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Du 24 février au 3 mars prochains, les projecteurs seront braqués sur le Mali à l’occasion du 20è Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou. Notre pays a, en effet, été désigné comme invité d’honneur par les autorités du festival. L’information a été rendue publique au cours d’une conférence de presse animée hier 5 décembre au CNCM (Centre national de cinématographie du Mali) par son directeur Moussa Ouane, entouré pour la circonstance par certains cinéastes et/ou réalisateurs maliens dont Sidi Diabaté, Adama Drabo, Hassane Kouyaté, Naman Drabo.

Le Mali sera donc en vedette lors du prochain FESPACO. Telle est la volonté des autorités du festival qui ont placé cet honneur sous la désignation de « Rétrospective Mali ». Cette confiance placée en notre pays est, selon Moussa Ouane, à la fois un honneur et un défi.

Un honneur parce qu’à travers la diffusion de plusieurs films maliens c’est la culture malienne qui rayonnera au dessus du ciel ouagalais et africain ; un défi parce qu’il faut réunir les moyens de réussir l’événement afin de donner une plus grande lisibilité et visibilité du cinéma et de la culture maliens.

De l’avis de Hassane Kouyaté, le réalisateur du film « Kabala », le choix du Mali réside dans le fait que le pays de Soundiata Keïta a marqué le cinéma africain tant par la qualité que la diversité de ses créations. Adama Drabo, le réalisateur du film « Tadona« , dira tout simplement que : « le Mali excelle dans le cinéma« .

Selon lui, les cinéastes maliens n’ont pas assez de moyens pour faire beaucoup de films, mais ils sont toujours meilleurs quand ils le font.

Pour comprendre le concept de « Rétrospective Mali », une délégation du CNCM s’est rendue à Ouaga du 15 au 22 novembre pour rencontrer les autorités du FESPACO et informer l’ambassadeur et les Maliens du Burkina-Faso de cet honneur.

« Rétrospective Mali » consiste à prévoir pour le pays, au cours du festival, dix programmes de deux heures chacun. C’est maintenant au CNCM de mettre un contenu dans ces programmes. A la date d’aujourd’hui, plusieurs films ont été identifiés et les critères de sélection déterminés. Mais sauf cas de force majeure, certains films sont d’office retenus.

Il s’agit des trois étalons du Yenenga : « Baara » et « Fignè » de Souleymane Cissé respectivement en 1979 et en 1983 et « Guimba » de Cheick Oumar Sissoko en 1995. Le Mali est le seul pays à avoir remporté trois fois l’étalon du Yenenga. Yeelen de Souleymane Cissé qui a remporté le prix du Jury à Cames en 1987 (premier film africain à décrocher ce prix) devrait être présent à Ouaga.

Il y a aussi les deux films d’animation réalisés par Mambaye Couliby « La geste de Ségou » (1989, meilleur court métrage du FESPACO) et Kadiatou Konaté « L’enfant terrible » (1995).

Seront également en lice, certains films maliens qui ont remporté beaucoup de prix du FESPACO ou ailleurs : « Tadona » de Adama Drabo (plus de 13 prix), « Faraw » d’Abdoulaye Ascofaré, « Niamanton » de Cheick Oumar Sissoko et « Kabala » de Hassane Kouyaté. « Demain à Nanguila », premier film malien, réalisé au Mali avec des moyens maliens en 1959 mérite aussi d’être vu à Ouaga, sans oublier d’autres courts métrages qui ont marqué l’histoire du cinéma Malien.

En marge de « Rétrospective », des films maliens compétiront au FESPACO 2007. Déjà « Ba Faro » de Salif Traoré et des films de l’ORTM ont été envoyés.

Sékou Tamboura

06 décembre 2006.