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Le village de Nyamina vient de vivre trois jours d’intenses activités artistiques et culturelles à l’occasion de la 5è édition du festival international de Nyamina.

Les habitants de la localité et ceux des villages environnants ont réservé aux festivaliers un accueil populaire et enthousiaste. Les chasseurs traditionnels se sont eux aussi joints à la fête.

Parmi les personnalités présentes, on notait la présence de l’ancien Premier ministre Mandé Sidibé, parrain de cette 5è édition, du professeur Youssouf Tata Cissé, du doyen Cheick Mouctary Diarra (ancien directeur général de l’AMAP) et du directeur du festival, Souleymane Cissé. Des délégations étaient venues de Guinée, du Bénin, du Sénégal et du Niger.

Trois jours durant, le petit village a vibré au son des musiques traditionnelles. Le festival s’est aussi mis service du développement à la base à travers la promotion de la photographie et du cinéma. Le Syndicat national des professionnels du métier de l’image (Synapromim) a ainsi présenté une exposition de photos sur le thème de l’eau.

Selon le secrétaire à l’organisation du Synapromim, Amadou Baba Cissé, le syndicat entend mettre la photographie au service du développement de Nyamina. A cet effet, il a sollicité du maire de la localité, Bourama Sacko, un terrain pour construire une galerie d’exposition. Les festivaliers ont, par ailleurs, beaucoup appris de l’histoire de Nyamina, sa place et son apport économique au Royaume de Ségou.

Le festival aura été l’occasion pour le professeur Youssouf Tata Cissé de mettre en exergue les enjeux du développement de la localité au cours d’une conférence-débat organisée sur les berges du fleuve Niger.
Le conférencier a expliqué que la commune de Nyamina est une zone agro-pastorale par excellence. Elle regorge de potentialités propres à lui permettre d’amorcer son développement. Il a exhorté les autorités communales et les populations à conjuguer leurs efforts pour développer la commune.

Pour le moment, Nyamina manque d’infrastructures routières et sanitaires. Les pistes rurales sont dans un piteux état. Il faut ainsi de longues heures pour rallier le village Sirakoro distant de Nyamina de seulement 60 kilomètres.

Par ailleurs, les 220 mètres de digues construites par l’Autorité du bassin du fleuve Niger (ABFN) pour protéger les berges du fleuve de l’érosion ont aujourd’hui cédé, a indiqué Bourama Sacko.

Pour lui, le festival apparaît donc comme une aubaine inespérée. « Grâce à cette manifestation, Nyamina est aujourd’hui mieux connu à l’extérieur. Nous espérons aussi que l’accompagnement des plus hautes autorités ne nous fera pas défaut pour désenclaver notre commune », a-t-il souhaité.

Des diplômes de participation et des prix d’encouragement ont été décernés aux jeunes vidéastes dont les reportages sur le thème de « l’eau » ont été projetés tout le long du festival.

Le premier prix doté d’une enveloppe de 150 000 Fcfa a été décerné à Moustapha Diallo de Bamako pour son film « Djiko » (Histoire d’eau). Moussa Keïta de Bamako a décroché le deuxième prix et 100 000 Fcfa pour son film intitulé « Avant qu’il ne soit trop tard ».

Idrissa Ouattara de Sikasso s’est classé à la troisième place sur les 7 candidats inscrits à ce concours. Avec son film « Le rôle de l’eau », il gagne 50 000 Fcfa.
Le prix de la reconnaissance a été décerné au représentant de la Guinée, Dansogo Camara, pour son engagement en faveur du développement du cinéma africain.

Une course de pirogues et la visite du mausolée de Sory Cissé, un talibé qui a marqué la l’histoire de Nyamina, ont été les autres temps forts de la manifestation. Vivement la prochaine édition.

M. KONATE

11 Décembre 2008