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Plus grand festival du cinéma sur le continent africain, la 23ème édition du FESPACO a démarré le 23 février 2013, au Stade du 4 août de Ouagadougou, par une cérémonie présidée par Luc Adolphe Tiao, Premier ministre Burkinabé. Cette année, ce sont vingt films long métrage qui vont s’affronter pour l’étalon de Yennenga.

Après le Maroc, lors de la 22ème édition du FESPACO, quel est le pays africain qui va remporter l’étalon d’or du Yennenga cette année, à l’issue de la 23ème édition ? En attendant le palmarès qui sera publié le 2 mars 2013, c’est le lieu de rendre hommage aux réalisateurs africains qui arrivent encore à faire des films en cette période de crise globale du cinéma africain. La vitalité et le dynamisme du cinéma dans les pays africains se traduit, pratiquement, par le nombre de films présentés dans la série compétition des films long métrage de fiction.

Pour cette 23ème édition, à travers l’Algérie et le Maroc, le cinéma magrébin est aujourd’hui le plus puissant d’Afrique. Du côté du Maroc, trois réalisateurs sont en compétition. Ce sont : « Androman mindamoua fahm » ou De sang et du charbon de Alaoui Lamharzi Alarabe , « Love in the Medina » ou les ailes de l’amour de Abdelhaï Laraki et « Les chevaux de Dieu » de Nabil Ayouch. L’Algérie est présente à Ouagadougou avec trois films : « Yema » de Djamila Sahraoui , « Zabana » de Saïd OULD-KHELIFA , « El taaib » ou Le repenti de Merzak Allouache. Du coté du Sénégal, deux films sont en compétition : « La pirogue » de Moussa Touré et « Tey » ou Aujourd’hui d’Alain Gomis. L’Angola est arrivé à Ouagadougou, avec deux films : « Por aqui tudo bem » ou Ici tout va bien de Pocas Pascoal et « O grande kilapy » ou Le grand kilapy de Zeze Gamboa. Dix autres pays sont présents à Ouagadougou avec seulement un film long métrage.

Ce sont : l’Afrique du Sud avec le film « How to steal 2 millions » de Charlie Vundla, la Tunisie avec « Always Brando » de Ridha Behi, la Guinée Bissau avec « Children’s republic » ou la république des enfants de Flora Gomes de la Guinée Bissau, le Gabon, pays invité d’honneur, est à Ouagadougou avec le « collier du Makoko » de Henri Joseph Koumba, l’Ile Maurice est représentée par « Les enfants de Troumaron » de Harrikrisna & Sharvan Anenden. Le Burkina Faso est représenté par le film « Moi Zaphira” de Apolline Traoré. L’Ethiopie par « Nishan » de Shumete Yidnekacchew. « One man’s show » de Newton Aduaka Ifeanyi , pour le Nigéria. Ibrahim Touré représente le Mali avec son film « Toiles d’araignées ». Le Mozambique est représenté par le film « Virgin Margarida » de Licinio Azevedo. Venus défendre les couleurs de leur pays, tous ces réalisateurs ont la ferme volonté de remporter l’étalon d’or du Yennega. Si le Mali ou le Maroc parvenait à le remporter, il distancerait les autres pays avec quatre étalons, parce que tous détenteurs déjà de trois étalons d’or du Yennega.

Destiné à saluer la meilleure œuvre cinématographique de la sélection officielle long métrage du FESPACO, l’étalon d’or de Yennega est matérialisé par une guerrière, lance à la main, juchée sur un cheval cabré. Ce trophée tire son sens du mythe fondateur de l’empire des Mossi, ethnie majoritaire au Burkina Faso. Par delà le prix, l’Etalon de Yennenga est le symbole de l’identité culturelle africaine, que les cinéastes à travers leurs créations doivent contribuer à maintenir bien vivante.
Depuis 1972, année où la compétition a été instituée au FESPACO, l’Etalon de Yennenga a été décerné à 18 films. Il est doté d’une enveloppe de 10 000 000 F CFA, soit environ 15 251 Euros .

Assane Koné

Envoyé Spécial


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Avec cinq films, à défaut du Yennega, le Mali veut des prix

Ouverte le 23 février 2013, la 23ème édition du FESPACO reçoit cette année 5 films maliens : le film long métrage « Toiles d’araignée » de Ibrahim Touré ; « Dankumba », court métrage de fiction de Bakary Diallo ; le film documentaire « Les pêcheurs de sable » de André Samouté Diarra les deux séries télé : Les Concessions et Les Rois de Ségou.

En attendant la projection presse du film « Toiles d’araignée », le mercredi 27 février 2013, dans la salle du ciné Burkina, le Mali est entré dans la manifestation le dimanche 24 février 2013, avec la projection du film court métrage de fiction de 13 mn de notre compatriote Bakary Diallo. Son film « Dankumba » se déroule dans un village de Kayes, où le visible et l’invisible côtoient la superstition, l’espoir, la peur et le mystère. Le réalisateur dit de son film que c’est l’évocation dans un élan de fantaisie et d’originalité. Dans l’après midi, aux environs de 14 heures, au niveau de la petite salle de l’Institut français de Ouagadougou, le Mali était encore à l’honneur à travers la projection d’une réalisation du Centre national de la cinématographie malienne : Les Concessions.

Cette série télévisuelle malienne est l’histoire de Genova, une femme moderne confrontée aux tensions dues à des appartenances sociales et religieuses différentes. Chrétienne, elle épouse Sory, issu d’une famille musulmane et se retrouve coépouse. Une bonne partie de ce film est consacrée aux multiples tribulations de Genova avec une belle-mère des plus impossibles et acariâtres à la fois. Le lundi 25 février 2013, la salle de Conférence du Conseil burkinabé des chargeurs, aux environs de 20 heures, a enregistré la projection de la série télévisuelle malienne : « Les rois de Ségou II ». Réalisée par Boubacar Sidibé, ce film met à l’écran une bonne partie de l’histoire de Ségou, donc du Mali.

L’histoire est simple, Monzon Diarra, à son décès laisse comme héritage à son fils Dah Diarra, un trône et la lourde tâche d’affronter ses quatre plus grands ennemis qu’il avait combattus sans pouvoir vaincre. Le film se passe à une époque où le royaume de Ségou était à son apogée et brillait de splendeur. Mais, caprices de la guerre et les vicissitudes de la vie font que tout vainqueur sera un jour vaincu. Parallèlement aux films maliens, les festivaliers ont pu suivre d’autres films, notamment des films comme : « How to steal 2 million », film long métrage de compétition du sud africain Charlie Vundla et le long métrage « La pirogue » du sénégalais Moussa Touré…

Assane Koné

Envoyé Spécial

Le Républicain du 26 Février 2013