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Le Haut conseil islamique (HCI), les Eglises catholique et protestante et les familles fondatrices de Bamako ont obtenu du Front uni pour la sauvegarde de la Démocratie et la république (FDR) la suspension de la marche qu’il avait programmé ce 29 mai 2012.

Durant toute la semaine, des notabilités ont appelé les différentes parties en disgrâce sur le plan politique de sursoir aux manifestations qui, selon elles, sont hostiles à un climat social apaisé. Le samedi 26 mai, le HCI, lui-même, a dû annuler un meeting qu’il avait programmé à la grande mosquée de Bamako ; «de crainte d’un débordement», explique-t-on dans le milieu religieux.

L’agression du président de la République, le Pr. Dioncounda Traoré, le 21 mai, par des manifestants opposés à son pouvoir avait amené le FDR à programmer une marche de soutien au chef de l’Etat. Cette manifestation, selon toute vraisemblance, s’annonçait comme une démonstration de force contre celle du 21 mai estimé à plus de trente milles (30 000) personnes par les organisateurs.

Et le risque sécuritaire préoccupait plus d’une personne dans la capitale malienne. C’est en prévention de cette situation que les leaders d’opinion ont rencontré, le lundi 28 mai, les responsables du FDR à l’hôtel Nord sud. En plaidant pour la suspension de la marche du FDR, le président du Haut Conseil islamique a souligné la nécessité d’une concertation inter-malienne. « Il faut nécessairement un cadre de concertation nationale. Il faut absolument que les gens se parlent, afin de reconnaître les erreurs et surtout de se dire plus jamais ça».

Les politiques ont donc concédé aux exigences des notabilités, non sans leur assignée de nouvelles «missions de médiation nationale», selon Me Kassoum Tapo, porte-parole du FDR. Ces missions sont entre autres, la libération de l’Office des Radio et Télévision du Mali (ORTM), la levée du siège du mouvement Yèrè Wolo Ton autour de l’Assemblée nationale, la demande d’envoie des forces de la CEDEAO en vue de la libération du nord du pays. En lieu et place de la marche, cinq minutes de recueillement «pour le Mali» ont été décrétées par le front.

«Ce pays a besoin qu’on ne se trompe pas de combat et d’adversaire. Si vous vous trompez sur ces deux choses, vous êtes perdants», a conseillé le leader religieux. Le président du FDR, Siaka Diakité, son porte-parole, Me Kassoum Tapo, ainsi que de nombreux chefs de partis membres notamment Tièbilé Dramé du PARENA, Ibrahima N’Diaye de l’ADEMA-PASJ, Oumar Hammadoun Dicko du PSP, ont pris part à cette rencontre. Le FDR, assure ses responsables, se bat pour le retour effectif de l’armée dans les casernes, le fonctionnement régulier des institutions et l’accélération du processus de libération du nord.

Seydou Coulibaly

Le 29 Mai 2012

© AFRIBONE