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Une semaine à peine l’assemblée générale extraordinaire de protestation contre le projet de réalisation d’un marché sur le site de l’Ilot N initialement prévu pour abriter les équipements collectifs de leur quartier, l’association des habitants de Faso Kanu vient de radicaliser sa position.

En effet dans une correspondance en date du 22 juillet 2008 (N/Réf N° loi 01-0108/AHCS) adressée au maire du District de Bamako, le président de ladite association, le Contrôleur des douanes Djibril Diarra a clairement notifié qu’au “nom des principes fondamentaux de la décentralisation, fondement de la libre administration et de la gestion de proximité, et au nom des populations de Sogoniko Faso Kanu, riveraines de l’Ilot N (marché) du lotissement, nous venons par la présente récuser le plan de recollement susvisé dont vous êtes le maître d’ouvrage”.

Selon le président de l’association des habitants de Faso Kanu, un plan de recollement suppose l’existence d’un plan initial approuvé ou non, appliqué ou non, qui pour des raisons justifiées, fait l’objet de réaménagement et d’adaptation aux réalités physiques et soins économiques du terrain devant être morcelé.

Tout en reconnaissant que l’Ilot N fait bien partie du patrimoine foncier de la mairie du District de Bamako, il souligne cependant que son aménagement en marché doit tenir compte des besoins réels exprimés par les populations riveraines et relayées par les autorités compétentes du quartier, en l’occurrence la mairie de la Commune VI du District de Bamako.

Or, selon le Contrôleur des douanes Djibril Diarra “il s’avère que tel n’a pas été le cas du plan de recollement du marché de Faso Kanu (Ilot N) approuvé par la Lettre N°01350/MDEAFH-DNUH du 04 novembre 2003”.

Ce plan de recollement, dira le président de l’association des habitants de Faso Kanu, ressemble plutôt à un “partage du butin” (qui ne dit pas son nom) opéré par les équipes dirigeantes actuelles des mairies du District et de la Commune VI du District de Bamako.

Selon lui, le seul objectif visé est de s’accaparer des soi-disant “espaces vides” et les morceler en magasins. Des espaces vides qui ne sont en réalité que des emplacements destinés aux équipements collectifs que revendiquent aujourd’hui les habitants de Faso Kanu en général, les ménagères et autres usagers en particulier.

Il s’agit entre autres des hangars (ou places) pour les vendeuses de divers condiments, la boucherie, la poissonnerie, la volaille, la vente de charbon de bois et du bois de chauffe, les dépôts d’ordures, le poste de police, les toilettes, etc.

Pour des raisons inavouées et des desseins bassement politiques et électoralistes, le maire du District de Bamako et son acolyte de la Commune VI, Souleymane Dagnon, ont décidé de brader à tour de bras le site prévu pour les équipements collectifs de Faso Kanu qu’ils qualifient désormais de soi-disant «espaces vides».

Dans cette entreprise louche et criminelle, ne sont-ils pas allés jusqu’à répartir entre eux les 47 immeubles en place sans pour autant daigné léguer un seul aux laborieuses populations de Faso Kanu (29 immeubles pour la mairie du District de Bamako et 18 pour la Commune VI). Les 110 boutiques en construction ont aussi fait l’objet de clé de répartition équitable des deux mairies sur le dos des habitants de Faso Kanu.

L’autorité de tutelle de Faso Kanu à savoir le maire de la Commune VI obnubilé par l’appât du gain s’est résolument lancé dans la bataille pour sa réélection à la tête de cette mairie. «Diviser pour mieux régner», tel semble être désormais le slogan de campagne de Souleymane Dagnon.

Cependant l’Association des habitants de Faso Kanu ne veut nullement se laisser impressionner. Selon son président Djibril Diarra «ces équipements collectifs n’auraient pas dû être sacrifiés au profit des magasins». Mais, ajouta-t-il «votre plan de recollement l’a fait.

Ce faisant, a-t-il respecté les normes techniques, sécuritaires et hygiéniques requises en matière d’aménagement de marché d’envergure locale (quartier…)».
Pour ces raisons, l’Association des habitants de Faso Kanu récuse le plan de recollement du marché de Faso Kanu (Ilot N) dont le maire du District est le maître d’ouvrage.

A ce dernier, il dira : «nous sommes décidés à en empêcher l’application sur les espaces que vous considérez vides, mais qui, en réalité étaient initialement destinés à recevoir les équipements collectifs». Et d’ajouter : “nous allons nous mobiliser conséquemment pour ce faire. Et comme la nature a horreur du vide, nous allons incessamment vous proposer une «occupation» des «espaces vides» conforme à nos besoins”.

En guise de cri de cœur de la gente féminine de Faso Kanu, l’Association demande au maire du District de Bamako, Adama Sangaré “de bien vouloir faire suspendre tous les travaux de construction de magasins ou immeubles sur lesdits «espaces vides» afin de préserver l’ordre et la quiétude à Faso Kanu”.

Ce sont là des menaces à peine voilées proférées à l’endroit de la plus haute autorité districale.
Le discours, tant dans la forme que dans le contenu, est le signe évident d’un désamour, d’un divorce entre les habitants de Faso Kanu et les deux élus locaux que sont Adama Sangaré et Souleymane Dagnon. Un signe aussi du réveil de conscience de nos concitoyens qui ne veulent plus se laisser mener en bateau.


Birama Fall

31 Juillet 2008