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Vingt-huit prétendants, un fauteuil : Favoris, secondes chances, outsiders… voici le PMU présidentiel

La course est lancée pour les 28 cracks sur une distance de 1 241 000 km2, une masse à partager de 6 millions d’électeurs. Le départ a été donné le 7 juillet par la Cour constitutionnelle. L’arrivée provisoire est prévue le 28 juillet. Au cas où l’AS n’arriverait pas à enlever le jackpot (la majorité absolue), un second tour déterminerait le vainqueur parmi le duo de tête. En attendant, faisons connaissance avec les chevaux, pardon les candidats. Evaluons leurs forces et faiblesses !

Les 28 candidats sont repartis en quatre catégories que sont les favoris, les secondes chances, les outsiders et les gros outsiders.

IBK : Ancien Premier ministre de 1994 à 2000, sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré, dont il avait été son directeur de campagne en 1997, Ibrahim Boubacar Kéita a ensuite créé son propre parti, le Rassemblement pour le Mali, en 2001, pour prendre part à la présidentielle de 2002 après avoir été contraint à la démission par l’Adéma/PASJ.

Candidat malheureux, il a occupé le perchoir (président de l’Assemblée nationale) et s’est présenté de nouveau à la magistrature suprême en 2007 où il récoltera 19,15 % des voix… loin derrière le président sortant Amadou Toumani Touré (élu au 1er tour avec 68,31 % des voix). IBK était cependant l’un des favoris de la présidentielle avortée de 2012, fort du soutien de dix-sept partis politiques, IBK se présente comme le super favori pour cette année.

Soumaïla Cissé : Blessé à son domicile par les putschistes en avril 2012, Soumaïla Cissé a quitté Bamako pour raison de sécurité après le coup d’Etat du capitaine Amadou Haya Sanogo. Soumi champion pour ses supporters est également l’un des anciens hommes forts du système du président Alpha Oumar Konaré, dont il a été le ministre des Finances avant d’hériter du super département de l’Equipement, de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de l’Urbanisme.

Tout comme IBK, il est contraint de se séparer de l’Adéma/PASJ pour fonder son propre parti au début des années 2000, l’Union pour la République et la démocratie. Sa chance : il est le candidat le plus populaire sur les réseaux sociaux (plus de 50 000 fans, contre 26 000 pour son rival IBK). Son passage à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) est aussi un atout pour lui.

Modibo Sidibé : Il dirigeait le Mali sous Amadou Toumani Touré, dont il a été Premier ministre de 2007 à 2011, et continuait de défendre l’héritage d’ATT contre vents et marées. Il a lui-même été arrêté à plusieurs reprises après le coup d’Etat de mars 2012. Ce pilier du régime d’ATT dément entretenir des relations compliquées avec le capitaine Sanogo ou avec l’armée. Sa chance : il connaît les rouages de l’administration, car depuis 1991, il ne joue que les premiers rôles.

Dramane Dembélé : Il est le candidat surprise soutenu par la machine bien huilée du plus grand parti du pays, l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema). A 46 ans, cet ingénieur des mines n’a pourtant pas une grande expérience politique, mais on le dit proche du président par intérim, Dioncounda Traoré, lui-même ancien candidat à la présidentielle sous la bannière de l’Adema en 2012. Peu après le coup d’Etat, il avait été accusé de tentatives de déstabilisation et arrêté par les putschistes. Sa chance : son jeune âge, mais attention, en politique, l’inexpérience est un péché.

Les secondes chances :

Soumana Sako : Ancien ministre des Finances dans les années 1980, Premier ministre de la transition démocratique de 1991 à 1992, Soumana Sako s’était déjà lancé dans la course à la présidentielle en 1997, avant de retirer sa candidature pour protester contre des fraudes massives. Il soutiendra Amadou Toumani Touré (ATT) en 2002 et 2007. En 2012, il comptait concourir pour la présidentielle, qui n’a finalement pas eu lieu en raison du coup d’Etat. « M. Salaire » de 1987 est réputé rigoureux dans la gestion des affaires publiques. Mais, dit-on, il regarde les autres de haut.

Tiébilé Dramé : Chercheur pour Amnesty International à la fin des années 1980, il fut ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de transition de 1991-1992, entre la chute de Moussa Traoré et l’élection d’Alpha Oumar Konaré. Sa première candidature à la présidentielle date de 2002 (4,02 % des voix).

Sa popularité ne décolle pas plus en 2007 (3,04 %). Nommé émissaire du gouvernement de Bamako, Tiébilé Dramé a gagné des galons en négociant un cessez-le-feu avec les rebelles touaregs, qui avaient unilatéralement proclamé l’indépendance du Nord du Mali en avril 2012. Nationaliste irréductible, il est sceptique quant au bon déroulement du scrutin du 28 juillet.

Housseini Amion Guindo dit Poulo : Vice-président de la Fédération malienne de football de 2007 à 2009, président du club de foot Stade malien de Sikasso depuis 2004, promoteur de lycées privés, Housseini Amion Guindo a créé son parti en 2008, la Convergence pour le développement du Mali (Codem). Celui-ci compte 7 députés et s’est imposé aux communales de 2009 comme la 4e force politique du pays.

A 43 ans, il se présente pour la première fois à une élection présidentielle. Sa chance : sa capacité de mobilisation extraordinaire, mais devra-t-il garder les pieds sur terre.

Moussa Mara : En 2007, alors qu’il n’avait que 32 ans, il mettait l’ancien Premier ministre IBK en ballotage lors de l’élection législative à Bamako, sa ville natale, et obtenait 48,5 % des voix au second tour. Trois ans plus tard, en juillet 2010, cet expert-comptable a créé son propre parti : Yéléma (« changement » en bambara), « un parti de jeunes, pour les jeunes ». Il est maire de la Commune IV, circonscription de Bamako et soutient l’opération militaire au Nord-Mali. Sa chance : son jeune âge, sa capacité d’anticipation et son ambition pour le Mali. Il souffre de la contradiction.

Choguel K. Maïga : Dr. Choguel Kokalla Maïga est candidat du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) à l’élection présidentielle du 28 juillet prochain.

Pour Dr. Choguel Kokalla Maïga, « restituer au Mali son honneur et sa dignité« est le slogan de campagne que les militants du MPR parti ont proposé. Cette proposition se justifie par le fait que l’élection présidentielle prévue pour le 28 juillet 2013 aura lieu dans un contexte particulier. Héritier de GMT, il est connu pour son franc-parler et surtout sa témérité. Mais, n’arrive pas à mobiliser des militants qui le… contestent.

Mountaga Tall : Président inamovible du Cnid/Fyt, il est un homme politique né à Ségou le 10 décembre 1956. Il est descendant en ligne directe du célèbre résistant El hadj Omar Tall. Fondateur du Comité national d’initiatives démocratiques, première association à caractère politique qui a demandé à visage découvert l’ouverture politique sous le régime de l’UDPM, Me Tall a connu l’exil à Dakar avant de revenir juste après le coup d’Etat de mars 1991. Opposant radical au régime d’Alpha Oumar Konaré, Me Tall a toujours été candidat à l’élection présidentielle, cette année sera-t-elle la bonne ? Attendons le soir du 28 juillet.

Mamadou B. Sangaré Blaise : Il a été investi candidat à l’élection présidentielle malienne de 2007 de la Convention sociale démocrate.

Engagé très tôt dans la politique, il est membre de l’Union nationale des jeunes du Mali (UNJM) de 1978 à 1989, sous le régime de Moussa Traoré. En 1991, il participe à la fondation du Parti pour la démocratie et le progrès (PDP) dont il assure la vice-présidence entre 1991 et 1996 avant de fonder la Convention démocrate sociale (CDS Mogotiguiya) dont il est le président depuis 1996.

Conseiller communal, membre du Conseil du cercle de Bougouni, membre de l’Assemblée régionale de Sikasso, Mamadou Bakary Sangaré, promet la surprise au soir du 28 juillet. Il fait face à beaucoup d’obstacles. Pourra-t-il les dévier ?

Outsiders et gros outsiders

Les outsiders sont: Racine Thiam, Cheick Modibo Diarra, Cheick Bougadary Traoré, Mme Haïdara Aïssata Cissé dite Chato, Dr. Oumar Mariko, Dr. Hamed Sow, et Konimba Sidibé.

Les gros outsiders sont au nombre de 9. Ils se nomment Oumar Ibrahim Touré, Cheick Kéita, Youssouf Cissé, Jeamille Bittar, Tidiane Guindo, Ousmane Ben Fana Traoré, Alhousseyni Abba Maïga, Oumar Bourry Touré, Chaka Diarra et Niankoro dit Yeah Samaké.

Chacun des 28 candidats a des atouts, mais les handicaps et autres obstacles seront difficiles à surmonter.

Idrissa Sako

Les Échos du 10 Juillet 2013