Partager

Le FDR a décidé de mettre sur pied une « plate forme politique et électorale« . L’intention est certes noble, mais l’histoire ne se répète pas. Et ce n’est pas demain la veille de la maturité et de la lucidité dans les affaires politiques au Mali.

jpg_une-1829.jpgPlus rien ne sera plus comme avant dans le Mali post crise : les populations commencent à comprendre le gouffre dans lequel elles ont été précipitées par ATT certes, mais par et en présence de tous les autres. « Tous ont fauté« , par calcul personnel, agenda personnel.

Le Front uni pour la démocratie et la République (FDR), né de la crise et du coup d’Etat, voulant le maintien et la sauvegarde des institutions, a joué son rôle historique. Regroupement hétéroclite, composé de personnalités et de secteurs sociopolitiques n’ayant rien à voir ensemble en d’autres temps, les faits, les circonstances et les convictions ont poussé dans la même direction.

Même pendant cette lutte restée épique, les ressentiments avaient de la peine à être contenues, tant les acteurs étaient souvent de bords divergents, antagonistes. Il n’a échappé à personne d’ailleurs que le vice-président, politique, a fini par éclipser le président, syndicaliste. Siaka Diakité n’étant pas du genre à se laisser marcher sur le pied, quelle révolution y a-t-il eu au palais ?

Le vendredi prochain, « les partis politiques et associations à caractère politique membres du FDR ont décidé de créer une plate forme politique et électorale« . La motivation est noble. Mais, difficilement, le FDR pourrait aujourd’hui parvenir à un compromis, même à une simple déclaration d’intention admissible par toutes les parties.

Le FDR comprend au moins trois grosses formations politiques qui ambitionnent de présenter des candidats : le Parena, l’URD et l’Adéma. Elles feront toutes la cour au PDES, moribond certes, mais ayant des leaders fortunés, capables d’apporter des contributions sonnantes et trébuchantes.

Des personnalités du PDES, Chato et Safi, deux dames, ont créé soit leur parti, soit décidé d’aller aux élections et n’entendent pas faire de la figuration. Enfin, des partis membres du FDR font les yeux doux au regroupement IBK-Mali 2012 et semblent se sentir plus proche. D’aucuns parlent d’accord secret.

En tout état de cause, le FDR est aujourd’hui un réceptacle de contradictions qui le plomberont. Il eut été plus sage et politiquement plus correct de l’euthanasier plutôt que de le maintenir sous respiration artificielle. Il y aura ce vendredi un accord, sans base idéologique.

Alexis Kalambry

Les Echos du 28 Mai 2013