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Vingt ans d’efforts, d’abnégation, de sacrifices consentis, telles sont les valeurs sous le signe desquelles la Coopérative des Femmes pour l’Education, la Santé Familiale et l’Assainissement (COFESFA) a inscrit ses actions pendant ses vingt ans d’existence. L’anniversaire, placé sous la haute présidence de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Maïga Sina Damba, a été célébré le vendredi 27 mars, à l’hôtel Nord Sud, à travers une conférence débat sur le thème  » Femmes et gestion des déchets en milieu urbain, cas de la COFESFA : enjeux, défis et perspectives « 


La COFESFA,
c’est l’histoire de 16 jeunes femmes diplômées sans emploi qui ont réussi leur insertion professionnelle dans le domaine de l’assainissement à travers la ville de Bamako dans les années quatre vingt. L’une des première activités ciblées était la pré- collecte des ordures ménagères parce que cette activité pouvait leur permettre de se rapprocher des ménages et surtout des femmes.

Elles sont, aujourd’hui, responsables, mères et grands-mères qui encore et toujours se battent sans relâche dans une dynamique du changement de mentalité et de comportement.

En effet, l’expérience de la COFESFA est une première au Mali, elle a démontré qu’il n’y a pas de sot métier car le ramassage des ordures peut aussi peut être générateur d’emplois pour les jeunes diplômés.

L’idée de la création de cette structure émane de Mme Aminata Traoré, Consultante à l’Unifem (Fonds des Nations Unies pour la Femme). Grâce à son entregent elle est parvenue à trouver pour sa coopérative deux camions pour lui permettre de démarrer ses premières activités.

Celles-ci devraient se faire moyennant une contribution de 25 FCFA par ménage et par enlèvement. Mais l’Etat demanda à la COFESFA de ne pas faire payer les populations parce que celles-ci s’acquittaient déjà de la taxe sur les ordures ménagères.

L’Etat finit par demander à la coopérative de déposer une étude de faisabilité sur un quartier-test et ensuite de verser une caution de 3.00.000 FCFA pour l’exécution d’un contrat de 9.00.000 FCFA. Pour réunir cette somme, la COFESFA s’est lancée dans le transport du sable avec ses deux camions.

Une fois le montant de la caution atteint, la COFESFA et l’Etat ont signé un protocole de partenariat de 9.000.000 FCFA sur une période d’une année qui stipulait que l’Etat verserait cette somme suivant un décaissement de 30 %, 50 %, 20 % et que la COFESFA ramasserait les ordures sans demander aux populations de participer.


La collecte
a démarré à Médina Coura en 1990. Le système de ramassage consistait pour les chauffeurs de camions à sillonner le quartier en s’arrêtant à des points précis où les femmes et les domestiques leur apportaient les poubelles remplies d’ordures.

Deux membres de la Coopérative étaient chargés du suivi et du contrôle. Après une année d’exécution, les résultats étaient tellement satisfaisants mais le renouvellement du contrat butait sur des blocages administratifs et financiers à tel point que le système de ramassage à Médina Coura a dû être interrompu en février 1992, l’avance pour le démarrage étant perçue avec huit mois de retard par la COFESFA.

Ses membres ont persévéré en exploitant toutes les opportunités qui pouvaient leur permettre d’assurer un revenu et de se maintenir dans le secteur.

Aussi, la promotion des poubelles fermées s’imposait à la fois comme une activité complémentaire à la collecte des ordures et comme source de revenus. Les populations utilisaient, auparavant, de vieux seaux, bassines et paniers. La COFESFA a mis à contribution les artisans locaux dans la confection d’un premier type de poubelle d’une capacité de 33 litres.

Au total, 727 poubelles ont été confectionnées et vendues pour un prix de revient de 2.094.250 FCFA. Parallèlement, la COFESFA s’est lancée dans la construction de latrines publiques qui sont relativement rentables. Les activités de sensibilisation, la formation, la Santé Maternelle et Infantile / Planification Familiale ont aussi été lancées parallèlement à l’activité de collecte.

 » Les 20 ans de la COFESFA, c’est aussi 20 ans de familiarité, de solidarité, d’amitié et de travail laborieux  » dixit sa présidente, Mme Traoré Hawa Fofana.

Quant au ministre Maïga Sina Damba, elle s’est réjouie du parcours fascinant de ces braves dames qui ont honorablement servi leur pays. Elle les a encouragées et assurées de l’accompagnement constant de son département.

Fatoumata Mah Thiam KONE

30 Mars 2009