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Lors de la conférence régionale du RPM à Kita, le week-end dernier, Me Hamidou Diabété (qui y a effectué le déplacement) a lancé au président du RPM, avec un ton élogieux : “IBK, vous avez géré ce pays avec dignité. L’heure est venue, pour nous, de s’opposer maintenant avec dignité”.

En plus de sortir de l’ordinaire, cette petite phrase du Secrétaire Général du PARENA et non moins député à l’Assemblée nationale cache pas mal de doutes qui assaillent aujourd’hui l’esprit de Me Hamidou Diabaté, quant à la capacité du Mandémasa à s’assumer dans l’Opposition.

Cela est d’autant plus vrai que depuis sa déroute électorale de la présidentielle d’Avril 2007, le Châtelain de Sénénikoro semble politiquement absent. C’est peut-être l’effet de la psyschose due à la descente aux enfers de son parti, obligé de redescendre sur terre après sa piètre prestation lors des législatives dernières. Un grand rêve politique qui se brise donc, pour les Tisserands.

Toujours est-il que les inquiétudes de Me Hamidou Diabaté se justifient, quand on sait que Ladji Bourama n’a jamais gardé une position aussi figée que celle qui est la sienne aujourd’hui, par rapport à son statut d’opposant. L’homme se contenterait, tout juste, de quelques sorties sporadiques, comme pour sauver la face aux yeux de ses détracteurs.

Pour preuve, l’Opposition, ou du moins ceux qui s’en réclament, avaient gardé un silence de carpe, face à certaines préoccupations de l’heure : vie chère, crise du Nord, crise de l’école… Ils n’émergeront de cette léthargie qu’à la suite d’un article-pamphlet de la presse qui fassent leur procès.

Seulement au PARENA, on se demande s’il n’y a pas un gap entre le discours et l’attitude du président de RPM qui oscille entre l’acceptation et le renoncement, par rapport aux velléités de reconstruction de la grande famille ADEMA.

Se serait-on posé cette question chez les Béliers blancs (PARENA)? Est-ce pour cela que devant Me Hamidou Diabaté, le Mandémssa s’est cru obligé de rectifier le tir en annonçant : “Même si nous ne devrions rester que cinq personnes, nous allons continuer à porter haut le flambeau du parti RPM” ?

Une façon comme une autre de rassurer ses camarades opposants, en assurant que son parti (le RPM) ne les abandonnera pas pour les “beaux yeux” de l’ADEMA. Par ailleurs, en appelant IBK à s’assumer, Me Hamidou Diabaté semble lui signifier que depuis la fin de sa présidence à la tête du FDR, il s’éloigne également un peu plus de ce regroupement.

En effet, au PARENA, on pense (comme l’ont d’ailleurs constaté les observateurs) que dans la présidence tournante du FDR, Tiébilé Dramé n’a pas eu toutes les coudées franches de la part de ses partenaires.

Au délà de cet aspect, les propos de Me Hamidou Diabaté (“IBK, vous avez géré ce pays avec dignité. L’heure est venue pour nous, de s’opposer maintenant avec dignité” ) peuvent être perçus comme une opération de charme du PARENA envers IBK, après leurs brouilles nées de la formation des groupes parlementaires.

On se rappelle qu’à l’époque, le PARENA, avec seulement 4 députés au départ, avait sollicité du RPM l’octroi d’un élu supplémentaire pour pouvoir former son propre groupe parlementaire. La demande a été illico refusée par les Tisserands.

Les Béliers blancs dont le salut est finalement venu de la transhumance de Madame Sidibé et du ralliement des députés SADI pour enfin constituer le groupe parlementaire PARENA-SADI ont tout de même gardé une grosse dent contre le RPM.

Aussi, lorsque le Mandémassa a cru juste de voler au secours de ce groupe (PARENA-SADI), du fait de son exclusion dans la composition du bureau du parlement, il fut remis à sa place par Me Hamidou Diabaté, porte-parole du groupe PARENA-SADI qui, apparemment, n’avait pas besoin de sa pitié. Ceci explique-t-il donc cela ?

Non, le statut de leader de l’Opposition promis par le Chef de l’Etat y était quelque chose. Le groupe parlementaire PARENA-SADI, qui s’y estimait légitime, se heurta à la même velléité nourrie par le RPM d’Ibrahim Boubacar Keïta qui, pourtant, était longtemps resté dubitatif sur le choix de l’Opposition.

C’est dire que l’apparente sérénité, qui a jusque-là prévalu chez les partis politiques qui se réclament de l’Opposition, est de façade.

Constatant qu’ils pourraient difficilement faire mouche à l’Assemblée nationale, avec le handicap numérique qui les confine dans un rôle des simples consentants, face à la majorité présidentielle, ils tentent aujourd’hui de resserrer leurs rangs.

Effectivement, cela est aujourd’hui un impératif pour eux, car à défaut de pouvoir influencer les débats à l’Hémicycle, les gens de l’opposition pourront ainsi au moins souffler dans la même trompette. D’où l’invitation de Me Hamidou Diabaté à IBK : “s’opposer dans la dignité”.

Ce qui, en termes clairs, veut dire que le Secrétaire Général du PARENA ne croit toujours pas, ni n’a confiance en Ladji Bourama. A-t-il vraiment tort, quand ce dernier croit fermement que “tôt ou tard, le RPM et l’ADEMA vont se retrouver” ?


Adama S.DIALLO

30 Mai 2008