récolte. Objectif final : produire 10 millions de tonnes de céréales à l’horizon 2012, contre 3 millions actuellement.

PREMIER FOURNISSEUR DE L’UEMOA

Toujours dans le secteur de l’agriculture, l’exécution du programme d’utilisation généralisée d’équipements performants devrait susciter la création d’une dizaine d’unités de production de charrues et d’environ un million de petits ateliers de maintenance. En plus des unités d’assemblage actuelles, deux, voire trois autres usines de montage de motoculteurs, de motopompes, de tracteurs et de matériels post-récolte seront inaugurées d’ici 2012.

En terme d’aménagements hydro-agricoles, il est prévu sur la période 2008-2012, d’aménager 103 356 hectares dont 61 910 en maîtrise totale de l’eau pour un coût total de 212 milliards Fcfa.

Parallèlement à ce programme de grandes irrigations, le gouvernement accordera une grande attention au développement des petits aménagements hydro-agricoles dits de proximités (petits périmètres irrigués villageois, bas-fonds aménagés, plaines inondables). Déjà 895 335 ha de bas-fonds ont été répertoriés sur 5 512 sites repartis dans 483 communes.

Pour la période en question, l’objectif du PDES est d’aménager 60 000 ha à l’Office du Niger et d’atteindre dans cette zone une production d’un million de tonnes de riz paddy, soit la quasi totalité de la production nationale, en tenant bien entendu compte de l’accroissement des besoins. Si à cette production de l’Office du Niger viennent s’ajouter celles attendues à l’Office riz de Ségou, à l’Office riz de Mopti et dans la vallée du fleuve Sénégal, le Mali deviendra du coup le principal fournisseur de riz de l’espace UEMOA.

Précision importante au passage : toutes les interventions de l’État en matière de financement de l’agriculture se feront dans le cadre du Fonds national de développement de l’agriculture. Au moins 20% du budget d’État seront consacrés au développement du secteur conformément à une disposition de la Loi d’orientation agricole.

La valorisation des diverses filières agricoles a déjà fait l’objet de plusieurs actions initiées par le gouvernement durant les dernières années. Ainsi, plus d’une vingtaine de programmes et projets ont été réalisés, sont en cours ou en voie de lancement.

Un bon exemple parmi ces actions : le Projet de compétitivité et de diversification agricole (PCDA) qui bénéficie d’un crédit de 3,67 milliards Fcfa de l’IDA. La mission assignée à ce projet est d’éliminer les contraintes du développement des filières commerciales dans lesquelles notre pays dispose d’avantages comparatifs et de marchés assurés. Vaste programme !

PRIORITÉ PARMI LES PRIORITÉS

Les actions concrètes programmées dans ce but ? La diffusion de technologies susceptibles d’améliorer la production, la productivité, la transformation et la commercialisation des filières en question (23 ont été identifiées), l’accès au financement, le développement des infrastructures, l’accès aux marchés.

Restons dans le monde rural, priorité déclarée parmi les priorités, et dont l’un des piliers est l’élevage. Ici, le potentiel est tout aussi impressionnant. En 2004, le cheptel national était estimé à 7,1 millions de bovins, 18,5 millions de caprins et d’ovins, 0,6 million de chameaux, et à plus de 22 millions de volailles. Il convient de rappeler, à ce propos, que l’élevage contribue pour près de 10% à la formation du produit intérieur brut et constitue le troisième produit d’exportation après bien évidemment l’or et le coton.

Le PDES entend poursuivre et amplifier les nombreuses actions entreprises dans ce secteur au cours des 5 dernières années. Pour la période 2007-2012, l’on connaît déjà les dénominations de plusieurs projets et programmes : le Programme d’aménagements pastoraux (23,4 milliards Fcfa), le Programme d’appui au développement de l’élevage au Sahel occidental (PADESO, 8,3 milliards Fcfa), le Projet d’appui au développement de l’élevage dans la zone Kayes-Sud (13,6 milliards), le Programme de développement de l’aviculture (phase II, 12,5 milliards). Des plans de contingence et programmes à moyen terme sont prévus contre la grippe aviaire qui reste une grande menace.

LE SEUIL CRITIQUE INDISPENSABLE

Le sous-secteur de la pêche qui a longtemps été le parent pauvre des actions de développement en faveur du monde rural, trouvera son compte dans le programme. Quelques actions programmées pour les cinq ans à venir témoignent de l’attention dont fera l’objet ce secteur.

On peut citer le Programme quinquennal d’aménagements piscicoles (13 milliards), le Projet de développement de la pêche traditionnelle dans le bassin du fleuve Niger (3,5 milliards), le Programme d’appui au développement de la pêche dans le bassin du fleuve Sénégal (1,5 milliard), le projet de construction d’un marché moderne à poisson à Bamako (2,2 milliards).

La finalité de toutes ces actions et programmes dans le secteur rural est de faire du pays « dans un délai raisonnable un très grand pays céréalier et pastoral« .
Le PDES, il va de soi, maintiendra le cap sur le développement des infrastructures. Afin d’atteindre le seuil critique indispensable au décollage économique.
Dans les faits, cela se traduira par le développement interne et externe du réseau routier.

Des routes, il faut en parler justement. Le président Touré que l’on aura vu au cours de son premier mandat sur tous les chantiers de route (lancement de travaux ou inauguration), n’a cessé de souligner que « la route du développement passe par le développement des routes« .

Dès lors, inutile de dire que la construction des routes occupe une place particulière dans le projet présidentiel, comme ce fut le cas d’ailleurs au cours du mandat passé. Les investissements prévus dans ce domaine sont évalués à 631 milliards Fcfa. Ce financement de taille devrait permettre de construire 4693 km de routes. La dynamique enclenchée en la matière avec l’appui précieux et de poids de l’Union européenne, se poursuivra donc.

DE NOUVELLES FORMES D’EMPLOI

C’est un truisme que de dire qu’aucun développement n’est possible sans la disponibilité de l’énergie. Celle-ci sera également au cœur des priorités, à travers la Politique énergétique nationale. Le PDES trace un ensemble de solutions au problème d’énergie. Au nombre de celles-ci, l’on peut citer le développement de l’énergie et de l’électrification rurale, la promotion des énergies alternatives, la constitution d’un stock national de sécurité pour les hydrocarbures, l’extension du réseau électrique interconnecté, avec notamment le renforcement des sites hydroélectriques et la construction de nouveaux barrages (voir article de C. A. Dia). Il est prévu d’investir la bagatelle de 715 milliards de Fcfa dans la Politique énergétique nationale.

La période 2007-2012 sera aussi celle de la promotion des technologies de l’information et de la communication avec en ligne de mire l’augmentation de la télédensité, la généralisation du haut débit, (ADSL). Ce faisant, de nouvelles opportunités s’ouvriront aux régions et aux entreprises avec en prime de nouvelles formes d’emploi grâce à l’émergence d’une économie du savoir. Dans la réalité, ces exigences se manifesteront par un programme ambitieux et incitatif pour assurer l’accès de toutes les communes au réseau téléphonique et à l’Internet, la mise en place de véritable autoroutes de l’information par des réseaux à fibre optique reliant toutes les principales villes du pays et ces dernières aux pays voisins, la valorisation des TIC, particulièrement auprès des jeunes et dans l’enseignement pour favoriser l’accès à la société de l’information et du savoir.

Le programme volontariste de logements sociaux initié au cours du premier quinquennat se poursuivra. Le PDES va amplifier cette dynamique qui a déjà permis à des milliers de nos compatriotes d’avoir accès à un logement décent. Des milliers de nouveaux logements sociaux seront construits pendant la période 2007-2012 dans un partenariat entre l’État et les promoteurs immobiliers privés.

UNE LOI D’ORIENTATION DU SECTEUR PRIVÉ

L’option de faire du secteur privé, le moteur de l’économie est réaffirmée dans le programme. Là aussi, on ne partira pas de rien. Divers projets et programmes sont déjà initiés dans ce sens. Citons par exemple le Projet d’appui aux sources de croissance (PASC) qui vise l’amélioration du climat des affaires et le renforcement des infrastructures de base, l’amélioration du cadre légal et réglementaire et des capacités institutionnels, la réalisation de la zone du pôle de croissance économique de Bamako-Sénou dont l’aéroport sera modernisé et étendu (voir article sur le MCA), le développement des services financiers et non financiers en faveur des PME.

Distinguons aussi le Programme de croissance économique accélérée. Sa mission : améliorer la production et la commercialisation des produits agricoles pour lesquels le pays dispose d’avantages comparatifs au niveau régional. Ce projet en cours d’exécution (2003-2012) bénéficie d’un financement de l’US-AID de l’ordre de 6,8 milliards. Le Programme de restructuration et de mise à niveau des entreprises (PRMNE) est une autre initiative entreprise dans le cadre de la politique industrielle. Parallèlement, de nouvelles unités industrielles verront le jour dans le cadre du Millenium Challenge Account.

En ne considérant que ces quatre projets et programmes, ce sont environ 284 milliards Fcfa qui seront injectés dans l’économie réelle dans les 5 prochaines années, en vue de créer les conditions favorables au développement du secteur privé.

A cela s’ajouteront d’autres financements tel que le 10è Fonds européens de développement (279,8 milliards Fcfa) dont une bonne partie sera consacrée à la réalisation d’infrastructures.

La promotion du secteur privé se fera aussi à travers des actions pouvant favoriser la multiplication des PME. Dans ce domaine, un des objectifs du PDES est de multiplier au moins par deux d’ici 2012, le nombre d’entreprises viables. La réalisation de cet engagement passe par diverses initiatives d’appui au secteur privé dont l’élaboration et l’application d’une Loi d’orientation du secteur privé (LOSP) qui servira de cadre unique de référence à l’ensemble des actions d’appui au développement du secteur privé.

« RÉCONCILIER LES JEUNES AVEC LA TERRE »

Dans le document du PDES, un chapitre entier est consacré à l’insertion des jeunes et des femmes dans les secteurs productifs. Les actions initiées en faveur des premiers dans le cadre de l’APEJ se poursuivront.

Le président Touré entend également « réconcilier les jeunes avec la terre ». Déjà la décision a été prise de réserver aux jeunes au moins 10% de l’ensemble des surfaces aménagées. C’est dans le même esprit que 100 tracteurs ont été remis à l’APEJ. Mais au delà de ces initiatives, le PDES entend engager d’autres actions en profondeur dont la vulgarisation des connaissances agricoles dans l’enseignement secondaire, la création de deux à trois grands centres de formation technique et professionnelle aux métiers de l’agriculture. En plus, le PDES se propose de créer un dispositif financier spécifique à l’installation des jeunes dans les métiers agricoles.
« Mais plus que ces actions, estime Amadou Toumani Touré, c’est la perception des jeunes par rapport aux métiers de la terre qu’il faut changer. Il est impératif que les uns et les autres comprennent qu’il est plus intéressant de travailler à la campagne en gagnant sa vie que de chômer dans les centres urbains à la recherche d’un hypothétique emploi« .

Toujours en faveur des jeunes, il est prévu d’installer une structure technique spécialisée dans l’appui à la promotion des micros et petits projets initiés par les jeunes promoteurs. Cette structure aura comme missions de renforcer la capacité de l’APEJ à constituer des banques de projets, à réaliser des études de faisabilité et des plans d’affaires, à accompagner la recherche de financement et à fournir une assistance post-investissement.

Comme autre stratégie pour l’emploi des jeunes, le PDES préconise la relance déjà amorcée de l’emploi public. Ici, l’objectif est de parvenir à créer 50 000 emplois publics d’ici à 2012. Quant à l’insertion des femmes dans le circuit de production, elle se fera à travers un dispositif spécifique de micro-projets en leur faveur.

LE PARADOXE D’UN SYSTÈME. Le PDES s’attellera ainsi à amener la moitié de la centaine de systèmes financiers décentralisés du pays à se spécialiser dans l’insertion des femmes dans les circuits de production. Ces structures spécialisées devront avoir comme mission première de promouvoir l’accès des femmes au crédit, en leur accordant des prêts ou en leur offrant des garanties.

Les initiatives déjà prises pour la promotion économique de la femme (construction de centres d’auto-promotion, octroi d’équipements de transformation de produits agro-alimentaires, installation de plates-formes multifonctionnelles, octroi de crédits, de tracteurs) serons poursuivies. La question de la participation de la femme à la vie publique étant déjà prise en compte, de nouveaux horizons seront ouverts pour elle et avec sa pleine participation.

Dans un monde globalisé où la compétition est de plus en plus rude, tout pays qui veut rester en course doit investir dans les ressources humaines. Le PDES qui revendique comme base, un système éducatif performant et un système de santé au bénéfice de tous, œuvrera à répondre à cet impératif.

En septembre dernier, le gouvernement et le Banque mondiale signaient un accord de financement de la phase II du Programme d’investissement sectoriel en éducation, portant sur une enveloppe de 17,5 milliards Fcfa. Cette phase permettra au Mali d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en contribuant à l’amélioration du taux de scolarisation dans le primaire et de la qualité de l’éducation et à la réduction des disparités entre filles et garçons.

En poursuivant la mise en œuvre du PISE II, avec un partenariat accru pour une école apaisée, l’ambition du programme est de faire de l’école un « creuset socio-économique ». Il mettra l’accent sur l’enseignement technique. A très juste raison. En effet, le paradoxe de notre système éducatif tient au fait qu’il forme des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur qui ont du mal à trouver un travail alors que des offres d’emplois techniques ne sont pas satisfaites. Une analyse pointue des besoins présents et futurs sera effectuée notamment ceux des secteurs productifs à forte potentialité (agro-business, BTP, hydrauliques, mines, tourisme, TIC…).

PARTAGE EQUITABLE DES EFFORTS ET JUSTICE SOCIALE

Le programme propose de remodeler notre université pour en faire « un moteur d’innovation ». « Le temps est venu d’ouvrir une réflexion hardie sur l’université pour l’adapter à nos besoins actuels et à venir et en faire un espace d’enseignement et de recherche pour le développement« , indique le président Touré dans le document.

Autres ambitions du PDES : multiplier les établissements préscolaires, les maternelles, les centres de développement de la petite enfance, relever fortement le taux d’alphabétisation grâce à un programme vigoureux d’alphabétisation, confirmé par le chef de l’État, il y a quelques jours, à l’ouverture de la conférence régionale africaine sur l’alphabétisation organisée à Bamako.

Le PDES vise un taux de scolarisation de 100% dans le primaire à l’horizon 2012. L’éducation verra sa part dans le budget d’État augmenter pour atteindre 35%.
En matière de santé, le PDES s’appuiera également sur les acquis. Vont être construits deux grands hôpitaux à Sikasso (dont la première pierre a déjà été posée) et à Mopti, ainsi que 7 centres de santé de référence à Yanfolila, Niono, San, Ténenkou, Diré, Ménaka, Youwarou.

L’institution de l’assurance-maladie obligatoire sera une dominante de la politique sociale du quinquennat. Un vigoureux élan sera imprimé à la télémédecine pour démultiplier l’enseignement et les capacités de diagnostic de nos structures nationales et régionales.

La part de la santé et autres secteurs sociaux (hors éducation nationale) devra atteindre 20%. Parallèlement, une politique fiscale incitative sera initiée pour encourager l’installation de cliniques privées.
La caractéristique dominante du PDES est donc la forte augmentation des efforts en faveur de l’éducation, de la santé et des autres secteurs sociaux, qui bénéficieront dorénavant de plus de la moitié du budget de l’État.

C’est le prix à payer pour permettre à tous les Maliens d’envoyer tous leurs enfants à l’école primaire, de bénéficier de soins de santé de base dans un rayon de 5 km et d’avoir accès à l’eau potable. Tout cela, sur un horizon de cinq ans. Trop ambitieux ? « En cela le PDES se veut un programme de partage équitable des efforts et de justice sociale. En cela, il prend toute sa dimension de lutte effective contre la pauvreté« , explique le président Touré.

PLUS DE 1 000 MILLIARDS D’ENGAGEMENTS

Mais combien coûtera la mise en œuvre du PDES et comment le programme sera-t-il financé ? Pour le moment une évaluation exhaustive du coût du programme n’a pas été faite, celui-ci étant en partie, une composante du CSLP dont les financements sont déjà assurés. Pour les actions de soutien spécifiques en général, le financement est assuré par les projets en cours ou en voie de lancement tels que le MCA, le 10è FED, le PASC, PCDA, le PCEA. Les engagements des partenaires dépassent aujourd’hui les 1 000 milliards Fcfa.

Le document du PDES sera discuté dans un cadre de concertation approprié. Un forum de validation suivra, au cours duquel seront conviés de grands spécialistes des questions de développement (Maliens et étrangers). A l’issue de ces échanges approfondis, le programme sera traduit en une lettre de cadrage, suivie d’un plan quinquennal d’action du gouvernement.


S. TOGOLA



DEVELOPPEMENT A LA BASE : LE PAPIM SUSCITE UN GRAND ESPOIR



Les périmètres irrigués de Sélingué ont mis les populations en appétit. Elles attendent maintenant 1094 ha autour du village de Maninkoura
Les habitants de Sélingué et ses environs sont heureux. La proximité avec le Sankarani et le Wassoulou Balé, affluents du fleuve.

Niger, est une chance. La commune de Sélingué regorge d’immenses potentialités hydroagricoles. Les hauteurs de pluies recueillies se situent entre 800 et 1200 millimètres par an. Cette richesse hydrique est illustrée depuis 1980 par la construction d’un grand barrage hydroélectrique.
Le Projet d’aménagement du Périmètre Irrigué de Maninkoura (PAPIM) est placé sous la houlette du coordinateur Issa Samaké. Il lutte contre la pauvreté dans sa zone d’intervention de Maninkoura en augmentant la production agricole. En cette période d’hivernage, les regards sont tournés vers cette zone. Elle dispose maintenant de périmètres irrigués destinés à la culture du riz et le maraîchage. Ce vaste projet est initié par le gouvernement à travers l’Office de développement rural de Sélingué (ODRS). Ce joyau va jouer un grand rôle dans la lutte contre la pauvreté. Il fait travailler différentes unités pour développer l’agriculture, l’élevage, la pêche, le petit commerce. Et il va promouvoir la bonne gouvernance.

PHASE D’EXPLOITATION

Les moyens financiers mis en œuvre pour effectuer les travaux prévus par le projet sont évalués à 12,156 milliards de Fcfa. Ce fonds est financé par le FAD à hauteur de 81% (9,5 milliards de Fcfa), le gouvernement et les bénéficiaires.

Depuis août dernier, l’ODRS a mis à la disposition des habitants de Maninkoura et ses environs, un périmètre irrigué de 1094 hectares. Le périmètre se divise en quatre secteurs autonomes dotés tous de stations de pompage, d’exhaure, d’un réseau d’irrigation et de drainage, d’un réseau de pistes. Le comité d’attribution des parcelles est composé en majorité de bénéficiaires et d’animateurs. Il est chargé de conduire la campagne test qui a démarré en août dernier. Cette structure a réservé 865 ha pour la riziculture, 50 ha pour les jeunes et les femmes, 115 ha pour la culture de la banane et 64 ha pour le maraîchage.
Le Papim a aménagé 60 autres hectares dans le périmètre de Sélingué. Les responsables ont fourni 850 m de siphons aux maraîchers pour arroser les parcelles. La zone réhabilitée est en exploitation depuis octobre 2006 par 315 maraîchers. _ Cette population se subdivise en 10 groupements féminins, 165 femmes et 138 hommes.

Par ailleurs, le Papim a construit et équipé le Centre de santé communautaire de Maninkoura et l’école du village. Une maternité a également été construite à Figuirakoro. Plusieurs actions socio-économiques ont été menées dans les villages couverts par le projet. Le problème d’eau potable se pose avec acuité dans la zone du projet pendant la saison sèche. Pour le résoudre 12 forages ont été effectués en mai 2006 et 4 puits à grand diamètre ont été réalisés en juin dernier. Plusieurs autres points d’eau ont été réalisés dans la commune de Séléfougou et dans celle de Maramadougou.

Il y a nécessité de faciliter les échanges entre la zone du projet et les villes de Sélingué, Ouélessebougou, Bougouni, Bamako. Dans cette optique un accent particulier a été mis sur le désenclavement à travers la réalisation des pistes rurales. La piste Sélingué-Maninkoura longue de 35 km a été réalisée dans ce cadre. Le Papim accorde une grande importance à l’alphabétisation fonctionnelle. Il a formé et recyclé plus de 400 personnes, construit et équipé 7 nouveaux centres dans la commune rurale de Maramadougou.

COMPTE SPECIAL

Autre fait marquant, le projet a aidé les populations à créer 10 associations féminines, 2 coopératives de planteurs et maraîchers. Depuis 2003, des crédits successifs de plus de 14 millions de Fcfa ont été octroyés aux exploitants. Ces dettes sont entièrement remboursées aujourd’hui. Un fonds de garantie de 150 millions de Fcfa a été déposé dans un compte spécial ouvert au nom du projet. Un autre fonds de micro-crédit d’un montant de 40 millions de Fcfa a été initié dans le cadre des Activités génératrices de revenues (AGR) des femmes. Il a été versé sur un compte spécial ouvert par Kondo Jigima. Chacune des communes rurales de Maramandougou, Sélèfougou, Baya et Tagandougou a été dotée en matériels techniques et de bureaux pour un montant d’environ 3 millions de Fcfa.

Le chef de village de Maninkoura, Bougary Kéïta, ses conseillers, tout comme le directeur de l’école Oumarou Fongoro nous ont exprimé leur sentiment de satisfaction. « Grâce à nos parcelles de riz, nous arrivons à assurer l’autosuffisance alimentaire », a commenté le chef de village. Il existe donc un partenariat fécond entre le Papim, les conseils communaux et les populations. Ces résultats performants sont dus à l’engagement du coordinateur du Papim Issa Samaké et ses agents à impulser le développement à la base.

La zone d’intervention de l’office de développement rural de Sélingué couvre les plaines de Balé et de Sankarani en amont du lac de retenue. Elle s’étend également sur le lac de retenue, sa zone d’inondation et les périmètres irrigués au pied du barrage. La vallée du Sankarani et ses plaines inondables sont à aménager en aval du barrage jusqu’au confluent avec le fleuve Niger.

L’ODRS vise la promotion du développement des cultures irriguées et sèches, du conseil rural et de la formation. Il supervise la gestion de l’eau du périmètre et les terres aménagées. L’ODRS a dépensé 32 731 500 Fcfa pour la construction d’un petit barrage à Dalaba. Il permet aux populations de pratiquer du maraîchage. Elles cultivent le gombo, la pomme de terre, les concombres, l’oignon, les tomates, le chou, la salade sur une superficie de 15 ha. Au moins, 1500 exploitants travaillent dans le périmètre de Sélingué. Il y a 915 ha pour riziculture, 115 ha réservés à la production de la banane et 64 ha pour le maraîchage.
Les agents de l’Office apprécient le bon comportement des exploitants qui respectent les clauses. « On procède à moins de retrait maintenant. Les gens ont compris l’avantage du périmètre. Ils s’acquittent régulièrement de leurs redevances« , a expliqué Siriman Bagayogo, chef de la division projet suivi et évaluation (DPSE). La redevance par campagne est fixée à 27 000 Fcfa/ha pour le riz et le maraîchage. Elle est de 70 000 à 100 000 Fcfa pour la banane selon la zone d’exploitation. Le programme rapporte beaucoup aux villageois. Ils ont l’opportunité de cultiver deux fois dans l’année. Le périmètre en aval de Sélingué couvre une superficie de 1350 hectares.

Le chef de la division appui conseil exploitation de périmètre (DACPP) Gaoussou Traoré est satisfait. La structure qu’il dirige a assuré l’animation de 40 groupements paysans. Les caisses Cafo Jiginè, Condo Jgima, la Caisse rurale et d’épargne et de prêt et Soro Yiriwaso accordent aux éleveurs tous les crédits nécessaires. Dans cette zone, l’ODRS encourage les agriculteurs à diversifier leurs cultures, en adoptant le sésame (200 ha) et le soja (30 ha). Une assistance est accordée à 30 groupements féminins pour l’exploitation de 9 plates-formes multifonctionnelles, le petit commerce, le maraîchage et la riziculture. La promotion Emploi-Jeunes est une préoccupation majeure. L’Office a mis à la disposition des jeunes des parcelles de riz pour près de 30 ha, de bananes (20 ha).

PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT :

En matière de riziculture, l’ODRS n’attribue souvent que 0,25 ha par personne, car la demande est supérieure à l’offre. Cette année, il a enregistré une centaine de demandes. Il n’y a eu aucun retrait de parcelles. Les postulants devront donc patienter. L’attribution de la superficie se fait en fonction du niveau d’équipement et de la taille des familles. L’ODRS a décidé de s’investir davantage pour renforcer les capacités des riziculteurs, des maraîchers, des éleveurs et des pêcheurs. Cela passe surtout par l’augmentation des superficies cultivables, l’amélioration des capacités du personnel d’encadrement et l’élargissement du partenariat.

Certaines personnes que nous avons rencontrées à Sélingué comptent sur une grande assistance de l’Office pour rendre le sol plus productif. D’après les spécialistes de l’ODRS, l’exploitation de 0,25 ha peut rapporter 20 sacs de riz au paysan.

Le maire de la Commune rurale de Baya, dont relève Sélingué, Minamba Doumbia, se réjouit de la présence de l’ODRS. L’Office travaille sans relâche pour l’amélioration des conditions et du cadre de vie des populations. Il assure le développement socio-économique de leurs localités. L’élu souhaite que l’Office consulte davantage le Conseil communal avant d’entreprendre toute activité d’élargissement de son champ d’action.

Le Papim prévoit aussi des volets pour la protection de l’environnement et le développement de la pisciculture. Le chef de la division pêche et environnement, Hamidou Diallo, a révélé que l’ODRS va aménager deux ports à Carrière et Faraba. Les deux infrastructures vont promouvoir la pêche et la commercialisation du poisson. L’activité pêche occupe plus de 15 000 personnes réparties entre 74 campements installés autour du lac de retenue et le long des deux fleuves. Elle génère au moins 3094 emplois. La production annuelle est évaluée à 4000 tonnes, dont 3400 pour la vente.

Grâce au Projet de développement des ressources halieutiques dans le lac de Sélingué et la Banque nationale de développement agricole (BNDA), les pêcheurs ont obtenu des crédits et des équipements. Ils disposent de filets, de moteurs hors bord, de pirogues, de balances, de hameçons. Environ 12 groupements de pêcheurs et 9 groupements de femmes ont bénéficié d’un prêt de 15 millions de Fcfa.
Un grand défi se pose à l’ODRS et au gouvernement. Le directeur général de l’ODRS, Ibrahim Siby, estime à 20 000 ha le potentiel de terres à aménager dans la zone. « Mais depuis 25 ans, à peine 2500 ha de terres ont été aménagées », a-t-il souligné. L’exploitation de ces immenses potentialités nécessite, selon lui, une volonté politique du gouvernement. Il doit s’investir auprès de ses partenaires, notamment la BAD, pour débloquer les fonds nécessaires en vue de la réalisation des projets en attente.

B. M. SISSOKO


MONDE RURAL : LE PLUS DE L’ÉLECTRIFICATION

L’Amader se propose de porter le taux de couverture au niveau de 12%, à l’horizon 2010.

L’accès à l’électrification du monde rural est des priorités de nos autorités . La création, en mai 2003, de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (Amader) avec pour missions principales la maîtrise de l’énergie domestique ainsi que le développement et l’accès des populations rurales et périurbaines aux services de base procède de cette détermination.

A ce jour, ce vaste programme couvre toutes les huit régions du pays à la satisfaction des populations bénéficiaires.

Pour le directeur électrification rurale de l’Amader, Adama Sissoko, le « Pdasb », projet énergie domestique et accès aux services de base en milieu rural dont le financement a coûté 53,35 millions de dollars (environ 24, 275 milliards), a été le premier projet lancé par sa structure grâce à la contribution de certains partenaires comme la Banque mondiale (36,65 millions de dollars, soit environ 16,575 milliards Fcfa), du Fonds pour l’environnement mondial (3,50 millions dollars, soit environ 1,592 milliards Fcfa). Le gouvernement a contribué pour 5,25 millions de dollars (environ 2,388 milliards fcfa) et les opérateurs privés pour 8,95 millions (environ 4,072 milliards Fcfa).

Le Pdasb dont les résultats sont jugés très positifs par Adama Sissoko entend poursuivre ses efforts pour les cinq années à venir au cours desquelles de nouvelles zones vont accéder à l’électrification. Selon e directeur électrification rurale de l’Amader, cette nouvelle phase verra l’installation de 9650 systèmes photovoltaïques individuels 500 autres communautaires devant bénéficier, entre autres, à des institutions publiques, des écoles, centres de santé…

La centrale thermique de Sanankoroba est dotée de deux groupe d’une capacité de 160 kva 2500 FCFA PAR MOIS : L’impact de l’électrification rurale sur le développement socio économique du monde rural, plus qu’une prévision, est actuellement une réalité concrète. On note parmi les cas les plus réussis, Sanankoroba, une localité située à une trentaine de kilomètres de Bamako. Ici, grâce à l’électricité commercialisée depuis février dernier par l’opérateur sur place, « Erd »(énergie rurale durable), la vie des habitants de ce village a pris une nouvelle tournure.

Le visiteur est attiré par les lampadaires bordant le goudron sur près de 6 km. Sous la lumière de ces lampadaires, nombreux sont les habitants de ce village qui continuent jusque tard la nuit leurs petites activités.
Mme Lalla Tall, est une habitante du village. Depuis maintenant une année cette restauratrice voit son commerce prospérer. «  Avant l’arrivée du projet « Erd », confie-t-elle, l’obscurité nous obligeait à arrêter de vendre aussitôt que la nuit tombe. Mais depuis le début de commercialisation de l’électricité offerte par l’Amader à travers « Erd », nous ne sommes plus obligés de rentrer tôt à la maison le soir. Au contraire nous poursuivons notre commerce jusqu’aux environs de 23 heures à laquelle intervient la coupure« .

La dame qui vend également des sucreries, a un autre motif de satisfaction résultant du fait qu’elle n’est plus obligée, comme elle le faisait avant de se rendre jusqu’à Sénou pour acheter la quantité de glace dont elle a besoin pour rafraîchir ses boissons qu’elle propose aux voyageurs de passage. « Actuellement je n’ai plus ce problème car grâce au congélateur que j’ai acheté je vends mes boissons sans peine » confie-t-elle.

Soudeur et dépanneur de tracteurs le jeune Yacouba Traoré, un autre ressortissant de Sanankoroba témoigne :  » le bénéfice que nous tirons de l’électricité n’est pas quantifiable pour nous » déclare-t-il. Avant, poursuit-il, c’est à partir d’un groupe électrogène que je travaillais. Mes recettes qui n’étaient déjà pas très importantes étaient réduites par les frais de réparation de mon groupe et l’achat chaque jour de gaz oïl, confie-t-il. Selon lui l’électricité fournie est de bonne qualité et son coût très abordable. Sa facture mensuelle n’a jamais dépassé 2500 Fcfa. Ce qui lui a permis d’ailleurs de recruter cinq nouveaux apprentis pour l’aider à s’occuper de sa clientèle de plus en plus en hausse.

PHASE POSITVE

Même constat de satisfaction du coté du pharmacien Soryba Bagayako. Debout à l’entrée de sa pharmacie, l’homme qui est également conseiller à la mairie de la commune rurale reconnaît : «  Le courant d’Erd est une fierté pour nous, et moi plus que les autres. Car je suis de ceux qui profite le plus de l’électricité« . Le pharmacien justifie ce privilège par le fait qu’il est abonné aux deux services. En effet, grâce à une batterie de 70 ampères alimentée par une plaque de 50 watts crêtes installée sur le toit de la pharmacie, il parvient à disposer de la lumière au delà de l’heure de la coupure du courant.

Pour le coordinateur Adama Cissé, « Erd » qui est une Société à responsabilité limitée, est également le tout premier projet qui a été accepté par l’Amader et avalisée par la Banque mondiale. Ce projet a véritablement débuté ses activités en février 2005 date à laquelle il commencé à commercialiser l’électricité. Pour M. Cissé, au départ l’idée était plutôt de partir sur la base du système photovoltaïque (distribuant l’électricité à partir de l’énergie solaires). Mais face à son coût de financement jugé élevé par les études préalablement menées, le choix s’est porté sur le système du réseau alimenté par une centrale thermique.

Le projet avait été testé avec une quarantaine de personnes qui ont pu accéder aux premiers services de la société, a expliqué son coordinateur. Cette première phase ayant été jugée positive par l’Amader, ajoute-t-il, nous avons pu finalement bénéficié d’un contrat en bonne et du forme avec l’Amader. Cette collaboration a donné lieu à la signature entre nous et l’Amader de trois documents : un cahier de charges, un contrat d’autorisation et une convention de financement.

« Pour commencer l’exploitation, le cahier de charge nous obligeait à prendre en compte les 20% du financement du projet » a-t-il expliqué, avant d’ajouter que ce montant qui se chiffre à 82 millions de Fcfa avait été entièrement débloqué par « Erd ». Ce montant, explique Cissé, nous a permis de réaliser très vite certains travaux comme la construction de la centrale thermique et sa dotation en deux groupe d’une capacité de 160 kva.

Même si cette centrale est fonctionnelle depuis quelque temps, il faut reconnaître que la distribution de l’électricité ne se fait encore à la satisfaction des populations de Sanankoroba qui souhaitent en disposer 24h sur 24. Ce qui n’est pas encore le cas, l’électricité n’étant disponible que jusqu’aux environs de 23 heures.

35.000 NOUVEAUX ABONNES

En vue de répondre à cette attente légitime des habitants, celle de pouvoir disposer de l’électricité 24 heures sur 24, les responsables du projet Erd envisagent dans un proche avenir de se brancher sur le réseau moyenne tension d’Edm Sa. Les discussions avec la société ont même, de l’avis du coordinateur du projet, beaucoup avancé. Et l’essentiel du matériel pour ce faire est déjà sur place.

Pour lui, le branchement au réseau moyenne tension d’Edm se fera à partir du support se trouvant devant l’usine de Fitina. « A ce jour, tout ce qui bloque le branchement c’est la détermination par Edm du tarif de la cession du kilowatt heure pour nous« , a fait observer Adama Cissé. Cela permettra d’améliorer la qualité de la distribution et donnera la possibilité à l’opérateur d’étendre son réseau par la couverture des autres localités environnantes a t-il dit.

Au niveau de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et l’électrification rurale on note de très bonnes perspectives allant surtout dans le sens d’une plus large accession des populations rurales aux services de l’électrification sans laquelle toute volonté de développement dans cette frange du pays restera hypothétique.

Cela ne va, naturellement, pas sans ressources financières à la dimension des ambitions affichées. Ce besoin a ailleurs été récemment martelé par les administrateurs de l’Amader qui tenait le vendredi 03 août dernier la 9è session ordinaire de son conseil d’administration. Une occasion au cours de laquelle le président directeur général de l’Agence, Ismaël Oumar Touré a estimé à plus de 12.590 le nombre des abonnés à l’électrification à la date du 30 juin dernier avant d’annoncer le branchement prochain de quelques 35.000 nouveaux abonnés à l’électrification grâce à l’achèvement de trente autres projets.

Aujourd’hui, a estimé Ismaël Touré, l’objectif principal de l’Amader consiste à porter, à l’horizon 2010, le taux de couverture de l’électrification rurale au niveau de 12%. Ce qui, a-t-il évalué, nécessite la mobilisation d’une enveloppe financière de l’ordre de 24,4 milliards de Fcfa.

Oumar DIAMOYE



PRIVATISATION DE LA CMDT: A PAS DE CAMELEON SANS PERDRE LES COULEURS

La démarche bute sur des contraintes que les parties s’attèllent à surmonter pour le bien-être des acteurs
La Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) a, pendant près de trois décennies (1974-2001), fait le bonheur des producteurs et de l’Etat qui tiraient leurs revenus de la culture du coton.

La filière coton faisait vivre environ 3 millions de personnes qui se déclinaient en producteurs et opérateurs économiques de tous genres (transporteurs de balles de coton, fournisseurs d’hydrocarbures, d’intrants agricoles, de pièces de rechange pour les véhicules et les unités d’égrenage, les prestataires de services pour l’entretien ou la réalisation des infrastructures socio-économiques, des consommables pour les équipements, les banquiers).
Le coton malien se vendait bien sur les marchés internationaux. En retour, les producteurs bénéficiaient des ristournes alléchantes. Le budget national a aussi bénéficié des retombées du développement du secteur cotonnier à travers des prélèvements fiscaux qui ont totalisé 33,8 milliards Fcfa en 1998.


New-look la filière-

Arriva la décennie 2000 qui voit la filière s’effondrer comme un château de cartes. Les prix sont de plus en plus bas sur le marché mondial, la fili�re ressent aussi les effets d’une mauvaise gestion au plan interne qui creuse de plus en plus le déficit financier. La CMDT est sous perfusion financière. Pour arrêter l’hémorragie financière, l’Etat engage un plan de redressement de la filière qui a eu peu d’effets. En définitive, l’Etat se retourne vers les partenaires extérieurs qu’il sollicite pour l’aider à sauver la situation socio-économique morose qui mena�ait d’imploser. Le gouvernement réaffirme sa volontéde poursuivre la politique de libéralisation de l’économie et de favoriser une plus grande implication des producteurs dans la gestion de la filière new-look. C’est ainsi qu’il a été décidé du recentrage de la CMDT autour des activités liées au système coton. Pour ce faire, la CMDT s’est désengagée des missions de service public, de l’encadrement, des fonctions d’approvisionnement en intrants et équipements, du transport du coton.

Aussi, le gouvernement s’engage à ouvrir le secteur coton et oléagineux à la concurrence afin d’améliorer leur performance et de mieux valoriser leurs produits dérivés.
Toutes ces missions ont été confiées à un pool de spécialistes qui si�gent à la Mission de restructuration du secteur coton (MSRC) placée sous l’égide de la Primature et conduite par l’ancien ministre de l’Agriculture N’Fagnanama Koné. La MSRC s’est mise depuis sa création en février 2001 éla toûche en commanditant toutes les études nécessaires à la réforme. La privatisation de la CMDT était fixée à l’horizon 2005. Mais les retards accusés dans la mise en Ïuvre de la réforme ont permis de pousser cette échéance à 2008 (août) avec à la clé d’autres mesures supplémentaires.
les mesures urgentes-La MRSC a produit un chronogramme révisé du processus de réforme du secteur coton qui a été adopté en conseil des ministres en novembre 2005.

Ce chronogramme a, pour objet entre autres, d’appuyer l’installation et le démarrage des activités du repreneur de Huicoma et de réaliser la privatisation de la CMDT, selon l’ancien ministre des Finances Tiéna Coulibaly du MRSC. Il a également pour objectifs de mettre en place les structures de régulation du secteur coton, d’assurer les fonctions essentielles d’accompagnement en vue de la libéralisation de la fili�re à terme et de renforcer les capacités des producteurs pour un rôle accru dans la filière. Le chronogramme a aussi permis d’identifier de nouvelles mesures comme la création de structures pérennes qui vont gérer les aspects transversaux à savoir l’interprofession qui regroupera les producteurs, égreneurs, huiliers, banquiers et transporteurs au sein d’une entité, la bourse du coton, l’office de classement du coton. L’organisation de voyages d’études en avril 2006 au Burkina Faso, Togo et au Bénin a permis de proposer la création de quatre filiales. Ce découpage propose de regrouper les zones de production de Sikasso et Bougouni, San et Koutiala, Fana et les zones de l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN) et Kita. Le conseil des ministres en sa session ordinaire du 4 octobre 2006 a approuvé ce schéma opérationnel de privatisation.

Les producteurs ont été organisés en sociétés coopératives de producteurs de coton (CPC) de la base jusqu’au niveau national, à l’Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton (UNSCPC) est créée. Le président de l’Assemblée permanente des chambres
d’agriculture du Mali (APCAM) Bakary Togola est aussi le président de l’UNSCPC. Bakary Togola se dit confiant quant au rôle que les producteurs doivent jouer dans les futures structures de gestion de la fili�re coton. Il assure que les producteurs se préparent à libérer leurs parts de capital des nouvelles sociétés. Ils ont déjà mis de côté 2,1 milliards Fcfa, majorés de 3 milliards Fcfa que les partenaires financiers ont bien accepté de donner.
la reconduction du plan social-A la fin du mois d’août, la MRSC a fait le point des toûches urgentes qu’il restait à achever comme la formation en gestion des coopératives des producteurs et la préparation de leur entrŽe dans le capital des futures filiales, la répartition du personnel entre les filiales, la définition de l’échéance juridique du processus de privatisation de la CMDT, l’apport du conseil-assistance pour la privatisation, l’élaboration d’un programme de communication, l’évaluation du protocole d’accord du mécanisme de fixation des prix et le schéma de gestion du fonds de soutien.

Sur le point relatif à la répartition du personnel de la CMDT entre les filiales, le consultant a rendu son rapport provisoire sur la question. On se rappelle que cette question avait fait l’objet de deux gr�ves lancées par le Comité syndical de la fili�re coton de la CMDT (en décembre 2006 et en avril dernier), qui tenait ˆ avoir des assurances de la part du gouvernement en ce qui concerne le sort du personnel qui ne serait pas affecté aux filiales. Pour ceux qui ne seront pas reconduits, le Comité syndical de la CMDT voudrait pour eux une application du plan social qui a permis en 2003 à 596 partants volontaires de quitter la structure avec des indemnités confortables de départ. Le gouvernement soutenait, de son côté, que tout le personnel serait redéployé dans les nouvelles filiales. Le rapport du consultant retient l’affectation de 1397 agents dans les nouvelles filiales. Or les chiffres actuels donnent un effectif de 1946 agents en service à la CMDT et àl’OHVN.

Le rapport reste muet sur le sort des 543 autres agents, qui sont considérés comme un sureffectif qui ne sera pas affecté dans les nouvelles filiales. Le Comité syndical a, lors de l’atelier de validation tenu le 5 septembre sur le rapport, fait des recommandations dont la prise en charge de ce sureffectif qui se fera grâce à la reconduction du plan social de 2003. Les responsables syndicaux souhaitent l’application de ce plan social avant la filialisation. « Cela nous évitera de tomber dans les mêmes travers que nos camarades d’Huicoma, à qui le repreneur a refusé d’appliquer un plan social. Et la suite est connue aujourd’hui : un arrêt de la production et la mise en chômage technique prolongé du personnel » a expliqué Mamadou Sissoko dit Kadhafi, membre du comité syndical à la CMDT. Kadhafi soutient que l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et la Direction de la Fonction publique trouvent appropriée la prise en charge par le plan social de leurs doléances.

« Chat échaudé craint l’eau froide« , comme le dit un diction, on peut comprendre les travailleurs de la CMDT qui tiennent à obtenir toutes les assurances pour une sortie honorable pour ceux qui doivent quitter la structure, sans qu’ils ne se sentent frustrés ou abandonnés.
Mais le train de la réforme est en marche. Arrivera-t-il à bon port ? C’est sûr. Prendra-t-il toutes les précautions pour éviter les drames vécus par les précédentes réformes qui ont conduit ˆ des privatisations mal assumées ? Le gouvernement s’y attèle et les partenaires ne se foûcheront certainement pas, si pour bien faire, des réajustements s’avèrent indispensables pour ne pas donner l’impression d’un bradage d’une structure qui a marqué l’économie du pays pendant près d’une trentaine d’années. Comme un caméléon, la réforme avance sans perdre les couleurs de son paysage que sont les désidératas des acteurs qu’elle doit prendre en compte pour mieux réussir la privatisation.

M. COULIBALY


MECANISATION AGRICOLE : BIENTÔT LES TRACTEURS « MADE IN MALI »

Les deux usines d’assemblage en chantier permettront de mettre disposition suffisamment de machines pour les producteurs.

Dans l’optique de faire du monde rural le moteur de développement, les pouvoirs publics sont résolument engagés dans un processus de mécanisation de notre agriculture. C’est dans cette optique que 400 tracteurs et leurs équipements accessoires ont été acquis par l’État cette année, ouvrant une nouvelle ère pour notre agriculture.

Aujourd’hui, le parc des tracteurs compte un millier d’unités dans notre pays. Ce qui nous place au 4è rang en Afrique de l’Ouest après le Nigeria, la Cote d’Ivoire et le Ghana. Il reste du chemin à parcourir pour un pays à vocation agricole comme le nôtre. Seulement 315 000 unités de production agricole sont équipées en matériels de culture attelée, charrues, motoculteurs et semoirs. Mais le boom de la mécanisation sera bientôt au rendez-vous avec la mise en marche de deux usines de montage de tracteurs et de divers équipements agricoles. La première est installée à Samanko avec l’appui technique de l’Inde. La seconde usine est la propriété d’un privé chinois. Elle s’implantera à Sikasso.

L’unité d’assemblage de Samanko, située à 25 km de Bamako dans la commune du Mandé, en impose par sa taille et son importance pour le monde rural. L’infrastructure est bâtie sur 2 ha sur le domaine du Centre de machinisme agricole (Cma). Il comprend les volets « génie civil » (bâtiments) et « équipements d’assemblage ». L’usine produira 50 unités par mois. Le premier tracteur «Made in Mali» est attendu au cours de ce mois.

Le gouvernement avec l’appui de la FAO a élaboré une stratégie de suivi et d’encadrement pour sécuriser ces investissements et assurer la réussite de l’opération. C’est «la bible» de la gestion des tracteurs à tous les niveaux d’activités. Le document traite de l’acquisition au remboursement en passant par la formation, selon Ibrahima Diallo du ministère de l’Agriculture.

À Samanko, les travaux de génie civil sont presque terminés. L’atelier principal de montage, le bâtiment administratif et d’équipements électriques ainsi que l’aire de traitement des eaux usées n’attendent que la peinture. L’atelier de montage sera achevé après l’installation des machines de montage par une équipe d’ingénieurs indiens. Il reste à finir le système de canalisation et le bétonnage. Les 2 postes de gardiennage seront bientôt achevés.

DES MOTOPOMPES AUSSI

Le chantier de l’usine de Sikasso, implantée sur la route de Koutiala, est également en bonne voie. Mais l’entreprise chinoise DTE-SA attend toujours les exonérations sur les équipements de production de l’unité. Cependant cette difficulté n’a pas bloqué l’avancement de l’édification de l’infrastructure dont la partie génie civil est presque terminée. Les deux ateliers de montage et de maintenance, le bloc des bureaux et du logement du personnel, le salon d’exposition ont déjà reçu les couches de peinture. À la date du 3 septembre, les ouvriers étaient attelés à finir les bâtiments de l’usine.

Les travaux, officiellement démarrés en décembre 2005, coûtent 800 millions de Fcfa. La moitié de cette enveloppe est consacrée aux équipements de montage. En dehors des tracteurs, l’usine de Sikasso produira également des motopompes, des batteuses, des moulins broyeurs et d’autres équipements agricoles. Selon, Geshan Qun, directeur général adjoint de DTE SA, l’unité proposera aussi des herbicides aux paysans. La production minimale prévue est de 10 tracteurs par jour. L’usine compte ravitailler toute la zone Uemoa et écoulera ses produits par appel d’offres ou par vente directe.

La demande de technologies qui facilite le travail, va progresser de paire avec la demande alimentaire croissante de notre population. La mécanisation de l’agriculture offre aux agriculteurs le choix technologique pour accroître la productivité agricole, apporter la sécurité alimentaire et réduire les pertes après la récolte.

La mécanisation agricole n’est pas une activité isolée. Elle interagit au contraire avec de nombreux acteurs, soutiennent les spécialistes. Outre les aspects agronomiques, techniques et sociaux, les questions institutionnelles, comme l’éducation, la vulgarisation et la recherche agricole, jouent un rôle essentiel. La motorisation a été jugée plus appropriée dans les grandes exploitations.

Elle s’impose partout où il existe un système d’irrigation, de bonnes possibilités de commercialisation permettant un accroissement régulier de la production. C’est le cas de l’Office du Niger qui s’étend sur 82 000 hectares aménagés sur un potentiel de plus de 1 million d’hectares de terres irrigables en maîtrise totale de l’eau. Les 26 435 exploitations réalisent 50 % de la production nationale de riz paddy.

Dans la zone de Niono, 11 850 ha de terres cultivables, aucun paysan ne possède de tracteur, affirme le service de l’encadrement. Mais le directeur de la zone, Mamadou Keita ne s’en plaint pas. «Chez nous, les producteurs cultivent des parcelles familiales. Ils préfèrent les motoculteurs plus adaptés aux petites surfaces», explique le patron de la zone agricole. Il ajoute que les usines de tracteurs peuvent inciter les paysans à étendre leurs exploitations.

Le paysan Alamine Maïga est installé à l’Office depuis 1977. Il ne partage pas l’avis du technicien et soutient que les producteurs peuvent tirer beaucoup de profits d’un tracteur. «On peut travailler avec sa machine toute l’année. En dehors du labour, elle fait le transport du bois, assure le déménagement des hameaux peuhls, le battage du mil et même la fourniture de l’électricité. Elle transporte des intrants et des céréales après les récoltes», explique Alamine. Ce producteur de 52 ans souhaite vivement posséder un tracteur.

UN HOMME COMBLE

Molodo, 7 km de Niono, est une des 5 zones de production de l’Office du Niger. Fousseyni Koné, 40 ans, est issu d’une famille paysanne. Il a bénéficié d’un tracteur au compte de l’Agence pour l’emploi des jeunes. Il vit ici depuis sa tendre enfance et entretient une dizaine d’hectares à Djeliwéré, un hameau de culture, à 12 km de Molodo. Marié et père de 3 enfants, Alhousseyni Koné est diplômé. Il est analyste-programmeur en informatique.

Le jeune agriculteur nous a fait visiter son champ. Il est fier d’être le seul à posséder un tracteur dans la zone de Molodo. «Je suis un homme comblé aujourd’hui, dit-il. Le tracteur me permet de respecter le calendrier agricole. Je tire suffisamment d’argent des prestations servies aux autres. Aujourd’hui j’exécute en une semaine le volume de travail qu’auparavant je réalisais en un mois avec trois paires de bœufs. Le tracteur est plus performant. »

Par an, le jeune agriculteur doit verser 400 000 Fcfa pour rembourser son crédit. Mais cette échéance ne l’inquiète pas. Car sa recette mensuelle moyenne atteint 300 000 Fcfa.
L’importance de la mécanisation est désormais avérée dans les domaines du transport, de l’agriculture, de l’élevage. Les meilleures conditions de stockage après-récolte et les transformations agro-alimentaires sont à la portée des producteurs maliens.

A. M. CISSE


La Loi d’orientation agricole : Le bréviaire d’une agriculture moderne

Elle comprend 7 articles, 33 chapitres et 200 articles. À travers cette architecture, elle fixe des mesures incitatives de sécurisation des productions. Les couches rurales ont été impliquées dans l’élaboration de cet instrument juridique qui ambitionne de révolutionner l’agriculture de notre pays. La Loi d’orientation agricole a été promulguée le 5 septembre 2006 par le président de la République, Amadou Toumani Toure. Elle est l’instrument de promotion de la politique de développement agricole adoptée par notre pays. Environ 70 % de la population active est occupé par l’agriculture. Elle contribue à hauteur de 40 % au produit intérieur brut (PIB). Ce secteur stratégique travaille à assurer la sécurité alimentaire. Il est vital pour l’économie de notre pays. Malheureusement, l’agriculture n’arrive pas encore à assurer les besoins de consommation alimentaire des 12 millions de Maliens. Et les paysans vivent généralement dans la précarité.
Il fallait créer des mécanismes opérationnels pour renverser la tendance avant 2015, échéance prévue pour faire de notre pays une puissance agricole. La mécanisation agricole, l’implantation de deux usines de montage de tracteurs, les grands aménagements concourent à la réalisation de cette ambition. La Loi d’orientation agricole est le vecteur de ce changement. Elle ambitionne d’affranchir nos récoltes des aléas climatiques. Elle fixe également des mesures incitatives favorisant le retour et l’installation des jeunes et des dispositions attractives pour encourager l’investissement dans le secteur.
Le concours de la Coordination nationale des organisations paysannes (CNOP) a permis d’instaurer un débat national franc autour des questions agricoles. La réflexion a défini des propositions susceptibles d’apporter un réel changement dans le secteur. C’est le résultat de 33 concertations, 8 ateliers thématiques et environ 4000 producteurs contactés. Il est annoncé la mise en place d’un Conseil supérieur de l’agriculture, qui sera présidé par le président de la République. Le décret 066 du 23 février 2007 fixe déjà les modalités d’organisation et de fonctionnement de cette instance. Elle tient une session avant le 31 mars de chaque année. Le Conseil supérieur de l’agriculture est doté de comités exécutifs régionaux.
La fonctionnalité d’une loi est liée aux textes réglementaires qui en découlent. D’ores et déjà, un plan d’opération est déjà disponible au département de l’Agriculture, selon Dr Daouda Diarra, conseiller technique chargé de la LOA au ministère de l’Agriculture.

A. M. C


LUTTE CONTRE LA MORTALITE NEO-NATALE: LE POOL MERE-ENFANT A L’AVANT-GARDE DU COMBAT


La baisse de la mortalité maternelle et néo-natale passe par le renforcement de nos structures en matière de ressources humaines (de gynécologues-obstétriciens et de sages-femmes pour assurer une prise en charge correcte de la santé de la reproduction) et en équipements.
Notre pays passe pour être l’un de ceux d’Afrique subsaharienne a enregistré un taux élevé de mortalité néo-natale.

Selon l’enquête démographique et de santé (EDS) III, il y a 55 décès d’enfants sur 1000 naissances vivantes. En d’autres termes 80 nouveau-nés décèdent tous les jours. Ces chiffres qui interpellent la conscience collectivité, brossent le sinistre tableau de la problématique.

Aujourd’hui le pari contre le scepticisme est gagné. Depuis quelque temps, les pouvoirs publics déploient de gros efforts pour réduire l’incidence de la mortalité maternelle (estimée à 582 décès pour 100 000 naissances vivantes) et néo-natale dans notre pays. Cette mortalité néo-natale est imputable au paludisme à l’asphyxie, aux traumatismes, au tétanos mais également à beaucoup d’autres maladies du nouveau-né. En outre la prématurité est à l’origine de certains décès chez les bébés.

PARFAITE SYMBIOSE

La région de Ségou avec le « Pool mère-enfant »: une unité de prise en charge de la santé de la mère et de l’enfant de l’hôpital Nianankoro Fomba, a moins de souci à se faire dans ce domaine. Décidé à prendre le taureau par les cornes depuis le forum des Premières dames d’Afrique de l’ouest et du centre sur la vision 2010 (un programme de réduction de la mortalité maternelle et néo-natale) tenu à Bamako en 2001, notre pays a entrepris un vaste programme de protection des populations cibles. Celui est destiné à assurer les meilleurs soins de santé à la mère et à l’enfant. Les pouvoirs publics ont multiplié les initiatives et les actions dans ce sens.

Dans ce contexte, les centres hospitalo-universitaires (CHU), ont été renforcés en terme de ressources et d’équipements. Il en est de même pour les hôpitaux régionaux. Dans cette logique, Nianankoro Fomba a été doté du Pool mère-enfant. Inaugurée en 2006 par le chef de l’État Amadou Toumani Touré, cette unité intègre les services de gynécologie-obstétrique et de pédiatrie. Elle reste à l’avant garde de la lutte contre la mortalité infantile dans la région parce que assurant des soins à la mère et au bébé. Une visite des lieux permet de mieux cerner le volume des efforts accomplis à ce niveau.
L’hôpital Nianankoro Fomba est un établissement public hospitalier avec des missions de soins, de formation, de recherche et de santé publique. Le Dr Mamadou Soumano, président de la commission médicale d’établissement explique que conformément à la pyramide sanitaire, l’établissement joue un rôle de 2è référence, c’est-à-dire que les cas qui ne peuvent être pris en charge au niveau périphérique y sont référés. A ce titre il doit recevoir par exemple les accouchements dystociques parmi lesquels les cas de césarienne.

De l’avis des spécialistes au cours de ces accouchements difficiles, il y a des enfants qui présentent des souffrances fœtales ou d’autres pathologies propres au nouveau-né. Ces situations nécessitent une prise en charge rapide et correcte pour sauver à la fois le bébé et la mère. Pour ce faire les services de gynécologie-obsétrique et de pédiatrie travaillent en parfaite symbiose mais surtout en complémentarité au sein du Pool mère-enfant.
La création de ce service répond à une vision des pouvoirs publics en matière de lutte contre les décès néo-natales dans notre pays en général et dans la région de Ségou en particulier. Pour le président de la commission médicale d’établissement la création du Pool mère-enfant est un challenge intéressant à bien des égards. « Nous sommes avec cette unité en mesure de faire face à beaucoup d’urgences que nous pouvions pas prendre en charge avant. La gratuité de la césarienne a contribué à faciliter la prise en charge des urgences » a expliqué Mamadou Soumano.

Le Pool mère-enfant offre à la région de grandes possibilités de prise en charge. Selon le président de la commission médicale les enfants en détresse respiratoire qui requièrent une réanimation. immédiate sont pris en charge depuis le bloc opératoire jusqu’à l’unité de néonatologie où un médecin spécialiste et son équipe assurent cette mission.

RÉDUIT DE MOITIÉ

Le Pool mère-enfant a un plateau technique de pointe. L’unité dispose de lampes et berceaux chauffants, de couveuses inspirées du modèle français de l’hôpital d’Angoulême et de bouches d’oxygène pour réanimer au besoin les nouveau-nés dans des situations critiques. Ces équipements qui ont apporté de la qualité dans le travail des praticiens du Pool mère-enfant ont contribué à réduire considérablement le taux de mortalité infantile dans la Cité des balazans.

Le Dr Zoumana Traoré chef du service de pédiatrie de l’hôpital Nianankoro Fomba mesure les immenses progrès accomplis par le Pool mère-enfant. Selon les statistiques fournies à ce niveau, le taux de mortalité néo-natale est passé de 10%, il y a trois ou quatre ans à 7% cette année. Pour corroborer ces bons résultats le chef du service de la pédiatrie donne des chiffres sur les décès en période néo-natale, c’est-à-dire entre le 1er et 30è jours de la naissance. « Le taux de mortalité néo-natale dans ce contexte a été sensiblement réduit de moitié. Zoumana Traoré rappelle que les efforts déployés ont été porteurs. « Entre novembre 2006 et août 2007, le taux de mortalité dans la période néo-natale a été ramené de 20% ces derniers temps à à 10% » aujourd’hui » souligne le pédiatre.

Il est scientifiquement prouvé que, c’est pendant la période néo-natale, le bébé qui reste extrêmement fragile a besoin d’une attention particulière pour éviter les infections et autres pathologies du nouveau-né. Zoumana Traoré apprécie l’accompagnement de l’État. Son service dispose aujourd’hui de 3 grandes salles d’hospitalisation de 7 lits chacune. Conformément à l’article 243 de la loi traitant du régime d’hospitalisation, les hospitalisations pour les enfants ne sont pas facturées. L’hospitalisation est gratuite pour les bébés admis au service de pédiatrie. Mais le chef de ce service observe que son unité dispose de salles de première catégorie qui répondent aux normes de salles VIP (biens climatisées ou ventilées avec tout le confort requis).

La réduction de la mortalité infantile passe par les accouchements assistés. A ce propos la région de Ségou est dans une logique de progression continue depuis deux ans. Le taux en nette amélioration est passé de 49% en 2005 à 56% en 2006 dans bien de districts sanitaires de Ségou.

B. DOUMBIA

Détresse respiratoire: Célérité et rigueur

Il est vraiment difficile pour une âme sensible de ne pas s’émouvoir devant une détresse respiratoire surtout quand la victime est un enfant né en position de siège avec une fracture au niveau des membres inférieurs.

Nous sommes mardi 28 août dans le Pool mère-enfant de l’hôpital Nianankoro Fomba. Un jeune faisant fonction d’interne est confronté à une situation de détresse respiratoire chez un nouveau-né. Il sollicite la clef de la salle de l’unité de néonatologie équipée de lampes chauffantes pour réguler la température du nouveau-né.

Le chef du service de pédiatrie, le Dr Zoumana Traoré: »Zou » pour les intimes, fort de ses 32 ans d’expérience de praticien, insiste pour examiner le bébé, avant de le mettre dans la salle de néonatologie. Il l’ausculte à l’aide de stéthoscope et contrôle également sa température.
Résultat: le nourrisson est fiévreux avec une température de 34°, donc bien en dessous de sa température normale variant entre 36 et 37° Pour les pédiatres un bébé en dessous d’une température de 34° a froid et est infecté dans la plupart des cas.

Le Dr Zoumana Traoré s’en charge immédiatement. Il le met sous une lampe chauffante pour réguler sa température et l’alimente en oxygène à l’aide de respirateur. Ces équipements requis dans une salle de néonatologie permettent de sauver des vies.

Le jeune faisant fonction d’interne devrait-il tenter d’assurer la prise en charge seul sans le concours de pédiatres expérimenté ? Certainement pas. Pour corriger cette suffisance du jeune interne sans le heurter, le Dr Zoumana Traoré lui fait prescrire ordonnance d’antibiotiques pour le petit. Ce qui lui permettra d’avoir une idée plus ou moins nette de ce qu’il faut faire en face d’une détresse respiratoire.

Le père inquiet du sort de son enfant, s’essuie le front au passage du Dr Zoumana Traoré. « va t-il s’en sortir docteur ? ». Rassuré par le toubib, le père du nouveau-né, peut se diriger vers la pharmacie hospitalière où il devrait certainement payer les médicaments. Au retour son enfant avait déjà retrouvé sa respiration normale. Les médicaments prescrits feront le reste.

B.D



KATI: LE QUARTIER MALAYSIEN EN CHANTIER

Le groupe Markmore a réalisé des « maisons témoins » sur le site des 1008 logements sociaux de Yirimadio.

Sur les 2000 logements sociaux prévus dans cette ville, une première tranche de 100 maisons sont en construction.

Lundi 27 août 2007. Nous sommes en pleine saison pluvieuse. Le temps se fait menaçant à Kati. De gros nuages obscurcissent le ciel. Mai cela n’empêche pas les habitants de la ville garnison de vaquer à leurs occupations. Érigée en commune en 1958, Kati est peuplée de plus de 100.000 habitants. A quelques encablures du lycée Mamby Sidibé situé au quartier Kôko-plateau extension, poussent des nouveaux logements au milieu des arbustes touffus et des herbes hautes. C’est le chantier des 2000 logements sociaux de Kati.

A l’entrée du site, une banderole annonce que le chantier est tenu par Metro Ikram, une entreprise malaysienne. Une centaine de manœuvres, maçons, ferrailleurs, techniciens, tous des Maliens, sont à pied d’œuvre. Idriss Konaté, un jeune technicien en construction bâtiment, dirige le chantier sous la supervision d’un technicien malaysien et deux représentants de l’administration. Les travaux portent sur une première tranche de 100 maisons.

RYTHME SOUTENU

C’est en février dernier que les travaux de cette première tranche ont débuté. Après un démarrage difficile suivi par un arrêt des travaux pendant un moment, il faut dire que le chantier avance aujourd’hui à un rythme soutenu. C’est le constat fait par notre équipe de reportage lors de son passage sur le site. Les travaux battaient leur plein. Tout se passait dans une ambiance bon enfant. « Les travaux se poursuivent ici normalement. Vingt maisons sont entièrement finies. Nous sommes en train de faire les enduits de 19 autres« , assure le chef du chantier. L’entreprise doit achever tous les travaux d’ici à novembre prochain. Mais le chef du chantier n’est pas tout à fait optimiste. « Je ne pense pas si les maisons puissent être achevées au mois de novembre. Il faut reconnaître que les travaux ont pris de retard. Car le chantier était arrêté pendant un moment« , relève-t-il.

Le technicien explique ce retard par le fait que l’entreprise est très exigeante sur la qualité des travaux. En effet, elle ne laisse rien au hasard. « Nous mettons beaucoup l’accent sur la qualité, c’est pourquoi les travaux ont suivi un rythme très lent au départ« , commente-t-il. Le chef de la subdivision de l’urbanisme et de l’habitat de Kati, Amadou Diallo est séduit par le savoir-faire de l’entreprise malaysienne. « Nos amis malaysiens sont en train de faire un travail formidable. Il faut reconnaître que tout est soigneusement fait. Rien qu’à voir ces maisons, elles sont bien bâties et très jolies« , apprécie-t-il avant de déplorer la lenteur des travaux.

« Ces logements devraient normalement être remis à l’État au moment où nous en sommes. Ce n’est pas le cas et nous attendons encore. Le mieux est que ce chantier soit achevé pour espérer la construction d’autres logements. Parce qu’il faut reconnaître que la demande est très forte en ce moment« , explique-t-il. Du côté de la direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat, un responsable a déclaré que la pénurie du ciment était à la base de l’arrêt des travaux sur le chantier. « La pénurie du ciment a beaucoup handicapé le chantier« , déplore-t-il.

Aujourd’hui le ciment est stocké en vrac au chantier de l’entreprise malaysienne qui ne semble confrontée à aucun problème. Les travaux se poursuivant à un bon rythme, le chef du chantier ne peut que s’en réjouir. « Il reste à faire les enduits, après nous allons commencer les travaux d’aménagement des cours et des clôtures. On a accusé du retard et on n’a plus de temps à perdre« , assure-t-il. Pour ne pas connaître de pénurie de briques, l’entreprise malaysienne a installé sur le site une petite unité de fabrication de cette matière. Celle-ci emploie une dizaine d’ouvriers et produit en moyenne 150 briques par jour. Les manœuvres qui travaillent sur le chantier sont pour la plupart des journaliers qui perçoivent chacun 1500 Fcfa par jour entre 8 heures et 17 heures. Au-delà du temps normal de travail, ils gagent 500 Fcfa par heure.

MAISONS TÉMOINS

Les 54 logements en chantier sont tous de type F3 B en dalle comprenant deux chambres, une toilette, une cuisine, une cour bien arriérée. Ce nombre peut paraître peu quand on sait que l’entreprise malaysienne envisage de construire 2000 logements à Kati. Sans compter les milliers d’autres qui sont annoncés à Bamako et à l’intérieur du pays. « Il n’y a pas de doute, on va construire 2000 logements à Kati. On a commencé par une tranche de 100 maisons qui sont en phase de finition. Après on va débuter une autre tranche de 100. Au finish on va réaliser les 2000 logements« , explique Ismaël Baba Cissé, un responsable de la société malaysienne.

Ce dernier confirme un démarrage difficile du projet. « Nous ambitionnons de construire des milliers de logements sociaux pour les Maliens. C’est un projet très ambitieux et il va de soi que le démarrage ne pouvait pas être facile. Aujourd’hui, tout va bien et les travaux avancent à grand pas sur le chantier« , assure-t-il.

Tous les regards sont maintenant fixés sur l’entreprise malaysienne dont les logements permettront à nos milliers de compatriotes de réaliser leur rêve de posséder un toit. _ Ces logements seront-ils attribués dans les mêmes conditions que ceux précédemment construits ? Les candidats ont-ils commencé à déposer leurs dossiers ? Pour le moment aucune précision n’est disponible ni du côté de l’entreprise malaysienne ni du côté de l’Office malien de l’habitat. « Pour le moment aucune condition n’a été dégagée. Cette question n’est pas encore à l’ordre du jour« , a indiqué Ismaël Baba Cissé de Metro Ikram. C’est le même son de cloche du côté de l’Office malien de l’habitat. Les deux parties semblent, pour le moment, préoccupées par la construction des maisons.

Pour séduire la clientèle, le groupe Markmore a réalisé des « maisons témoins » sur le site des 1008 logements sociaux de Yirimadio. Elles peuvent être visitées par le public tous les jours. Il s’agit de logements en dalle de type F3 B de 2 chambres, un salon, une cuisine, une toilette intérieure et de type F4 B de trois chambres, un salon, deux toilettes intérieures et une cuisine. Ces maisons modèles ont toutes une arrière-cour gazonnée et une cour couverte de dalles liées par des fils de gazon. Les Maliens désireux de devenir propriétaires, peuvent confronter leur rêve avec les prototypes de Markmore à Yirimadio.


M. KEITA

Partenariat public-privé: Plus de 100 000 nouveaux logements attendus

Pour répondre aux aspirations de chaque Malien de vivre sous son propre toit, le gouvernement a adopté et engagé une stratégie nationale de logements à prix modérés. C’est dans ce cadre qu’a été exécuté un programme de 3500 logements sociaux sur une durée de cinq ans. Grandes villes comme localités secondaires ont été concernées par cette opération immobilière.

Conscient du fait que l’État ne peut pas à lui seul satisfaire les besoins de nos compatriotes en logements, le gouvernement a fait appel au secteur privé. C’est ainsi que la Société d’équipement du Mali (SEMA) et la société immobilière Ifabaco ont réalisé respectivement 406 et 160 logements à Bamako qui ont été récemment remis à leurs bénéficiaires. Aujourd’hui, c’est l’entreprise malaysienne Metro Ikram basée à Bamako, qui a engagé la construction de 100 000 logements sociaux. Elle a signé un protocole d’accord le 12 mars 2005 avec le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme. Un acte d’actionnaires entre l’Office malien de l’habitat et la société « Métro Ikram » signé le 25 novembre 2005 fixe la réalisation de la première phase du programme sur la base de 7000 maisons par an pendant les deux premières années et 6000 la troisième année.

Cette première phase de trois ans va de 2005 à 2008. Le lancement de la réalisation de la première tranche de 7000 a eu lieu en juin 2006 en présence du ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Modibo Sylla, et de son homologue de la Promotion des Investissements et de Petites et Moyennes Entreprises, Ousmane Thiam. La partie malaysienne était représentée par le président directeur général de Markmore, Tan Sri Halim Saad, le directeur de « Metro Ikram », Anwar Mohamed, le vice-président de « Mali Malaysia Investment Corporation », représentant de « Metro Ikram » au Mali, notre compatriote Ismaïl Baba Cissé.

Au cours de cette cérémonie, les deux parties ont conclu un accord portant sur la réalisation, pendant la première phase, de 2000 logements à Kati-Koko extension sur les 7000 prévus. Ces logements construits sur une superficie de 100 ha seront de type F3 (15%), de type F3B (60%), des logements de moyen standing de type F4 (20%) et enfin des logements de haut standing de type F5 (5%). La convention prévoit que les 2000 logements de Kati-Koko extension seront financés par la société malaysienne.

Par contre les infrastructures hors site, notamment l’eau et l’électricité, sont à la charge du gouvernement. Les différents types de maisons ont été conçus en collaboration avec les services techniques chargés de l’habitat. C’est en mars dernier que le président de la République Amadou Toumani Touré a officiellement lancé le gigantesque projet de construction des 7000 logements de Kati à l’occasion de la remise des clés de 20 logements sociaux. L’entrepreneur malaysien a déjà entamé les travaux de la première tranche de 2000 logements.

M.K. M


MILLENIUM CHALLENGE ACCOUNT MALI : LES STRUCTURES SE METTENT EN PLACE


Ce programme accorde à notre pays un financement de 244 milliards de Fcfa. Et porte sur trois projets : l’aménagement agricole, l’industrie et le transport aérien.


« La nouvelle approche de l’aide américaine est d’aider les pays en développement à faire au lieu de faire à leur place. » Condoleeza Rice, la secrétaire d’État américaine, a résumé ainsi la philosophie qui sous-tend le Millenium challenge corporation. C’était lors de la cérémonie de signature, le 13 novembre 2006 à Washington, du document accordant à notre pays un financement de 244 milliards de Fcfa dans le cadre de ce programme. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Moctar Ouane et le directeur exécutif du Millenium challenge corporation, John Danilovitch ont apposé leurs signatures au bas du document en présence du président de la République Amadou Toumani Touré et de la secrétaire d’État Condoleeza Rice.

Le Millenium challenge corporation est un programme créé par les États-Unis pour appuyer les pays qui réalisent des progrès dans les domaines de la bonne gouvernance et de la lutte contre la pauvreté. L’Amérique compte le Mali parmi ces pays. « Chaque pays est jugé suivant les critères de bonne gouvernance, de lutte contre la pauvreté et de progrès économique. Le Mali est l’un des premiers pays à remplir ces critères« , constate Jon C. Anderson, le directeur du Millenium challenge corporation au Mali qui explique que les États-Unis se basent sur des données fournies par des organisations internationales pour juger les performances des pays. « Pour éviter d’être juge et partie, nous utilisons les données des organisations comme l’OMS, l’Unicef, la Banque mondiale, le FMI et même le gouvernement, précise Jon C. Anderson. Ce sont des informations disponibles pour tout le monde. Nous ne faisons pas de collecte de données. Comme ça on ne peut pas nous taxer de manipuler les informations. »

Sur la fiche de notation du Millenium challenge, il ressort que dans le domaine de la bonne gouvernance, notre pays affiche des scores au dessus de la moyenne. Pour ce qui est de la lutte contre la pauvreté, nous avons des progrès à faire en ce qui concerne l’éducation des filles. Dans le cadre de la libéralisation de l’économie, les frais de création d’une entreprise et la législation du commerce sont des domaines à améliorer.

Après avoir été déclaré éligible, notre pays a proposé plusieurs parmi lesquels les Américains ont retenu trois : le projet d’irrigation d’Alatona, le projet d’amélioration de l’aéroport et le projet de parc industriel. Le projet d’irrigation d’Alatona vise à accroître la production et la productivité par l’amélioration du système foncier, par la modernisation des systèmes de production irriguée, et en atténuant les incertitudes liées à une agriculture de subsistance tributaire de la pluie. Le plus vaste des trois projets du Millenium challenge account, sa réalisation nécessite un financement de 234,6 millions de dollars (122,3 milliards de Fcfa). A Alatona, dans la zone Office du Niger, 16.000 hectares seront aménagés. Au total, 33 villages seront concernés. Et pas moins de 800 familles seront relogées sur de nouveaux sites car les aménagements toucheront leurs villages.

AMELIORATION DES CONDITIONS DE VIE:

Le Millenium challenge account a tenu à définir avec les populations concernées les types de maisons qu’elles aimeraient habiter sur leurs nouveaux sites. Le déplacement se traduira par une amélioration des conditions de vie des populations qui bénéficieront de centres de santé et d’infrastructures scolaires. Les villageois déplacés pour les besoins du projet seront prioritaires dans la distribution des terres nouvellement aménagées. « Les populations attendent avec impatience le démarrage du projet, assure Jon C. Anderson. Les gens sont intéressés par l’approche du projet consistant à donner des titres fonciers aux petits producteurs. Il leur sera laissé le choix des cultures dans leurs champs. » Plus de 40 000 paysans et ouvriers agricoles ainsi que 100 000 enfants en âge scolaire et leurs familles auront un meilleur accès à une éducation de base, aux services de santé et aux marchés.

Le projet d’Alatona prévoit aussi le bitumage de la route Niono-Gomacoura, longue de 81 kilomètres. Cet axe routier est le principal qui reliera la capitale du riz à des dizaines de petites localités. Son bitumage sera un véritable ouf de soulagement pour les populations. Son état défectueux a occasionné de nombreux accidents qui ont fait plusieurs victimes.

Jon C. Anderson explique que les trois projets du Millenium challenge forment un programme intégré basé sur la valorisation des produits agricoles. « L’agriculture est la base de l’économie du Mali« , constate le directeur du Millenium challenge corporation Mali. Alatona est consacré à l’augmentation de la production et de la productivité de l’agriculture. Le parc industriel est destiné à apporter de la valeur ajoutée aux produits agricoles. Et l’extension de l’aéroport permettra de développer les moyens de transport en vue de l’exportation des produits transformés.

Le projet du parc industriel bénéficie d’un financement de 94,3 millions de dollars (48,4 milliards de Fcfa). Situé dans le domaine de l’aéroport, le nouveau parc industriel mettra en valeur une plate-forme pour des activités industrielles, particulièrement dans le domaine de l’agro-industrie. En offrant des opportunités de transformation des produits agricoles, le parc industriel donnera un coup de fouet à la production. S’ils sont sûrs d’avoir un débouché pour leurs producteurs seront encouragés à produire encore plus. « Pour que le futur parc industriel soit viable, il faut que le coût de l’électricité soit abordable et que l’approvisionnement en produits soit permanent et moins cher« , explique Mahamane Bania Touré, le président du Conseil de surveillance du Millenium challenge account. Des réflexions sont en cours pour trouver des mécanismes permettant de rendre le parc industriel autonome au plan de l’approvisionnement en électricité.

Le projet de parc industriel aura aussi un effet levier sur les réformes nationales dans le secteur du commerce, réduisant les coûts et le temps nécessaire pour immatriculer une entreprise. Le projet envisage aussi de renforcer la gestion et l’efficacité du secteur industriel. _ Plus de 50 000 ouvriers pourront obtenir un emploi dans des secteurs formels grâce au développement du commerce.
Le projet d’amélioration de l’aéroport boostera le commerce en facilitant l’exportation des produits du parc industriel. Il contribuera à la croissance du trafic aérien et à une plus grande efficacité dans la gestion de l’aéroport. Les transits de passagers et de marchandises s’en trouveront améliorés. Un niveau de sécurité plus élevé, un meilleur fonctionnement et une bonne maintenance des équipements de l’aéroport seront assurés.

NORMES INTERNATIONALES

Les travaux porteront sur la réhabilitation et l’extension des pistes existantes, la construction d’un nouveau terminal et de plusieurs bretelles. Il y aura la possibilité de garer de nombreux avions avec la construction de parcs. « Le projet permettra à l’aéroport de Bamako Sénou d’être aux normes internationales pendant au moins 50 ans. Les plus gros porteurs pourront faire du non-stop de Bamako à Johannesbourg« , explique Mahamane Bania Touré.

Avant de lancer les Caterpillar sur le terrain, le Millenium challenge est en train de mener des études qui prendront fin avant la fin de l’année. « Il faut une conception détaillée des projets pour en avoir une idée claire« , énonce Jon C. Anderson qui annonce le début des activités sur le terrain au premier trimestre de l’année prochaine.

Le début effectif des activités est lié aussi à la mise en place des structures de gestion du programme. « Nous sommes en train de préparer un montage institutionnel qui permettra aux différentes structures de se contrôler mutuellement« , explique le directeur américain du Millenium challenge account. L’ensemble des structures est chapeauté par le Conseil de surveillance qui est composé de 6 membres désignés par le gouvernement et 5 autres de la société civile et du secteur privé. Mahamane Bania Touré, le représentant du président de la République, préside le Conseil de surveillance. Le cinq autres membres du secteur public sont : Mme Barry Aoua Sylla, représentant du ministère de l’Économie et des Finances, Aliou Bamba, représentant du ministère de l’Agriculture, Moulaye Chirifi Haïdara, représentant du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Namory Traoré, représentant du ministère de la Promotion des Petites et Moyennes Entreprises et Hady Niang, représentant du ministère de l’Équipement des Transports.

Au titre du secteur privé, sont membres du Conseil de surveillance Mamadou Sinsi Coulibaly, représentant du Conseil national du patronat (CNPM), Hamoudi Sidi Ahmed, représentant de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Bakary Togola, représentant de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali (APCAM). Les représentants de la société civile sont Siriman Traoré du Conseil national des jeunes et Mme Oumou Traoré de la Coordination des associations et organisations féminines (Cafo). Les observateurs sont : Jon C. Anderson, représentant du Millenium challenge corporation (MCC) et Souleymane Dembélé, représentant des Ong chargées des questions environnementales. « Le Conseil de surveillance a tenu sa première réunion lundi 10 septembre« , révèle Mahamane Bania Touré.

Le Conseil de surveillance est chargé de superviser le travail de l’Unité de gestion qui fait office d’exécutif. Il est composé de 10 membres dont 9 ont déjà été recrutés. Le processus de recrutement du directeur général est en cours. L’Unité de gestion sera appuyée par un agent financier et une société chargée de la passation des marchés, tous américains.

L’Unité de gestion aura comme partenaires les comités de bénéficiaires. Il y en aura un pour les bénéficiaires d’Alatona et un autre pour le parc industriel. « Ces deux comités se réunissent deux fois par mois pour évaluer l’avancement des projets », explique Jon C. Anderson. Le Millenium challenge account Mali se prépare activement pour lancer ses projets.


B. TOURE