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La conférence de presse du bureau fédéral du mercredi 21 mai 2008 a été une occasion pour les loubards de la fédération malienne de football d’agresser verbalement et physiquement notre reporter sportif, Souleymane Diallo qui, depuis des mois, se trouve dans la ligne de mire de l’instance dirigeante du football malien.

Les raisons sont connues : ses reportages, ses commentaires, ses analyses, bref, son point de vue par rapport aux dérives du football malien, corollaires de l’amateurisme de ses dirigeants actuels.

Les journalistes sportifs jugés « incontrôlables » par la fédération malienne de football ne sont plus en sécurité au cours des conférences de presse organisées par cette instance. Notre reporter, Souleymane Tidiany Mamadou Diallo l’a appris à ses dépens, à l’occasion de la conférence de presse organisée mercredi dernier à Malifoot.

Dans une atmosphère électrique surchauffée, les nombreuses questions embarrassantes étaient loin d’être du goût des loubards, connus pour être au service de la FEMAFOOT. Ils avaient pris d’assaut la salle, en grand nombre, sans qu’on sache réellement pourquoi.

L’agression portée contre notre reporter permet de donner des indications sur les raisons profondes de la présence de ces loubards déguisés en employés à la solde de certains membres de la FEMAFOOT pour des raisons obscures. Ces individus, excédés, réagissent donc chaque fois qu’une question n’est pas la bienvenue.

On aurait pu dire que leur présence sert à intimider et à décourager les journalistes réputés, à tort d’ailleurs, hostiles au bureau fédéral.

En fait, de quoi s’agit-il ?

La lâche agression perpétrée contre notre reporter et d’autres confrères doit faire l’objet d’une plus profonde analyse, car elle traduit la nouvelle option prise par le bureau fédéral décidé à user de la violence pour régler le compte à certains journalistes. Cela, après avoir usé d’autres moyens qui n’ont pas été suffisamment convaincants.

En effet, c’est après avoir refusé à plusieurs reprises des « offres douteuses » provenant de ces messieurs que notre reporter est devenu la cible d’agressions répétées de la part de certains membres du bureau fédéral.

Lesquels ne lui ont jamais pardonné ses articles objectifs et sans complaisance sur la fédération, surtout à propos des contrats Ikatel et plus tard Orange. On nous accuse d’avoir constitué des entraves à ces contrats.

Des membres du bureau fédéral, qui n’ont jamais pu démentir nos écrits, ont choisi l’arme de l’agression verbale qui a vite montré ses limites, n’ayant jamais pu décourager notre reporter dans sa quête de vérité.

Alors, la nouvelle trouvaille, c’est donc la commission de loubards, avec la mission principale d’intimider les journalistes du “COPPO“ (en référence au Collectif des partis politiques de l’opposition d’avril 1997).

Pour en revenir aux faits, l’agression est le résultat de la calamiteuse politique de communication de la Femafoot. La commission communication n’a jamais pu présenter un plan de communication cohérent et crédible pour le bureau.

Normal puisqu’elle est à l’image de celui qui la dirige, Mamadou Kaloga, ex footballeur reconverti en reporter sportif puis récupéré par l’actuelle direction du football.

Depuis son arrivée à la tête de cette commission, il s’est lancé dans une politique de division des journalistes, qui sont repartis en fonction de leurs opinions pro ou anti-fédérales. Suivant cette très mauvaise optique sélective, certains journalistes font l’objet de discrimination de la part du bureau de presse.

On leur refuse délibérément toute information disponible.

En revanche, ceux qui ne soutiennent la fédération que contre espèces sonnantes et trébuchantes, font l’objet de toutes les attentions. Et, c’est justement la dénonciation de ces pratiques et ses questions embarrassantes qui ont valu à notre reporter sa mésaventure.

A la fin de la conférence, il fut violemment apostrophé par Boubacar Traoré « Infré », planton à la fédération, mais qui avait pourtant une meute d’autres employés à ses ordres, comme un certain Sanogo et un autre du nom de Moussa.

Comme si les injures de père et de mère ne suffisaient pas, notre reporter, a eu droit à des coups de poing qu’il a pu heureusement esquiver. S’en est suivi alors une bataille ouverte entre certains journalistes et des employés de la fédération.

Il est difficilement concevable qu’un journaliste invité à couvrir une activité de la fédération et dans les locaux de celle-ci se fasse impunément agresser.

Les excuses du conférencier, Boubacar Diarra dit M’Baba, au nom du bureau fédéral sont bien bonnes. Mais elles n’occulte en rien la nécessité d’interpeller les responsables du bureau fédéral sur cet acte barbare dans un pays cité comme exemple de démocratie et en matière de la liberté de presse.

Notre reporter a été agressé dans l’exercice de ses fonctions. Et son agression ne peut rester impuni, même si le bureau fédéral est aujourd’hui incapable d’assumer ses responsabilités.

Il faut sévir parce que, aujourd’hui, c’est le reporter de l’Aube, demain ce sera un autre. Surtout que ce bureau fédéral a réellement fini d’étaler ses limites et démontrer qu’il ne pourra pas assurer la gestion du football malien. D’ailleurs, sont-ils venus pour cela ?

A présent, rien ne le prouve. A croire plutôt qu’ils sont aux commandes pour assouvir des appétits personnels et servir des intérêts particuliers.

La rédaction

26 Mai 2008