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Face à l’ampleur des dégâts constatés sur le terrain (900 véhicules
impliqués) et à la longueur de la chaîne de complicité qui existe dans ce scandale ainsi que l’énormité du préjudice financier subi par l’État malien, le procureur Sombé Théra a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Cette enquête sera diligentée par l’une des brigades du pôle économique et financier de Bamako spécialisée dans ce genre d’affaires. Le traitement judiciaire de ce dossier qui vient ainsi de commencer n’entame en rien l’aspect douanier du dossier.
Ce travail a été confié aux enquêteurs. Et il consiste à remonter toute la chaîne de complicité et à déterminer avec exactitude et précision la responsabilité pénale de chacun des acteurs dans la commission de cette infraction. Il s’agira aussi pour les enquêteurs d’évaluer, au regard des bordereaux d’envoi qui ont été falsifiés, le préjudice financier subi par le trésor public malien.

Des sources judiciaires indiquent que des interpellations auront lieu dans les semaines à venir dans les rangs des douaniers et des transitaires.

Au niveau des douanes, les enquêteurs du pôle économiques et financier de Bamako se proposent de passer au crible les dossiers de dédouanement au niveau du bureau des Maliens de l’extérieur (BMEX); des directions régionales ainsi que d’autres bureaux des douanes.

Quant aux transitaires, leur cas est beaucoup plus complexe. En effet, malgré l’existence des sociétés de transit formellement reconnues, certains individus se disant déclarants en douane et qui n’ont aucune attache précise se sont fortement investis dans la procédure de dédouanement des véhicules. Ce sont eux qui sont aujourd’hui dans la ligne de mire de la justice. Il ressort en effet des procès-verbaux établis par la douane, à la suite des saisies opérées, que tous les propriétaires des véhicules ciblés sont passés par des transitaires isolés pour dédouaner leur véhicule. Après ce dysfonctionnement relevé dans la procédure de dédouanement, les sociétés organisées de transit veulent occuper toute leur place sur le terrain. Selon elles, aucune déclaration en douane ne peut être faite sans leur concours.

C’est donc sur la base de ces éléments et des aveux circonstanciés déjà faits par certains agents subalternes de la douane et un transitaire que les enquêteurs vont pouvoir ouvrir ce dossier.
En attendant, les supputations vont bon train au sein des structures douanières et dans les rangs des transitaires isolés.

Le colonel Cheick Kéïta, directeur général des douanes et initiateur de l’opération en cours ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Birama Fall

21 juillet 2006