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Lieu, dont les voies sont insondables, avait ordonné au patriarche Abraham de sacrifier son fils Ismaël. Epreuve certes dure pour un être humain d’immoler son propre fils mais, homme très pieux, Abraham n’hésita guère. Et pendant qu’il s’affairait à la tâche sans y parvenir, Dieu en sa miséricorde, lui envoya un bélier par l’intermédiaire de l’ange Gabriel qu’il égorgea à la place de son fils.

C’est ainsi que chaque année, à travers le monde, les musulmans perpétuent ce geste d’Abraham, dont le summum est le pèlerinage à la Mecque, pour la repentance, le pardon des fautes, le rachat des péchés. Pour montrer toute l’importance de cet acte de piété, notre prophète bien aimé Mohammad (PSL) a égorgé un mouton à la Mecque en l’honneur de tous les fidèles musulmans qui n’auraient pas le prix de l’agneau du sacrifice.

L’Aïd El Kébir est une occasion de réjouissance pour tous ceux qui croient en Dieu. C’est un jour de pardon mais aussi de don de soi pour les pauvres et les déshérités, de recueillement. Cependant au fil des ans, on assiste de plus en plus au travestissement du sens de cette fête. Les prêcheurs ont beau s’égosiller et mettre en garde contre les excès et les dépenses ostentatoires, rien n’y fait.

Plus particulièrement à l’approche des fêtes de fin d’année (Noël et Nouvel An) ce sont des débordements en tous genres. Tout au long du mois de décembre, c’est un immense feu d’artifice qui éclaire le ciel. Des bambins à peine sortis de leur cocon, jettent des pétards sous les pieds de leurs pères. Ceux-ci ne disent rien pendant que les boutiquiers se frottent les mains en faisant de bonnes affaires.

En temps normal, ce sont des cortèges de la mort qui accompagnent les mariés dans la chambre nuptiale. Au vu et au su de policiers hilares qui ne pipent mot. On dépense à qui mieux mieux mais la fête finie, adieu le saint. Les mariés se retrouvent entre quatre murs à pleurer leur misère, des cercueils rejoignent le cimetière. Dieu n’aime pas l’ostentation. La nuit du nouvel An, c’est la fête de Bacchus et de Dionysos. La dive bouteille coule à flot, le joint transporte jusqu’au septième ciel, les gos font plonger dans le nirvana.

Dès l’aube cependant, bonjour les dégâts. L’orgie se termine dans les catacombes. Le péché rattrape les fils de Satan. On ne compte plus les morts.Avec 4 morts et 94 blessés, la fête de la Tabaski a été très meurtrière cette année. Cela signifie que loin de la vertu on s’est adonné au vice. A force de réjouissance, on est tombé dans le piège de la libation et des veuleries. On ne commémore plus le geste d’Abraham, on s’adonne à des penchants pervers.

Fini pourtant le temps de l’obscurantisme le jour où Noé a dit à ses contemporains que Dieu va anéantir toute vie sur terre à cause des péchés des hommes. Et ce fut le déluge où il plut pendant quarante jours et quarante nuits. Puis ce fut Sodome et Ghomore.

Pendant que Moïse était encore sur la montagne pour recevoir les tables de la loi, les Israélites fabriquèrent un veau d’or auquel ils vouèrent un culte farouche. Ils durent alors errer dans le désert pendant quarante ans jusqu’à la dernière génération.

Chaque année au temps des juges, les Phillistins se réunissaient dans un temple pour célébrer le dieu Dagon. Samson que Dieu avait doté d’une force prodigieuse, ébranla les murs du temple et ce jour là il tua plus de Philistins qu’il n’en avait tués toute sa vie. On se rappelle aussi les jeux néméens (ancêtres des jeux olympiques modernes) que les Grecs organisaient chaque année en l’honneur d’Héraklès qui avait tué un lion dans la vallée de Nemée.

Les fêtes païennes sont-elles, aujourd’hui, de retour ? Il faut le craindre parce que malgré tous les signes, on reste sourd aux messages des prophètes.

Mamadou Lamine DOUMBIA

12 Décembre 2008