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Du 28 janvier au 1er février 2009, Ségou, la capitale du royaume Bambara, la ville aux 4444 balazans plus le balazan bossu, abritera la 5e édition du festival sur le Niger. En prélude à cette manifestation qui s’impose au fil des années, son directeur Mamou Daffé était le 23 janvier 2009 devant la presse à la maison du partenariat Bamako-Angers. Au cours de la conférence de presse, il a levé le voile sur les innovations de cette année.

Pour la 5e année consécutive, comme pour joindre l’utile à l’agréable, les organisateurs du festival sur le Niger ont décidé de faire coïncider l’évasion, le divertissement avec des grandes réflexions sur le développement durable.

Mamou Daffé, directeur du festival sur le Niger qui était entouré pour la circonstance du Dr. Mamadou Fanta Simaga, parrain du festival et du Dr. Hamidou Magassa a indiqué que Ségou terre de culture, riche de son passé et ouverte sur le monde, deviendra pendant 5 jours la scène d’un festival multidisciplinaire où se rencontrent les arts et les peuples.

Selon lui, après les 4 éditions, le festival sur le Niger ouvre une nouvelle fois les portes de Ségou et s’apprête à offrir un spectacle unique sur le fleuve et ses berges du 29 janvier au 1er février 2009. Au titre des innovations de cette édition, il a annoncé que l’organisation du festival a décidé cette année de se mettre en «mode solution».

Et pour cela, le thème global de cette édition est : «solutions environnementales». Le forum à caractère scientifique qui a lieu à chaque édition sur le «savoir local et développement», va cette année se pencher sur trois sous thèmes : «Savoir local et environnement», «Identité culturelle et globalisation» et «identité culturelle et migration».

Comme d’habitude, à côté de ce forum, il y aura les manifestations traditionnelles placées cette année sous le sceau de «Ségou accueille Mopti et Tominian». En plus de toutes les danses et manifestations traditionnelles du cercle de Ségou, les organisateurs du festival ont décidé de faire un focus sur les danses traditionnelles de Mopti, en sa qualité de région invitée et de Tominian au titre de cercle invité.

La traditionnelle exposition d’art est cette année placée sous le thème de l’«amour». Selon Mamou Daffé, cette année, ce sera une rencontre internationale des artistes plasticiens du Mali et d’ailleurs dans la galerie «Koré» au quai des arts.

Mais, à côté de cette rencontre, les visiteurs auront l’opportunité de voir une exposition des œuvres du célèbre sculpteur du Mali, Amahiguiré Dolo, dans son centre d’exposition «Anemy Sculpture». Il a aussi annoncé la foire internationale de Ségou qui a lieu chaque année dans le cadre du festival sur le Niger.

Il a estimé que cette année comme cela a toujours été le cas, l’imagination et la créativité des artisans et des agriculteurs de la région, du pays et des pays limitrophes du Mali, sera au rendez-vous. L’activité phare, le concert sur le fleuve Niger qui va occuper 4 nuits a été programmée pour recevoir des grands artistes.

Le concert du vendredi 30 janvier va enregistrer la participation du groupe «Atlantida» du Portugal, pays invité à la 5e édition. A côté des portugais, les festivaliers pourront assister aux prestations de Haïra Harby, Adja Soumano, les Amazones de Guinée, Babani Koné et Oumar Koïta.

Le concert du Samedi 31 janvier sera animé par des artistes comme vieux Farka Touré, Mamar Kassey du Niger, Mamadou Diabaté dit «Djélikedjan» qui vient des Etats-Unis d’Amérique, Coumba Gawlo Seck du Sénégal et la diva Oumou Sangaré. Le dimanche 1er février, le concert de clôture sera animé par le groupe Pibo Marquez de Venezuela, Abdoulaye Diabaté, Mangala Camara et Neba Solo.

Mais, pour cette 5e édition, l’une des innovations est «le voyage dans les racines du festival». Le 28 janvier, un voyage des festivaliers à M’pèba, lieu de résidence de Djéli Banzoumana Cissoko, sera une merveilleuse occasion de rendre un hommage vibrant au «vieux lion», symbole de la musique malienne. Une autre innovation cette année est la cérémonie d’ouverture du festival qui aura lieu dans la nuit du jeudi 29 janvier.

Selon Mamou Daffé, ce sera une soirée riche en couleurs et en sons. «Nous allons assister à la reconstitution d’une soirée de fête traditionnelle Bamabara dénommée ‘’Famakadisongo’’», a-t-il déclaré. Avant d’inviter tous les festivaliers à venir dans les tenues traditionnelles caractéristiques de leur culture.


Assane Koné


L’apport du festival à l’économie locale de Ségou

Mamou Daffé a déclaré qu’il est incontestable que le festival sur le Niger en 4 éditions a beaucoup apporté à l’économie locale de Ségou et environ. Selon lui, en 4 éditions, se sont environ 1,248 milliards de nos francs qui ont été injectés dans l’économie de Ségou à travers le budget du festival. De la création du festival à la date d’aujourd’hui, son directeur a estimé que ce sont au moins 150 entreprises locales qui ont travaillé avec les organisateurs de la manifestation.

Selon lui chaque année ce sont au moins 200 familles de Ségou qui sont sollicitées pour héberger des festivaliers. Il a estimé le nombre d’emplois indirects créés dans le cadre du festival, à 1783 et celui des emplois directs à 75. Si en 2004, la capitale de l’ancien royaume Bambara n’accueillait que 1 500 touristes, l’année dernière se sont au moins 15 000 touristes qui ont séjourné à Ségou.

Et comme chaque touriste dépense au moins 70 000 F Cfa par jour, cela n’est pas négligeable pour l’économie locale. Mamou Daffé a estimé aussi que le festival sur le Niger a favorisé la renaissance du banco rouge très caractéristique de la ville de Ségou.

Selon lui cette renaissance a augmenté l’attrait de la ville sur les touristes. «Ségou est désormais une destination et non une ville de transit», a-t-il déclaré. Si au départ du festival, la ville n’avait qu’une dizaine d’hôtel, le directeur du festival sur le Niger a indiqué qu’aujourd’hui, elle compte une trentaine. Pour tout cela, il dira que le festival est un programme structurant qui a un impact diffus dans toute la 4e région. «Ségou à travers son festival produit un rayonnement de notre pays dans le monde», a-t-il conclu.

A. K

26 Janvier 2009