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Selon des sources concordantes, l’actuel président de la Fédération malienne de football (Femafoot), Salif Kéïta alias Domingo, premier Ballon d’Or africain, ne sera pas candidat à sa propre succession pour briguer une fois encore la présidence de cette instance dirigeante de notre sport-roi. Du coup, les appétits se réveillent chez ceux qui caressaient depuis longtemps, le rêve de présider aux destinées de cette structure. A ces appétits de «jeunes loups», s’ajoutent tous les coups bas et la guerre des clans qui refait surface.

jpg_femafoot22.jpgDécidément, les vieux démons commencent à se réveiller à la Femafoot avec le départ annoncé du président actuel, Salif Kéïta. En effet, ce dernier ne sera pas candidat à sa propre succession.

Cela donne donc l’opportunité à certains assoiffés de la présidence de la Fédération malienne de football de nourrir de grandes ambitions. Et comme à l’accoutumée, les potentiels candidats peaufinent leurs stratégies pour briguer ce prestigieux poste. Pour ainsi dire, les prochaines assises de la Femafoot qui auront lieu en juin prochain à Tombouctou s’annoncent rudes et délicates.

Rudes, parce que les différents candidats ne se feront pas de cadeaux. Car, déjà au sein même de la Femafoot, la guerre des clans fait rage. Selon nos sources, malgré le consensus que le Comité National Olympique et Sportif du Mali (CNOSM) et le ministère de la jeunesse et des sports sont entrains de prôner pour, dit-on, apaiser notre football, deux tendances se dégagent déjà.

Il s’agit de celle du bureau fédéral actuel qui désignera son candidat et de celle dirigée par Amadou Diakité, qui comprend les «Rénovateurs» et Hamadoun Kola Cissé.

Certaines sources précisent que Hamadoun Kola Cissé auraient l’aval d’Amadou Diakité, membre de la FIFA et de la CAF. Cet appui, s’il est confirmé, serait pour lui un grand atout.

Mais, du côté de la Femafoot qui entend positionner son candidat qui sera probablement le colonel Boubacar Diarra, on s’active pour inverser la tendance. C’est donc dire que les assises pour le renouvellement du bureau fédéral au mois de juin prochain ressembleront à un duel de titans.

Il est alors fort à craindre que nous retombions dans le même feuilleton que celui que nous avons connu à Ségou, il y a environ quatre ans et qui a vu l’élection de Salif Kéïta dans une atmosphère de contestations généralisées.

Ces prochaines assises de Tombouctou s’annoncent aussi délicates, parce qu’elles doivent permettre d’éviter des déchirements qui pourraient porter préjudice à l’avenir de notre football. Il est temps que les uns et les autres mettent de côté leurs ambitions personnelles au profit du bien-être de la nation.

Il faut le dire, le Mali notre pays n’a pas aujourd’hui besoin de prédateurs sur le plan sportif. Il nous faut des hommes lucides et clairvoyants pour diriger notre sport-roi.

Il est inacceptable que notre football poursuive sa «descente aux enfers» avec des hommes qui n’ont pas d’ambitions pour ce pays. Aujourd’hui, il faut le reconnaître, cette discipline tant prisée par les jeunes, manque cruellement d’une véritable coordination, pour ne pas dire, d’une cohésion au sommet des instances dirigeantes.

En effet, on a pu le constater à plusieurs reprises, le Département des sports et la Femafoot n’arrivent pas à accorder leurs violons, se rejetant plutôt les responsabilités en cas de défaites de nos équipes nationales (cadette, junior et senior).

On a également pu constater des désagréments lorsqu’il s’agit des déplacements de nos équipes à l’extérieur pour livrer des matches internationaux. En d’autres termes, les voyages sont mal ficelés et nos équipes arrivent souvent en retard sur les sites des rencontres. Ce qui influe d’ailleurs sur leurs prestations.

Quant à l’actuel bureau de la Femafoot, il a visiblement manqué d’inspiration nécessaire et d’anticipation pour impulser notre sport-roi. Pire encore, en son sein, il règne «une guerre de leadership» qui ne dit pas son nom. En plus, l’extrême précarité dans laquelle évoluent nos joueurs locaux ne permet pas de cultiver une «pépinière» pouvant assurer la relève des Aigles.

Dans ce contexte sportif assez flou, il est impératif que chacun apporte sa pierre à la «résurrection» de notre football. Ce ne sont pas les moyens qui nous manquent, encore moins, les ressources humaines. Dans un sursaut d’orgueil national, nous pouvons redonner à notre football ses lettres de noblesse.

Cela est nécessaire, lorsqu’on sait que le 28 mars prochain, nos Aigles entameront le dernier tour des éliminatoires combinées CAN/Coupe du monde 2010 qui se joueront respectivement en Angola et en Afrique du Sud. Le succès des Aigles dans cette dernière ligne droite pour la CAN et la Coupe du monde dépend de tous. En y parvenant, cela permettrait d’apaiser les cœurs «meurtris» et de barrer la route aux «vieux démons» tapis dans l’ombre dont l’unique objectif est de lutter pour leurs intérêts personnels.

En ce sens, le cap de Tombouctou du mois de juin prochain se présente comme une ultime chance à saisir pour le Mali.


Bruno Loma

19 Février 2009