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“Tourisme et patrimoine culturel”. C’est sous ce thème que l’UNESCO a placé cette 21è édition du Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO), dont la cérémonie d’ouverture s’est déroulée le samedi 28 Février 2009 au Stade du 4 Aout, dans la capitale burkinabé.

A l’ouverture de cette cérémonie, on notait la présence de la Marraine de l’évènement, Mme Chantal Compaoré, du Premier Ministre représentant le Chef de l’Etat Blaise Compaoré, de membres du gouvernement burkinabé, du Maire de Ouagadougou, Simn Compaoré, et du représentant de l’UNESCO.

Ce 40è anniversaire du FESPACO rend surtout hommage au Doyen des cinéastes africains, feu Sembène Ousmane, qui avait beaucoup contribué à l’institutionnalisation et la promotion de ce grand rendez-vous du cinéma africain. C’est pourquoi l’invité officiel du FESPACO de cette année, qui n’est autre que notre compatriote, le Dr Cheick Modibo Diarra, n’a pas manqué de louer les qualités du cinéaste sénégalais disparu qui a participé à toutes les éditions, sauf celle de 2007, année de son décès.

La vision actuelle des organisateurs du FESPACO est de répondre aux aspirations qui animaient les précurseurs de l’évènement, dès les premières années de sa création. Il s’agissait, en effet, de faire du FESPACO, non pas seulement la vitrine du cinéma africain, mais aussi un des “ambassadeurs” les plus représentatifs de la culture africaine à travers le monde. Il s’agissait également de faire en sorte que l’Afrique s’approprie entièrement l’évènement, et que les cinéastes et autres professionnels africains du cinéma puissent vivre couvenablement de leur art.

Au regard même de l’aspect et florissant et de plus en plus exigeant de l’industrie cinématographique, et surtout, de “l’envahissement” du marché du secteur par l’avènement de la technologie Internet et des films vidéo, les productions cinématographiques africaines se doivent aujourd’hui de dépasser le cadre “traditionnel” des courts métrages et des films documentaires, pour se perfectionner et atteindre le niveau des grands films mondiaux, mais tout en respectant le cadre culturel et social africain.

Ce souci est d’autant plus préoccupant que le FESPACO s’est internationnalisé depuis les années pour sortir hors du cadre africain : en témoigne l’affluence, à chaque édition, de toutes les nationalités pour la cause de l’évènement. Ce qui confère une importance et un intérêt tout particuliers au siège du FESPACO.

D’où la reconnaissance du ministre burkinabé de la Culture, de la Communication et du Tourisme, Philippe Sawadogo : “Merci à tous les cinéastes qui nous ont offert le bonheur de choisir notre pays comme lieu de célébration du FESPACO ! ”. L’on comprend mieux qu’il ait également adressé ses remerciements dans toutes les langues de l’Afrique de l’Ouest : moré, bambara, peul, ouolof… Tout comme le Maire de Ouagadougou qui a fait la moitié de son allocution dans un anglais parfait.

En fait, le choix de Ouagadougou, pour abriter les éditions de la FESPACO, est la résultante de l’entente et la convergence de vues qui régnaient entre les premiers cinéastes africains. Il est également dû, quelque part, à l’implication avérée des autorités et cinéastes burkinabés de l’époque (les premières heures de FESPACO)

Le Mali, quant à lui, sera présent à l’évènement avec, en compétition, quatre courts métrages et un long métrage intitulé “Fantan Fanga”. Notons que le voyage de la délégation malienne, qui a quitté Bamako le 27 Février pour Ouagadougou, a été organisé par le Centre National de la Cinématographie du Mali (CNCM). Pour rappel, notre pays avait raflé trois “Etalons d’Or du Yénenga”/ en 1979, avec le film “Baara” de Souleymane Cissé ; en 1983, avec “Finyè“ (toujours de Souleymane Cissé) ; et en 1995, avec “Guimba le tyran“ de CheicK Oumar Sissoko.

Cette année, le mali guigne encore la grande récompense, en misant sur “Fantan fanga” de Adama Drabo. En tout cas, ce cinéaste malien est plein d’optimisme. Selo lui, il est temps de mettre fin à cette absence trop prolongée du Mali sur le podium du FESPACO. ”J’espère qu’à partir de ce film (“Fantan fanga”), tous les deux ans, il y aura, au moins, un film malien. Déjà, que cela soit clair : moi, je vais au FESPACO pour l’Etalon 2009“, assure-t-il dès à présent.

Le geste symbolique, c’est-à-dire le “clap ” traditionnel effectué par le Premier ministre burkinabé sous la plaque portant l’inscription “FESPACO, 21è Edition”, marque ainsi l’ouverture officielle des festivités qui dureront 8 jours : du 28 Février au 7 Mars 2009. Cette ouverture saura surtout été riche en culeurs, sons et gestes :prestations d’artistes, défilés de majorettes et de marionnettes géantes, figures “tableauphoniques”, musiques et danses traditionnelles…

Oumar DIAWARA

02 mars 2009