Partager

En décembre 2009, la capitale sénégalaise abritera la troisième édition du Festival mondial des arts nègres (FESMAN 3). Depuis la première édition du festival, la décision a été prise de faire la jonction entre la fête matérialisée par les manifestations culturelles et la réflexion symbolisée par l’organisation d’un colloque.

En 1966, pendant la première édition, les intellectuels africains et de la diaspora ont été conviés à Dakar pour réfléchir sur le thème « Significations de l’art nègre dans la vie du peuple et pour le peuple ». La deuxième édition organisée en 1977 à Lagos au Nigeria a traité du thème « Civilisation noire et éducation ».

Dans le cadre de la troisième édition du FESMAN, il a été décidé que le thème du colloque sera « Renaissance africaine et diversité culturelle ». Notre pays a été choisi pour abriter les travaux préparatoires de ce colloque.

Le mercredi 16 juillet 2008, au Centre international de conférence de Bamako, Mohamed El Moctar, ministre de la culture du Mali et Mame Birame Diouf, ministre de la culture, du patrimoine historique classé, des langues nationale et de la francophonie du Sénégal, ont co-présidé la cérémonie d’ouverture de l’atelier qui a regroupé plus d’une cinquantaine d’éminents universitaires, écrivains, artistes et communicateurs africains.

L’ancien ministre malien Adama Samassékou, Président de la commission internationale « organisation et méthode » du FESMAN, s’est réjoui du choix du thème du colloque dans le cadre de la 3ème édition du FESMAN. Il a estimé que plus qu’hier, le thème de la renaissance africaine est d’actualité dans un monde où tout est mis en œuvre pour nier à cette partie du monde la contribution exceptionnelle qu’elle apportée à l’humanité.

Pour sa part, le Professeur Iba Der Thiam, vice Président de l’Assemblée nationale du Sénégal et Président d’honneur du comité scientifique du FESMAN 3, a estimé que les Africains ont un passé réel qui doit faire leur fierté.

« Nous ne sommes pas les damnés de la terre. Nous avons beaucoup apporté au monde et nous devons le crier pour que tout le monde nous entende », a-t-il déclaré. En sa qualité de coordonnateur général du FESMAN 3, Alioune Badara Bèye, sans ambages, a estimé qu’ils sont venus au Mali pour s’abreuver à la source inspiratrice des figures de proue du panafricanisme.

« Qu’il s’agisse de leaders politiques comme Modibo Keita ou d’hommes de culture comme le sage Ahmadou Hampaté Bâ, d’illustres écrivains comme Massa Makan Diabaté ou Alpha Mandé Diarra ou, encore, de cinéastes qui font notre fierté comme Souleymane Cissé et Cheick Oumar Sissoko, la liste est longue des fils du Mali qui ont fait de la construction de l’unité africaine un sacerdoce », a-t-il déclaré.

Avant d’ajouter que l’objectif ambitieux sera le projet d’argument de trouver dans les valeurs fondamentales et les ressources de l’Afrique, les moyens de la construction de la modernité africaine.

Pour cela, il dira que le thème du colloque de la 3ème édition du FESMAN poursuivra la réflexion pour l’action qui devra assumer la pluralité de l’Afrique et en faire l’humus fécondant sur lequel émergeront un nouvel esprit du développement et un nouvel humanisme respectant et harmonisant les différences géographiques, linguistiques culturelles et physiques.

Pour sa part, Mohamed El Moctar, ministre Malien de la culture a estimé que quelle que soit la rigidité des frontières et quelle que soit la rigueur des textes, rien n’arrêtera le Mali dans sa volonté de construire l’unité africaine. Le ministre sénégalais de la culture, du patrimoine historique classé, des langues nationale et de la francophonie, Mame Birame Diouf, a rappelé que le Mali et le Sénégal ont toujours été à la pointe du combat contre la balkanisation de l’Afrique.

Selon lui, même si les vicissitudes de l’histoire n’ont pas permis la survie de la Fédération du Mali, celle-ci a été consacrée par l’histoire comme un choix lucide et prophétique que l’Afrique doit méditer, avec le recul et la sérénité nécessaires, pour s’en inspirer en l’affinant.

En ce qui concerne l’organisation de la troisième édition du FESMAN, il a indiqué que le vœu du Président Abdoulaye Wade est d’en faire l’affaire de toute l’Afrique et plus particulièrement celle des pays de notre sous-région, appelés à s’unir pour, ensemble, apporter une contribution de qualité à la renaissance africaine.

Pour cela, il dira que l’objectif est de faire de Dakar, la capitale mondiale de la mémoire retrouvée et l’achèvement du génie inventif des noirs. « Nous sommes au Mali, pour, avec ce pays frère, jeter, à travers le colloque du FESMAN, les bases d’une réflexion qui incitera l’Afrique à prendre en mains son destin, afin de se dresser comme un acteur à part entière de la construction du monde », a-t-il déclaré.

Il a indiqué qu’en conseillant le thème « Renaissance africaine, diversité culturelle et unité africaine », le Président Wade a voulu partager sa conviction que l’une des conditions de l’unité africaine, si essentielle à son développement, sera une gouvernance africaine respectueuse des diversités. « Une Afrique faisant de la mise en synergie des identités et des talents son arme, pour des conquêtes sociales, économiques et scientifiques les plus avancées et pérennes », a-t-il déclaré.

Deux réunions du comité international d’orientation ont permis, à partir des projets pertinents soumis par la commission préparatoire, de baliser les pistes essentielles de la réflexion.


Assane Koné

18 Juillet 2008