Partager

«Nous sommes au début, au milieu et à la fin de toutes les choses sur cette terre, de ce fait mobilisez-vous comme des vraies artisanes « , c’est en ces termes que s’est exprimée la présidente de la Cafo, Mme Oumou Touré devant les femmes du Mali. Une façon d’inciter celles-ci à une prise de conscience face à la situation actuelle du pays. C’est ce qui est ressorti de la conférence débat du jeudi 13 septembre au siège de la Cafo à Bolibana autour du thème » femmes insécurité et paix .»

Les femmes sont sorties massivement pour prendre part à cet espace contact avec les femmes de la coalition des droits d’intégration et médiation (CODIM) de la Cafo. L’objectif pour ces femmes était de faire entendre leur voix dans la recherche d’une solution à la crise que traverse le pays. Compte tenu de leur poids sociologique, soit 52% de la population, les femmes sont décidées à être dans des organes de prise de décision. Selon la présidente de la Cafo, Mme Oumou Touré, la participation à la vie publique est un devoir, de ce fait, les femmes ont le même droit que les hommes dans la prise de décision. Malheureusement, pour le problème du nord, cette équité n’a pas été respectée.

Elle a mentionné que les femmes dans les situations de guerre sont généralement employées comme appât de guerre. Elles sont violées, séquestrées, et même traumatisées. » C’est ce qui est malheureusement arrivé à nos sœurs et mamans du nord du Mali « . En effet, elles ont été privées de leur mode de vie habituelle, elles sont contraintes de se voiler et ne doivent plus sortir pour aller chercher de l’eau, ni pour aller au marché, encore moins à la mosquée.

Au vu de cette situation, les femmes ne peuvent rester indifférentes, malgré qu’elles n’aient été associées à aucune prise de décision. Pourtant, nous sommes la grandeur de l’humanité qu’on le veuille ou pas et nous demeurerons cette force incontournable. Elle a rappelé les évènements de mars 1991 quand des femmes touchées par des enfants ensanglantés sont sorties pour exprimer leur ras- le bol.

Pourtant, ce jour, elles sont sorties en tant que mères et non en qualité de membres d’une association quelconque. Ce jour là, elles n’ont pas eu peur des balles et elles se sont fait entendre. « Nous devons nous faire entendre pour l’honneur de notre Mali indivisible » a-t-elle martelé. Pour ce faire, la présidente de la Cafo a invité les femmes à la cohésion, à l’entente et à l’union sacrée pour sauver le pays.

Pour l’officier des droits de l’homme du bureau du coordinateur résident du Système des Nations Unies, Omer K. Kalameu, il faut que les femmes aient une place spéciale dans nos sociétés. Il a de ce fait déploré que les femmes n’aient été associées par la CEDEAO à aucune décision de sortie de crise. La charte de Kurukanfuga , rappelle t-il, est l’exemple idéal qui démontre le rôle que peut jouer une femme dans le développement d’un pays : « derrière chaque brave homme se trouve une brave femme ». Kalameu d’inviter les femmes à s’organiser tout en aidant le gouvernement à sortir de cette impasse.

F. Mah Thiam KONE

19 Septembre 2012