Partager

Dans «Victimes de nos richesses» de Kal Touré, un an après les évènements dramatiques qui se sont déroulés aux abords des enclaves espagnoles Ceuta et Melilla, en septembre 2005, des jeunes africains témoignent de leurs tentatives malheureuses de passage en Espagne. «Le film est construit autour de la réaction de 5 jeunes Maliens qui expliquent leurs tentatives de passage en Europe», a indiqué Kal Touré. Il a ajouté que ce film fait parler aussi des paysans maliens, producteurs de coton qui expliquent leurs conditions de survie. Mais, de toutes les réactions, celles des acteurs de la société civile, nous éclairent le mieux sur cette «émigration sacrifice, criminalisée par les Etats européens».

Au titre de ces interventions, nous avions celle de feu le Professeur Joseph Ki Zerbo, historien et homme d’Etat du Burkina Faso, de Aminata Dramane Traoré, essayiste malienne, de Eric Toussaint de Jubilée 2000-Belgique, de José Bové de la Via Campessina et de Eric Malabre, avocat ONG Migeurop-France.

De son côté Zola Maseko de l’Afrique du Sud est venu au Mali pour battre en brèche une vieille théorie occidentale qui voulait qu’il n’y ait pas d’histoire en Afrique parce qu’il n’y a pas de source écrite. «Il est dit que l’Afrique noire ne possède pas de tradition écrite. Et pourtant, la découverte à Tombouctou de milliers de manuscrits datant du 13e siècle, révèlent que cette partie du continent noir était un grand centre d’apprentissage où convergeaient des gens en quête de savoir et provenant des quatre coins du monde», a indiqué Zola Maseko. Il a estimé que les manuscrits de Tombouctou témoignent d’une culture africaine riche et diversifiée, de l’existence de connaissances scientifiques prenant en compte des aspects comme l’architecture, la tradition, l’astrologie, la religion, l’économie, la géographie, les mathématiques.

Ces deux films sont en compétition à Ouagadougou avec d’autres films, parmi lesquels, «ARU» de Léopold Togo, «Cemetery storie- a rebel missionnary in south africa» de Cheick Chérif Kéïta.

Assane Koné

Envoyé Spécial

05 mars 2009