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La 9è édition au Festival au désert a été officiellement lancée le 13 décembre dernier. La cérémonie s’est déroulée au Centre culturel français de Bamako en présence de trois ministres : N’Diaye Ba (Tourisme et Artisanat), Abou-Bakar Traoré (Finances), Sékou Diakité (Développement social, Solidarité et Personnes âgées).

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Le Festival au désert qui se déroule chaque année à Essakane, une localité située à 70 km au nord de la mythique ville de Tombouctou est, selon nombre de spécialistes, l’un des plus grands en Afrique en la matière. Ses deux dernières éditions ont attiré pas moins de 25 000 festivaliers venus du monde entier. Des sommités mondiales de la musique se sont ainsi produites sur les dunes à la lisière du Sahara.

Mais plus qu’un événement festif, le festival d’Essakane est une occasion de rencontres, d’échanges et de découverte. Le festival est la version modernisée d’une manifestation traditionnelle qui a traversé les âges. En effet, les tribus touarègues dont les promoteurs du festival actuel sont des descendants, ont coutume d’organiser à la fin de chaque période de transhumance des rencontres dites « temakannit » ou « takubelt » dans la langue tamasheq.

Au cours de ces rencontres ponctuées de chants, de danses, de compétitions dans le maniement du sabre, on célèbre le meilleur troupeau. Comme le font les Peuls du Delta du Niger. Tous les litiges et différends sont réglés sous les tentes autour d’une partie de thé, en partageant un méchoui.

Certes, avec les sécheresses de ces dernières décennies, les troupeaux se sont réduits comme peau de chagrin. Mais la communauté touarègue a maintenu cette bonne tradition, tout en essayant de s’adapter à la nouvelle donne mondiale. C’est dans cet esprit qu’à chacune des éditions du Festival, Manny Ansar, le promoteur de la manifestation et ses amis font cohabiter en l’espace de trois jours, des stars de la culture universelle et des artistes nationaux et locaux.

La soirée de lancement a été marquée par les prestations du groupe Tartit, premier ensemble musical de femmes touarègues, de Habib Koité qui n’est plus à présenter au public malien et aux amateurs de la World music et celle d’un jeune groupe de Kidal.

La projection d’un documentaire sur le chemin parcouru et les ambitions du Festival du désert a été très édifiante pour le public sélect convié au Centre culturel français.

G. A. DICKO

Essor du 18 Décembre 2008