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Par l’investiture du président intérimaire, le Mali avait réemprunté le chemin de l’ordre démocratique. Le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) y émet des doutes. Et les arrestations des personnalités politiques et militaires en début de la semaine écoulée sont un catalyseur du regain de tension.

Pour une grande explication de l’opération d’arrestation qui avait conduit entre le 17 et le 20 avril, plusieurs responsables du FDR à la garnison de Kati (siège du CNRDRE), cette coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile a tenu un meeting ce 21 avril auquel plus de 3000 personnes ont pris part.

Si les fores de sécurités ont exhibé des armes de guerre extraits, selon elles, aux domiciles de certains de ces personnalités, Me Kassoum Tapo, responsable de l’Adéma-PASJ, qui était du groupe des 22 personnalités reste catégorique : «A présent, on ne m’a pas notifié les motifs de notre interpellation». Mais l’avocat veut deviner la raison. «A Ouaga [capitale burkinabé, Ndlr], nous avons, avec Soumaïla Cissé, Fatoumata Siré Diakité, Tiéman Coulibaly, Amidou Diabaté, dit que l’accord-cadre doit d’abord respecter notre constitution. Nous devinons que c’est le seul motif de notre interpellation», a-t-il dit.

L’action qui avait été associée à une atteinte aux biens d’individus est une violation de l’ordre constitutionnel et une privation des libertés publiques, explique-t-il. Des infractions que le FDR ne veut point tolérer. «C’est le front qui sauvera le Mali», soutient le président de l’UDD, Tiéman Coulibaly, qui avait, lui aussi, été interpellé en compagnie de Kassoum Tapo pendant qu’ils se trouaient à l’hôtel Salam, où loge le président intérimaire. Pour ce meeting à l’allure d’une démonstration de force, le FDR aura donc réussi le pari de la mobilisation en faisant le plein de la salle de spectacle du palais de la culture Amadou Hampathé Bah.

Une mobilisation qui aurait étonné Fatoumata Siré Diakité, présidente de l’APDF. «On avait pensé qu’on n’était pas capable de mobiliser. On a vu que nous savons nous mobiliser et beaucoup plus encore», a-t-elle dit. Mais avant, elle avait rappelé les militaires à l’ordre : «Je voudrai appeler les militaires à mieux s’organiser et faire une évaluation exhaustive de leur force en hommes, en armes et en logistiques afin de commencer dès demain la libération du nord, puisque c’était la raison du coup d’Etat». Le FDR, par la voix du vice-président de l’Adéma-PASJ, Ibrahima N’Diaye, se dit favorable à toute forme d’aide notamment de la CEDEAO visant à permettre au Mali de recouvrer le contrôle du septentrion de son territoire.

En appelant à la fin des arrestations, le FDR affirme son soutien au président intérimaire et au premier ministre qui, selon Fatoumata Siré Diakité, aura bien pesé dans la libération des personnalités interpellées.

Seydou Coulibaly

Le 23 Avril 2012

© AFRIBONE