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A la Grande Mosquée de Bamako, le président Dioncounda Traoré a prié pour la paix avant de donner l’assurance à ses concitoyens et au monde sa disponibilité à tout entreprendre pour recouvrer l’intégrité du territoire national

jpg_une-978.jpgLa communauté musulmane de notre pays a célébré samedi la fête d’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du jeûne musulman. En cette occasion de communion et de partage, le président de la République par intérim, le professeur Dioncounda Traoré a assisté en compagnie du Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, du président par intérim de l’Assemblée nationale, Younoussi Touré, des autorités politiques et administratives du District et de nombreux anonymes à la prière dirigée par l’Imam Kokè Kallé à la Grande mosquée de Bamako.

C’était en présence aussi des membres du gouvernement, et des chefs de missions diplomatiques musulmanes accréditées dans notre pays. Dans le sermon adressé à ses coreligionnaires avant le début de la prière, le prêcheur Moustapha Haïdara a développé un thème en rapport avec l’actualité brûlante dans notre pays c’est-à-dire la paix, la cohésion et l’entende entre les frères musulmans. Selon lui, la crise que notre pays traverse ne trouvera sa solution que dans le pardon mutuel et la solidarité dans l’adversité. Il a invité les fidèles à accepter la volonté divine en se soumettant à l’autorité des dirigeants, qui ont été désignés par le Tout-Puissant de conduire la destinée du pays. Il a terminé par des bénédictions pour le retour de la concorde et de l’unité du pays avant de passer la parole à l’imam Kokè Kallé pour diriger la prière.

Après l’office, le président, Dioncounda Traoré et sa délégation ont eu d’abord un tête-à-tête avec les autorités religieuses dans un salon de la mosquée puis avec les familles fondatrices de la ville de Bamako dans une autre salle attenante. Si rien n’a filtré de ces entretiens, on peut aisément comprendre qu’il aura été question de l’avenir de notre pays et du rôle que pourrait éventuellement jouer chacun de ces leaders d’opinion dans la recherche de la paix et de la cohésion dont notre pays a tant besoin. S’adressant ensuite à la presse, le président Dioncounda Traoré est revenu sur la situation difficile que traverse le pays. Il a invité ses compatriotes à plus de solidarité, de tolérance et de partage. S’adressant aux Maliens vivant sous l’occupation des djihadistes dans la partie septentrionale de notre pays, Diouncounda Traoré a réitéré le soutien indéfectible à leur cause et celui de l’ensemble des populations du pays. Il a rappelé que la Nation ne saurait oublier un seul de ses fils.

Les dispositions sont en cours pour les libérer de cette souffrance. Dans ce dessein, il a appelé nos compatriotes à l’union sacrée pour permettre au pays de retrouver la plénitude de son territoire. De retour à la résidence après l’office religieux, le président de la République a successivement reçu le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra ; les présidents des institutions de la République, avec à leur tête, le président de l’Assemblée nationale, Younoussi Touré, les directeurs des services de sécurité. Les entretiens avec ces différentes personnalités ont porté au-delà des traditionnels vœux de réussites réciproques sur la situation du pays et les perspectives de sorties de crise. Avec chacun de ses interlocuteurs, le président de la République a plaidé pour un dépassé de soi pour permettre au pays de se retrouver. Dans ce dessein il a demandé l’accompagnement et la bénédiction de tout le monde pour conduire ces challenges. En retour, ses interlocuteurs ont pris l’engagement d’accomplir pleinement leur part de responsabilité. Avec les ambassadeurs des pays musulmans présents à Bamako qu’il a ensuite reçus en sa résidence, le discours était empreint de beaucoup de solennité. Comme à l’accoutumée, c’est le doyen des ambassadeurs accrédités dans notre pays, Abderrahim Ahmed Abou Rabah de l’Etat de Palestine, qui a présenté les vœux au nom de ses pairs.

Le doyen a commencé son discours par un message de compassion et de félicitation à l’endroit à la fois du président et du pays. Il a rendu grâce à Dieu pour le prompt rétablissement du président après son agression dans son bureau de Koulouba et son retour au pays après plusieurs jours de traitement et de convalescence à Paris. Il a salué le président pour son courage, sa bonté et la grandeur d’âme, dont il fait montre en pardonnant à ses agresseurs.

« Vous connaissant comme étant un homme rassembleur avec une longue expérience de militantisme politique, la communauté internationale, vos pairs d’Afrique et de la Oumma islamique, font confiance en votre capacité à coudre le tissu du Mali pour unir les forces politiques et militaires dans le but de conduire la lutte nationale, épaulé et soutenu par les amis et frères du Mali, pour le recouvrement de l’unité et l’intégrité territoriale du Mali et ainsi éviter un embrassement de la sous-région dans un conflit à multiples facettes » a rassuré le doyen des ambassadeurs avant de le féliciter pour la formation d’un gouvernement d’union nationale devant conduire la transition et l’organisation des futures élections démocratiques qui mèneront à la stabilité. Abderrahim Ahmed Abou Rabah a en outre rappelé la place prépondérante du Mali dans la sous-région. Selon lui, notre pays se distinguait dans la sous-région par la paix, la sécurité et la stabilité de sa démocratie à l’intérieur de ses frontières. Mais depuis le début de cette année, il fait face à une agression des groupes et forces extérieures amputant le pays de sa partie nord.

En conséquence, le pays souffre et les populations du Nord se trouvent dans l’obligation de se déplacer au Sud du pays et ou se réfugier dans les pays voisins. Les amis du Mali ne peuvent pas rester insensibles à une telle situation. « Nos cœurs et nos âmes souffrent du sort réservé aux populations du Nord, mais aussi à celles du Sud où des différends politiques divisent la classe politique et sociale laissant place à des violences contraires aux valeurs culturelles du Mali mais aussi contraire aux normes démocratiques pratiquées par la communauté internationale. » a t-il expliqué. La boucle a été bouclée par le personnel de la sécurité rapproché et les voisins du quartier. Avec ses proches, Dioncounda Traoré s’est montré disponible à l’écoute. Avec les hommes chargés de sa sécurité, il leur a dit qu’il est très sensible à leur métier. Mais, qu’ils s’assurent qu’il a un regard attentif sur chacun d’eux, qu’ils peuvent également compter sur sa disponibilité.

Amadou O. Diallo

L’Essor du 21 août 2012