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L’environnement au Mali est confronté à d’énormes difficultés. Actuellement, l’insalubrité règne à travers le Mali surtout, dans la capitale. Une situation qui interpelle tout le monde. Fatoumata Boubou Koïta, présidente, fondatrice du Mouvement Mali Propre (MMP), intervient à travers le Mali pour sensibiliser et former la population afin d’apporter un changement de comportement au sein de la société. Le MMP s’engage dans la protection de l’environnement.

Quelle analyse faites-vous de la prolifération des ordures au Mali plus particulièrement dans la ville de Bamako ?

Fatoumata Boubou Koïta : Aujourd’hui, nous constatons des ordures devant les hôpitaux, les écoles, les lieux de prière et de nombres caniveaux sont bouchés à travers la capitale. Dans certaines localités, nous remarquons également des plaques interdisant de déposer des ordures sous peine de sanctions. Mais ces mesures ne se sont pas respectées. Cela démontre la démission de l’Etat face à la prolifération des ordures au Mali et plus précisément dans la capitale. Il faut juste sillonner la ville de Bamako pour se rendre compte de la réalité. Pour que la situation change, il faut qu’on explique les textes et qu’on sanctionne. Il y a plusieurs associations maliennes, ONG, entreprises et jeunes acteurs qui évoluent dans le domaine de l’environnement de manière bénévole. Ils ont des projets innovants pour appuyer l’Etat, mais seuls ils ne pourront pas.

Nous sommes arrivés à cette phase parce que le gouvernement a démissionné et il faut vraiment un réel changement de comportement. Il faut que le gouvernement ait la même vision que la population et les associations évoluant dans le domaine de l’environnement. A travers cela, on arrivera à résoudre cette problématique et on pourra également faire de Bamako la ville coquette d’antan. Il n’y a plus d’espace vert à Bamako, c’est catastrophique. Nous n’avons plus d’endroits où se promener, s’asseoir pour faire la lecture, échanger entre amis ou collaborateurs. Par rapport à cette question, nous voulons que le procureur Touré nous aide. Le Mouvement s’inscrit dans la dynamique de l’approche.

Que préconisez-vous aux autorités et à la population ?

F.B.K : Aujourd’hui, il est plus important que le gouvernement renforce sa collaboration avec les associations qui sont sur le terrain. Nous qui sommes sur le terrain, nous connaissons déjà certaines réalités. Il y a certaines difficultés que l’Etat peut ne pas connaître. Je pense qu’aujourd’hui, il faut une assise. Il faut que le ministère de l’Environnement collaboreavec quelques leaders des différentes associations et entreprises qui évoluent dans ce domaine là pour qu’ensemble, on élabore une feuille de route sur une durée de 10 ans voire plus. En outre, il faut une vraie politique pour que la population puisse nous accompagner dans ce sens. Souvent, il faut des rencontres : hebdomadaires ou mensuels entre les acteurs de ce domaine pour qu’ensemble, on puisse faire le bilan et le compte-rendu sur ledit secteur. Et nous nous avons déjà commencé avec notre projet « 1000 poubelles » avec le concept « un grin, une poubelle ». L’idée, c’est d’associer les jeunes, les femmes en leur dotant des poubelles. Nous avons aussi d’autres programmes comme le programme « Sanuya femme et environnement »pour former les jeunes filles, les dames pour leur aider à comprendre les opportunités vertes. Ce sont ces genres d’initiatives que les autorités doivent accompagner. Aujourd’hui, il faut qu’on élaboredes contes sur l’environnement pour permettre aux enfants de comprendre les enjeux dudit secteur dès le bas-âge.

Pour faire de cet idéal une réalité, quelle sera la partition de votre mouvement ?

F.B.K : Nous avons initié un programme « Jeunes ambassadeurs pour l’environnement ». Ce sont des jeunes qui nous représentent dans les différentes communes de Bamako et des régions. Nous leur encourageons à faire des activités dans leur commune à savoir : la sensibilisation, l’orientation, la formation et les plaidoyers en faveurs de la nature. Donc, nous aidons déjà l’Etat pour qu’il ait un réel changement de comportement. Nous avons également un autre programme « Brunch vert », avec lequel on essaye de faire un zoom sur les acteurs engagés pour leur permettre de partager leurs expériences et leurs projets afin d’inspirer davantage la jeunesse.

Le Mouvement Mali Propre vient de créer le tout premier web TV 100 % écologie au Mali (MMP TV). Nous ferons des débats, des émissions, des plaidoyers.

Au mois de novembre prochain, à partir du 19 au 20 au Mémorial Modibo Keita, nous organisons la plus grande rencontre des acteurs de l’environnement « le rendez-vous de l’Environnement ». Le thème est « la pollution de l’environnement au Mali : quelles solutions pour le changement de comportement et l’atteinte des Objectifs de Développement Durable ? ».C’est la première édition, il y aura des panels, des expositions, des sensibilisations, des concours de débat, d’art oratoire, de slam, de concert vert, et défilé vert. Il est prévu également la nuit de l’environnement, la marche verte zéro plastique, et une levée de fonds vert. Le Mouvement Mali Propre invite au débat, interroge le génie malien de la diaspora et de l’étranger à la réflexion autour de l’environnement. Et nous invitons toutes les organisations : ONG, entreprises, acteurs engagés à nous contacter pour faire partir de nos programmes.

L’idée, c’est de réunir tous les acteurs de ce secteur : décideurs, bailleurs, société civile pour faire le bilan et voir ce qu’on peut faire pour rendre le Mali propre. L’environnement est le seul bien que l’humanité toute entière possède en commun. Nous devons, en toute responsabilité, le protéger, afin d’en léguer un héritage propre, sain et prospère aux générations futures.

L’insalubrité, le changement climatique, ne sont que les conséquences du comportement de tout un chacun sur la nature. Si nous voulons voir le Mali propre, c’est possible, mais il faut que chacun s’engage. Un Mali propre, il le faut.

Jacques Coulibaly

@Afribone