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Un des principaux quotidiens du Liberia, Frontpage Africa, dont un journaliste a été incarcéré la semaine dernière, a été fermé après avoir été condamné à verser près de 1,2 million d’euros à un ex-ministre qui le poursuivait pour diffamation, selon des employés mardi. Rodney Sieh, directeur de Frontpage Africa, avait le même jour déclaré devant les juges qu’il ne pouvait pas et n’entendait pas verser cette somme. La Cour a ordonné son incarcération, il a été écroué. « Des policiers ont fermé nos bureaux vendredi » et depuis, « nous avons arrêté la publication du journal. Les employés ne viennent plus travailler parce que les accès aux bâtiments ont été verrouillés », nous a déclaré Wade Williams, un des rédacteurs en chef de Frontpage Africa. La grève de la faim de M. Sieh a aussi été évoquée par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui a dénoncé l’incarcération du journaliste et la fermeture de Frontpage Africa dans un communiqué. Dans un communiqué distinct, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé « fermement » la décision de la justice libérienne « d’interdire la publication » de Frontpage Africa, ce, « peu après une tentative de négociation de l’Union de la presse du Liberia (Press Union of Liberia, PUL) et des acteurs de la société civile avec les autorités afin d’éviter la fermeture » du journal.D’après des médias locaux, Rodney Sieh ne devrait être libéré qu’après paiement des dommages et intérêts exigés ou grâce à une intervention en sa faveur de la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, dont le régime a été ces dernières années très critiqué par Frontpage Africa. AFP.