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Sur une dizaine de villes qui accueillaient le festival « Etonnants Voyageurs », cette année elles ne sont que trois à abriter l’événement. Les problèmes financiers sont les raisons avancées.

Premier festival du livre francophone subsaharien, le festival « Etonnant Voyageurs » s’est ouvert hier (17 au 23 novembre). L’événement, dirigé par Moussa Konaté, directeur de la Maison d’édition « le Figuiers », a pour objectif de contribuer à la vie du livre au Mali et de faire tous les deux ans le point sur l’actualité littéraire, tant des auteurs africains publiant en France que des auteurs publiant en Afrique, afin de permettre à chacun de mieux percevoir, dans un esprit de tolérance et d’ouverture les évolutions de la littérature contemporaine, les débats d’idées qui l’agitent, les courants de sensibilités qui se font jour.

De ce fait, il fait en sorte que le festival « soit autant que possible l’affaire des Maliens eux-mêmes et, au-delà, des Africains, et en prenant bien garde que les écrivains conservent la conduite du festival ».

Samedi dernier au Palais de la culture Amadou Hampaté Bâ, Moussa Konaté, co-directeur du festival, et Maette Chantrel, directrice adjointe, ont donné suffisamment d’informations sur sa tenue. Pour cette édition, M. Konaté et Maette Chantrel, ont déploré que le festival n’aura pas l’envergure et l’engouement des années précédentes. La rencontre qui se tenait dans 10 villes du pays ne sera organisée que dans 3 villes : Mopti, Nioro et Bamako. Le 18 novembre, il sera à Mopti avant de s’implanter du 20 au 23 au Palais de la culture après Nioro.


Difficultés financières

Avec seulement 30 % des fonds acquis, il est difficile, selon les conférenciers, de l’élargir à toutes les villes. Raisons avancées : les difficultés financières. A en croire les conférenciers, les partenaires – Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ministère français de la Culture et département de la Culture malien qui constituent le gros des bailleurs – n’ont pas mis la main à la poche. « Ils ont avancé des problèmes de trésoreries ».

Si la position de l’OIF et de la France était connue d’avance, celle du ministère malien de la Culture, à leurs dires, ressemble à une volte-face. « Il nous avait promis les 20 millions qu’il nous donnait, mais à la dernière minute on nous a informé qu’il y a plus de sous ». Ceci, ont-ils souligné, ne veut pas dire que le festival ne va pas se tenir. « Malgré ses difficultés on va essayer de faire avec les moyens de bord ». Conséquences : C’est Mopti et Bamako qui sont retenus pour les festivités grâce au précieux soutien du Conseil général d’île-et-Vilaine.

L’étape nioroise est prise en charge par l’Association des mises en valeur des cultures. Beaucoup d’écoles n’auront pas de livres. « Le nombre d’auteurs invités a été limité ». Toutefois, malgré la crise financière, les centres et espaces culturels E. Leclerc, partenaires fidèles du festival de Saint-Malo, sensibles à la démarche au Mali, qui apportent depuis 2005 une aide massive, distribueront aux bibliothèques publiques des villes 7000 ouvrages des 20 000 donations commencées en 2005.

Moussa Konaté et Maette Chantrel ont affirmé pourtant ne pas désespérer. « A chaque édition nos déficits sont comblés par le président Amadou Toumani Touré. Nous allons le voir et lui soumettre la situation ».


Les éditions Jamana se taille la part du lion

Pour une quarantaine d’auteurs nationaux maliens invités pour le 7e festival « Etonnants Voyageurs » de Bamako, les auteurs édités par Jamana et invités par le festival sont estimés à 13 auteurs. Ce qui fait que les Editions Jamana se positionnent en tête des maisons d’éditions maliens et africaines à cette édition. Les auteurs étrangers sont au nombre de 15.

Amadou Sidibé

18 Novembre 2008