Partager

La 20e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a débuté samedi dernier dans une ambiance de carnaval. La capitale du pays des Hommes intègres accueille présentement des milliers de visiteurs faisant ainsi d’elle la capitale du cinéma. Absent aux deux dernières éditions, le Mali est très attendu à Ouagadougou.

« Cinéma africain et diversité culturelle » est le thème de la 20e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) qui s’est ouvert le week-end dernier (du 24 février au 3 mars 2007). En dehors de cette problématique, cette édition consacrera également une importante rétrospective au cinéma malien. Ce qui fait que notre pays est très attendu à cet événement. Une attente d’autant plus grande que le Mali était absent des deux précédentes éditions.

C’est une forte délégation malienne (réalisateurs, comédiens, artistes, journalistes culturels…) qui est arrivée à Ouagadougou dans l’après-midi de vendredi dernier. Pour Cheick Oumar Sissoko, ministre de la Culture, « cette rétrospective est un immense honneur fait au Mali. C’est un hommage à plusieurs générations. Tout un symbole ». Un honneur qui n’est pas non plus fortuit puisque le Mali est le seul pays à avoir à son palmarès trois Etalons du Yennega, la plus haute distinction du Fespaco. Sans compter les autres prix remportés à d’autres échelons.

Pour marquer la présence malienne pendant cette semaine du cinéma, le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) a retenu une dizaine de films qui seront projetés pendant le festival. Au niveau des longs-métrages, il s’agit naturellement des trois œuvres qui ont valu au pays ses Etalons du Yennega : Baara et Finyè de Souleymane Cissé (1979 et 1983) ainsi que Guimba de Cheick Oumar Sissoko (1995). Ils seront complétés par Faraw d’Abdoulaye Ascofaré, Ta Dona d’Adama Drabo, Kabala d’Assane Kouyaté, Falato de Mamo Cissé, Yeleen de Souleymane Cissé, Tiefing ou le Dernier rempart de Djibril Kouyaté (paix à son âme) et, enfin, Demain à Nanguila de Moussa Sidibé.

Il faut rappeler que cette dernière œuvre est le premier film malien de l’histoire. Les deux courts-métrages retenus sont la Geste de Ségou de Mambaye Coulibaly et l’Enfant terrible de Kadiatou Konaté. La « Rétrospective Mali » sera aussi rehaussée par une exposition de photos et de costumes. Il est aussi prévu un Top étoiles spécial avec les têtes d’affiche de la musique malienne. Cette rétrospective du cinéma malien a commencé hier au Ciné Burkina avec la projection de Baarra de Souleymane Cissé.

Le Mali est aussi très attendu dans la compétition officielle. La preuve est que c’est Faro, la Reine des eaux de Salif Traoré qui a été retenu pour l’ouverture officielle du festival. Un autre honneur qui est aussi tout un symbole. Seul long-métrage du Mali en compétition, sa projection a suscité déjà les éloges des critiques et cinéphiles qui ont eu le privilège de le voir. Il faut aussi souligner que Inch Allah de Moussa Ouane, Kokadjè d’Adama Drabo, Dou la famille de Boubacar Sidibé, etc. sont en compétitions au niveau des courts métrages.

C’est donc dire que le Mali n’est pas venu les bras vides à Ouagadougou. Il est vrai que les différentes compétitions vont être âprement disputées parce que la réputation des œuvres comme Bamako d’Abderahamane Sissako l’ont devancée ici. Mais, côté malien, on demeure optimisme.

Moussa Bolly
(envoyé spécial)

26 février 2007.