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C’était l’occasion pour la Direction d’exprimer son ras-le-bol devant le silence prolongé et le refus des autorités d’accorder à la station de Niono l’autorisation d’émettre. Il faut rappeler que Amadou Nanco Mariko dit Papa, Administrateur délégué de la radio de Koutiala, Sidi Traoré dit Maka Sidi, Rédacteur en Chef de la Radio Kayira de Koutiala, Mohamed Diakité dit Papus, animateurs à la Radio de Koutiala, Boubacar Diarra, membre de la Coordination des Clubs et Associations affiliés de la radio de Koutiala, ont été arrêtés.

Ils s’étaient rendus à Niono sur demande de la Direction Générale du Réseau de Communication pour évaluer les conséquences de cette fermeture illégale et prolongée et apporter un appui moral au personnel et clubs de soutien qui doivent faire face aux conséquences financières de cette situation (gestion des charges fixes, eaux, électricité, location, salaire du personnel, situation du matériel).

D’autre part, le Président des Clubs Kayira de Niono Mamadou Guindo dit Madou Pain figure au nombre des interpellés.

Ces interpellations traduisent l’état de panique des autorités locales en collusion avec les dirigeants de l’Office du Niger aujourd’hui dans la nasse pour des faits de détournements avérés et de corruption dans leur gestion catastrophique, et le Mouvement Citoyen leur allié objectif qui veut mettre la Zone de l’Office en coupe réglée”.

La Direction Générale du Réseau Kayira dénonce la partialité de l’Etat à travers le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies qui a accordé des dérogations tacites à certaines radios qui n’avaient aucune autorisation d’émettre mais qui n’ont jamais pourtant été fermées.

Elle demande aux instances de régulation, aux organisations de défense de la presse (URTEL) qui avaient auparavant dénoncé l’attitude de l’Etat, aux Organisations de défense des Droits de l’Homme, à se mobiliser pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle de leurs camarades arrêtés et l’ouverture de leur station.

COMMENT LES FAITS SE SONT PASSES ?

L’Association Radio Kayira a déposé auprès du ministre de la Communication une demande de fréquence d’émettre pour une station radio qu’elle a voulu installer dans la ville de Niono, région de Ségou. L’Association a fini d’installer cette radio le 24 avril 2006, soit huit mois après le délai de dépôt de la demande de fréquence. Ce qui est bien sûr permis par les textes.

Aux dires de M. Mariko, contre toute attente, 48 heures après les premières diffusions d’essai, l’ordre leur a été donné par le Préfet de Niono d’arrêter toute diffusion. Alors, eux, à leur tour, ont saisi le président du Conseil Supérieur de la Communication qui a fait savoir au Préfet qu’il est incompétent pour fermer une radio. La radio continue ainsi d’émettre en fréquence d’essai. Le 17 mai 2006, la Direction de Kayira a reçu une décision n°042/P-CN portant fermeture des radios libres Kayira.

De l’avis du conférencier, les motifs de fermeture de la radio de Niono n’ont aucun rapport avec la loi. “Sinon comment comprendre que depuis huit mois notre demande de fréquence ni de vous-même ni du ministre de la Communication n’ait reçu de réponse ? Comment comprendre que deux radios FM créées par le Directeur de l’Office du Niger qui n’ont jamais fait objet de dépôt de demande de fréquence aient émis pendant au moins huit mois sans qu’aucune des autorités ne réagisse?”, s’est interrogé le DG de la Radio Kayira.

Aussi, Mariko a déclaré que la fermeture de sa radio avait été annoncée avant que finisse l’installation par des milieux politiciens. Ces milieux, a-t-il rappelé, se confondent à ceux qui torpillent les droits des paysans à l’Office du Niger pour empêcher l’ouverture de la radio.

Dr. Mariko a tenu à préciser qu’on met tout en oeuvre pour que sa radio meure de sa belle mort. “Elle va mourir débout, elle ne se couchera pas pour mourir”. Enfin, parlant de la situation dans l’Office du Niger, il a déclaré que l’histoire lui a donné raison après la visite du Vérificateur Général dans la zone.

Mamadi TOUNKARA

25 août 2006.