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Il y a peu, la découverte d’agents recrutés illégalement dans la fonction publique a défrayé la chronique. La presse, relayant souvent des sources officielles, a fait état de plus de deux mille détenteurs de faux diplômes et/ou de documents falsifiés. Certains attribuent cette découverte au nouveau Gouvernement lancé dans un «kokajè». D’autres, au contraire, félicitent l’ancien Ministre en charge de la fonction publique, Abdoul Wahab Berthé, qui aurait mis en place une cellule dont le travail aurait ainsi abouti à démasquer ces arnaqueurs de l’Etat.

Au-delà de tout cela, le mérite devrait revenir au Syndicat national des Douanes maliennes. En effet, dès 2006, la Section UNTM des Douanes, pilotée par Yacouba Katilé, avait attiré l’attention des autorités. Dans un préavis de grève déposé en juin 2006, une des revendications des syndicalistes douaniers était relative à la régularisation des contractuels de la douane, et une autre au décret 00-038 PRM fixant les conditions de travail du personnel de l’administration, régi par le Code du travail. Pour le recrutement, chaque Ministère adresse annuellement ses besoins au Ministre chargé de la fonction publique.

Mais, aux dires des Syndicats de la douane, certains hauts responsables avaient trouvé les moyens d’abuser de ce décret aux fins de caser des parents, amis et connaissances. Le procédé est tout bêtement simple : il suffit de recruter pour le compte du Ministère de l’économie et des finances des chauffeurs, des techniciens de surface, des plantons, des gardiens, etc., puis d’attendre quelques mois, avant de pousser ses protégés vers le haut.

Recruté hier, par exemple comme chauffeur, l’agent, en l’espace de quelques mois, va prendre du galon et occuper un poste qui ne doit normalement être pourvu que par voie de concours. La magie des arrangements internes, des avancements administratifs et des retours de l’ascenseur aidant, un bachelier se retrouve très vite à la place d’un maîtrisard, sans en avoir ni la compétence ni le rendement.

Et la douane, qui n’a besoin que de personnel qualifié, s’est retrouvée très vite à l’époque avec une pléthore d’effectifs inutiles. Et c’est pour cette raison que les syndicalistes avaient demandé l’intégration des contractuels qui, eux, donnaient satisfaction et l’arrêt des recrutements clandestins.

Si on les avait écoutés, il n’y aurait certainement pas eu tous ces cas de faux diplômes et de papiers falsifiés.

C.T

Le Katois du 24 Juillet 2012