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Le Front pour la Démocratie et la République (FDR) est un regroupement politique différent de tous les autres qui ont été créés dans le Mali démocratique. Il se caractérise surtout par sa spontanéité du fait de l’improvisation des ténors des structures qui le composent. A cela, il faut aussi ajouter la passion et l’esprit revanchard qui sous tendent les actions de ce regroupement. En fait, le FDR est la coalition de tous ceux qui se disent frustrés par le pouvoir en place.

Au regard de ce qu’il nous a été donné de constater, on peut affirmer sans risque de se tromper que les motivations des composantes du FDR ne sont pas nobles, puiqu’elles vont malheureusement au-delà de la conquête du pouvoir qui est d’ailleurs la vocation première de tout parti politique. Alors, questions: que veulent au juste les partis membres du FDR? Les acteurs politiques qui l’animent?

UNE DIVERSITE DE CARACTERES ET D’APPROCHES

Il est difficile de pouvoir répondre à ces questions, tant généralement ils sont versatiles pour certains, incompréhensibles pour d’autres et controversés pour les troisièmes. C’est dans cette diversité de caractères qui tous se retrouvent, affirment-ils, autour de projets communs.

Pour défendre leurs propres intérêts ou pour consolider notre processus démocratique en prenant en compte les préoccupations de l’ensemble des Maliens? Là encore, les membres du FDR sont partagés.

Le constat fait pendant la courte durée des activités qu’ils ont eu à mener est qu’ils ont des priorités et approches différentes, de même que des lectures différentes de la situation politique.

Ainsi, peut-on affirmer qu’ils sont surtout unis par leurs intérêts qui ne sont pas forcement ceux des mlitants et cadres de leurs partis mais aussi par leur contestation de la gestion actuelle des affaires publiques.

A en croire que ceux qui, parmi eux, ont eu l’opportunité d’être impliqués dans la gestion des affaires publiques avant l’arrivée de M. Amadou Toumani Touré au pouvoir ont pu réaliser en son temps des prouesses dans ce domaine.

QUELLE CREDIBILITE POUR LE FDR?

Ce qui est sans ambiguité, c’est qu’ils viennent tous de loin, avec leurs forces et faiblesse, leurs lacunes et qualités. Toutes choses qui, à bien les analyser, ne les présentent pas comme des acteurs politiques qui ont plus de crédibilité que l’actuel président de la République, Amadou Toumani Touré.

Pourtant, depuis la création du FDR, son ambition, c’est moins la conquête du pouvoir qu’une série de croisades contre la personne du président de la République. C’est une erreur d’agir ainsi en espérant pouvoir en tirer profit et avoir un jour l’opportunité de réaliser l’alternance politique.

UNE APPROCHE PEU CONVAINQUANTE

Souvent, on a l’impression que ces hommes apprennent peu de l’histoire très récente de la démocratie malienne. En effet, de l’ouverture démocratique à ce jour, on apprécie toujours à juste titre l’existence de l’opposition en démocratie, estimant que grâce aux actes qu’elle pose, elle est en mesure d’apporter un plus à la démocratie, en consolidant ses acquis via des débats politiques féconds et fécondants, parce que venant à point nommé.

Mais, force est de constater que les débats engagés jusqu’ici par les ténors du FDR emballent très peu. A moins que les animateurs du regroupement se donnent les moyens de rectifier le tir, sinon leur approche actuelle les desservira à la longue. Ont-ils compris cela?

L’OPINION PUBLIQUE EST SUR SA FAIM

Jusqu’à la preuve du contraire, les différentes composantes de l’opinion publique nationale: classe politique et société civile, sont sur leur faim quant à l’existence d’une opposition. Il faut souligner que nous avons aujourd’hui une opposition qui se veut responsable et respectueuse des lois et principes républicains.

Pour cette option, elle se distingue de celle que nous avons connue avant. Mais, au regard de son évolution sur la scène politique, cette opposition est mort née, puisque tout démontre qu’elle tentera de rendre la gouvernance difficile au pouvoir en place et au risque de porter préjudice à des intérêts collectifs.

En effet, il ne fait aucun doute que, ce faisant, c’est le peuple, notamment ceux qui se trouvent parmi les couches sociales les plus démunies qui font les frais des grèves et autres actes rendant difficile la gestion du pouvoir.

LE SPECTRE DE LA DESILLUSION

Malheureusement, au bout du compte, les opposant finiront d’entamer leur propre crédibilité aux yeux de la population pour laquelle elle dit se battre. La finalité, nous la connaissons, c’est la désillusion qui les attend au bout de leur lutte qui d’aillleurs va souvent à contre courant des intérêts des populations.

Et quand elles le sauront, elles se désolidariseront de ceux qui pensent que la contestation de la gestion du pouvoir, l’exploitation politicienne de toutes les questions sensibles de la nation et le dénigrement sont des voies et moyens sûrs de réaliser l’alternance politique au Mali.

C’est le temps qui nous le dira.

Moussa SOW

28 novembre 2007.