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L’édition de cette année a été celle du triomphe d’une jeune génération de cinéastes africains.Tous les lauréats sont dans la tranche d’âge 30-35 ans

Le Palais des sports de la ville de Ouagadougou a abrité, samedi soir, la cérémonie de clôture de la 27è édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).

Une cérémonie coprésidée par les présidents Roch Mack Christian Kaboré du Burkina et Macky Sall du Sénégal, dont le pays était l’invité d’honneur. Le clou de l’évènement fut la proclamation des résultats, dont le plus attendu était l’étalon d’or du Yennenga.

Le président du jury de la section long-métrage de fiction, le cinéaste mauritanien Abderrhamane Sissako, a déclaré que le rêve de tout réalisateur africain est de remporter ce prestigieux trophée. Ils ont donc décidé de le remettre au Somalien Khadar Ahmed pour son film : «La femme dufossoyeur».

Tourné en 2021, ce film raconte l’histoire d’un couple amoureux, Guled et Nasra, qui vit avec son fils Mahad, dans les quartiers pauvres de Djibouti. Mais l’équilibre de cette famille est menacé parce que la mère est malade et son mari, fossoyeur, n’arrive pas à gagner assez d’argent pour couvrir les frais de santé.

Ce film relate les batailles d’un homme pour sauver sa compagne, pour garder sa famille unie. Il n’y a pas eu de débat au sein du jury, La Femme du fossoyeur a fait l’unanimité, a déclaré le président du jury, avant de poursuivre : «Ce film raconte l’humanité de façon touchante, raconte la pauvreté mais raconte surtout une histoire d’amour. C’est ça qui est beau, c’est ça qui est fort. Et venant d’un pays difficile qui souffre. Malgré les difficultés de la Somalie, lorsque vient un film comme ça, je trouve que c’est important pour le continent africain, pour le cinéma africain».

Khadar Ayderus Ahmed, 40 ans, n’était pas présent ce soir à Ouagadougou pour recevoir ce prestigieux Étalon d’or de Yennenga du Fespaco 2021. « Pour tout cinéaste africain, c’est le plus beau prix qu’on puisse avoir, c’est toute une fierté», a déclaré Abderrahmane Sissako. D’autant qu’il s’agit du premier film de Khadar Ahmed.

Le triomphe d’une jeune génération

Les femmes sont nombreuses à avoir été mises à l’honneur dans cette édition. Une cinéaste haïtienne, Gessica Geneus, remporte l’Étalon d’argent pour son film Freda. Quant à la Tunisienne, Leïla Bouzid, elle s’est adjugée l’Étalon de bronze pour «une histoire d’amour et de désir».

«La souffrance est racontée dans beaucoup de films que nous avons vus, mais la beauté surtout la force. Et c’est ça le cinéma. Ce n’est pas un cinéma misérabiliste. Même si on rencontre la misère, ce n’est pas misérabiliste du tout. Et c’est porté par une génération jeune. Les différents lauréats ont entre 30 et 35 ans au maximum. C’est nouveau dans le palmarès du Fespaco».

Le film : «La Nuit des rois» de l’Ivoirien Philippe Lacote repart avec le meilleur décor. Côté documentaire, c’est le Burkinabè Moumouni Sanou qui s’est vu décerné l’Étalon d’or pour «Garderie nocturne». L’histoire de Maman Coda qui accueille chaque soir chez elle les enfants des prostituées d’un quartier de Bobo-Dioulasso. Pour le réalisateur, ce prix est donc une immense fierté. L’Étalon d’argent échoit à Aïssa Maïga pour son documentaire «Marcher sur l’eau».

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a déclaré que l’État devait soutenir davantage le cinéma. Quant à son homologue sénégalais, il a confirmé la bonne tendance que lui a même a initiée depuis 2017 qui consiste à donner davantage de financement au cinéma dans son pays.

D’un milliard en 2018, il était passé à 2 milliards en 2020. Il promet d’ajouter encore un troisième milliard au fonds d’appui à l’industrie cinématographique sénégalaise. Ainsi en 2023, les professionnels du cinéma du pays de la Terranga bénéficieront de 3 milliards de Fcfa pour financer également l’exploitation et la distribution. Jusque-là, le financement allait en grande partie à la production.

Quant à notre pays, c’est par l’intermédiaire de Banou Sagou avec son film : «Mon jour de chance», que nous avons obtenu le «1er prix du meilleur film africain des écoles de cinéma».

Youssouf DOUMBIA

LE PALMARÈS OFFICIEL

– Prix d’interprétation masculine : Alassane Sy (Mauritanie) dans ‘’Le père de Nafi’’

– Prix d’interprétation féminine : Zainab Jah (Angleterre) dans ‘’Farewell Amor’’

– Prix du scénario : ‘’Nameless’’ de Mutiganda Wa Nkunda (Rwanda)

– Meilleur décor : ‘’La nuit des rois’’ de Phillipe Lacoste (Cote d’Ivoire)

– Prix de l’image : ‘’This is not a burial, this is a resurrection’’ de Jeremiah Mosese (Lesotho)

– Meilleur montage : ‘’Souad’’ de Amin Ayten (égypte)

– Etalon d’or documentaire/long-métrage : ‘’Garderie nocturne’’ de Moumouni Sanou (Burkina Faso)

– Argent documentaire/long métrage : ‘’Marcher sur l’eau’’ d’Aissa Maïga (Mali/Sénégal)

– Bronze documentaire/long-métrage : ‘’Makongo’’ de Elvis Ngaibino (Centrafrique)

– Poulain d’or documentaire/court-métrage : ‘’Ethereality’’ de Kantarama Gahigiri (Rwanda)

– Argent documentaire/court-métrage : ‘’Je me suis mordue la langue’’ de Nina Khada (Algérie)

– Bronze documentaire/court-métrage : ‘’Nuit debout’’ de Nelson Makengo (RD Congo)

– Poulain d’or fiction/court-métrage : ‘’Les tissus blancs’’ de Moly Kane (Sénégal)

– Argent fiction/court-métrage : ‘’Amani’’ de Alliah Fafin (Rwanda)

– Bronze fiction/court-métrage : ‘’Zalissa’’ de Carine Bado (Burkina Faso)

Source: L’Essor