Partager

mmeba.jpgLe ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce, Mme Bâ Fatoumata Nènè Sy, assurant l’intérim de son homologue des Finances, a présidé hier, à l’hôtel de l’Amitié, l’ouverture de la 32è Assemblée générale de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africain (FANAF). Bamako reçoit ainsi pour la seconde fois consécutive cet événement continental.

Plus de 500 participants ont répondu à l’invitation du Bureau exécutif de l’organisation qui reçoit cette année des collègues indiens, sud-africains et de pays anglo-saxons d’Afrique.

L’exercice biennal offre l’occasion aux professionnels africains de la protection sociale d’échanger leurs expériences, d’évaluer les performances de leurs compagnies, de s’interroger sur les défis et les enjeux de leur profession, a rappelé la présidente du Comité des compagnies d’assurances du Mali (CCAM), Mme Cissé Aminata Dembélé.

Pendant quatre jours entrepreneurs et hauts cadres du secteur des assurances en Afrique bénéficieront de l’expertise d’éminents panelistes africains et européens qui les aideront à défricher « les nouveaux chantiers de l’assurance africaine« . L’enjeu est de taille, les assurances africaines sont, en effet, appelés à se positionner dans un environnement mondial de plus en plus rude et concurrentiel.

Ils discuteront dans plusieurs panels consacrés à la problématique de la prévention des risques en Afrique, aux risques de particuliers, à la problématique de la prévention des risques en assurance de personnes, aux risques d’entreprises, à la problématique du « risk management » au sein d’une entreprise industrielle ou commerciale et à la consolidation financière des compagnies d’assurances qui est un impératif de crédibilité de l’assurance africaine.

Les assureurs et leurs facilitateurs diagnostiqueront l’état de santé des compagnies africaines afin de dégager des solutions susceptibles de leur permettre de consolider les acquis. Ils vont examiner les marchés financiers afin d’y dénicher des opportunités intéressantes et savoir les conditions à réunir pour leur exploitation optimale. Ils débattront de l’agrément unique proposé par la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA) et de l’ouverture des marchés en zone FANAF.

La réflexion est en cours à la CIMA sur l’élaboration de cet agrément unique, instrument destiné à ouvrir les frontières aux entrepreneurs du secteur des assurances désireux de se mouvoir à l’intérieur du continent. L’apport du marché unique régional sur le développement économique de l’assurance et les accords de partenariat économique (EU/ACP) seront également débattus.

La dernière journée sera consacrée aux échanges en plénière et à l’examen du bilan du Camerounais André Bayala et du bureau exécutif sortant, lesquels achèvent leur deuxième mandat consécutif à la tête de l’organisation. Un nouveau bureau sera élu pour les trois prochaines années.

La FANAF, a rappelé André Bayala, est un vaste marché africain, européen, américain et asiatique. Elle brasse un chiffre d’affaires de 750 milliards Fcfa. L’an dernier, elle a distribué entre ses clients 223 milliards Fcfa au titre de réparations de sinistres et investi 823 milliards Fcfa. Le puissant cartel des assureurs est engagé dans une démarche de qualité dans les services qu’il rend au quotidien au profit de ses clients. Cette longue marche sur la route de l’excellence, selon André Bayala, est irréversible pour la FANAF qui entend pleinement jouer son rôle d’investisseur institutionnel sur le continent.

La détermination de la FANAF de sortir de l’amateurisme pour se hisser au rang des grandes compagnies d’assurances au monde a été favorable reçue par nos autorités nationales qui ont décidé d’accompagner désormais ce secteur.

Mme Bâ Fatoumata Nènè Sy, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce, a invité les compagnies d’assurances à mériter « la confiance » du public avant de promettre que le gouvernement s’emploiera à aider la FANAF et le CCAM à assainir le milieu et à conforter les entreprises conformes aux normes de crédibilité définies par la CIMA.

A.O. DIALLO – L’Essor

26 Février 2008.