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La situation politique se révèle très dynamique en cette approche d’élections générales de 2007. Après la signature de la plate-forme de soutien de la candidature d’ATT(ADP) à l’élection présidentielle par quatorze partis politiques, des partis et organisations politiques s’activent dans le cadre de la constitution d’un bloc d’opposition. Curieusement, il s’agit de partis politiques qui ont pris une part active à la gestion consensuelle du pouvoir initiée par ATT depuis la fin des élections générales de 2002. Il s’agit, en effet, du RPM représenté par Ibrahim Boubacar Keïta, du PARENA par Tiébilé Dramé, auxquels s’ajoutent la CDS Mogotigiya de Mamadou Blaise Sangaré, l’ADJ représenté par son président le Professeur Abdoul Traoré dit Diop et la Convergence 2007 de Soumeylou Boubèye Maïga. Voilà en somme les partis et organisations politiques qui se préparent pour barrer la route à ATT à l’élection présidentielle de 2007.

Que vaut la coalition de ces forces face à l’armada de partis qui soutiennent la candidature d’ATT? Tout de suite, c’est la première question qui nous vient en tête et à juste titre pour plusieurs raisons.

LA COALITION DES FRUSTRES DE LA REPUBLIQUE

En se réunissant le dimanche dernier au siège du PARENA, les représentants de ces différentes entités ont cru devoir unir leurs forces pour pouvoir venir à bout du pouvoir ATT. Comment vont-ils réussir ce miracle, quand on sait qu’il s’agit bien d’un groupe aux composantes très disparates du point de vue philosophie politique? Le plus important dans tout cela, il faudra bien le reconnaître, c’est le fait que parmi eux, il y a ceux qui n’ont jamais pu participer à la gestion du pouvoir non pas parce qu’ils ne l’auront pas voulu, mais bien parce qu’ils n’ont pas été invités à prendre part à la gestion des affaires publiques.

QUE REPRESENTE POLITIQUEMENT CES CINQ ORGANISATIONS?

D’ailleurs il s’agit de trois sur cinq composantes du front politique en gestation. Les deux autres: le RPM et le PARENA ont défrayé la chronique ces temps-ci et, on peut le dire, se sont rendus tristement célèbres dans l’arène politique, voire auprès de l’opinion publique nationale qui a compris la nécessité pour les partis politiques de conquérir le pouvoir, mais a du mal jusqu’ici à comprendre certains agissements, certaines déclarations en passe de rendre leurs auteurs méconnaissables, pour certains, ridicules pour d’autres et en fin de compte, c’est leur crédibilité même qui est en train d’être progressivement entamée.

Pour ce qui est du représentant de l’ADJ et non moins président de cette association politique, on peut affirmer qu’il se trouve dans la logique de se dédire.

En effet, on se rappelle, lors de la conférence de presse que l’ADJ a organisée à la Maison de la Presse, le Professeur Abdoul Traoré dit Diop a été formel qu’ils n’avaient pas pour ambition la conquête du pouvoir, que leur objectif était simplement d’informer, de sensibiliser l’opinion publique et les acteurs politiques en vue de redonner aux partis politiques la place qui est la leur et ce faisant, de sauver la démocratie au Mali. Certes, nul n’a dit que le professeur est candidat ou compte se présenter personnellement, puisqu’il sait lui même qu’il ne dispose de rien d’aussi consistant qui lui permettrait de se lancer dans une telle aventure qui, d’emblée serait périlleuse.

QUELLES AMBITIONS POUR LES INITIATEURS DU FDR?

Là encore, au cours de cette rencontre, ils rappellent la nécessité de sauver la démocratie. De quoi? Est-on tenté de demander. Aussi, dans ledit communiqué, on parle de la nécessité de rassembler les forces démocratiques, républicaines et patriotiques. Certainement contre les apatrides et les antidémocrates? Dans tous les cas, l’objectif, selon eux mêmes, de cette rencontre était d’envisager la mise en place d’une organisation qui se dénommera Front pour la Démocratie et la République dont le sigle sera FDR.

Prochainement, ont-ils déclaré dans leur communiqué, il sera procédé à la signature d’un protocole d’accord entre les différentes parties. Djiguiba Keïta dit PPR a été désigné comme le porte-parole du groupe. Les initiateurs de ce front envisagent de réaliser l’alternance politique en 2007. Quant aux perspectives, c’est le temps qui nous en dira.

Moussa SOW

05 février 2007.