Partager

Le tout puissant patron de la Chambre de Commerce avait prédit l’arrivée dans « seulement quelques jours » les 100 000 tonnes de riz dont le gouvernement a autorisé l’importation du 1er mars au 31 mai 2009. Il a eu du nez, puisque notre confrère l’Indicateur du Renouveau transforme la prédiction en info dans son édition du lundi, à travers un titre choc : riz exonéré : les premières cargaisons attendues cette semaine ». Si tôt ? Le confrère explique que pressentant le méga-flop qu’allait devenir l’initiative riz, le gouvernement n’avait pas attendu pour commander. La précision était, en effet, requise.

Donc, ce n’est pas du riz TGV qui se pointe au port au moindre claquement de doigt alors que les autres variétés achetées en Asie mettent quand même plusieurs semaines sur la mer, quelques jours dans les ports, et un peu de temps entre les ports et nos marchés intérieurs. Bravo, un vaillant importateur qui ne s’attendait même pas à l’exo a pris les devants, dans un élan de patriotisme qui gagnerait à être contagieux. L’éditorialiste de la Nouvelle République, tout El Hadj qu’il est, n’apprécie que moyennement l’anticipation. Ce pays n’a pas que le ventre mais également des oreilles et des yeux, prévient-il, désabusé. Du riz et du riz-fifi, on va se régaler.

Ramenez-moi la tête du PM contre récompense

Le chroniqueur de l’Aube n’y va pas par quatre chemins. Des forces pas si obscures que ça veulent abattre le beau ténébreux et pour cause : ses bons rapports avec le président ATT dérangent beaucoup de monde. Et celui-ci, par le biais de l’Initiative riz qu’il qualifie, au passage, de ratage historique, escompte un remaniement ministériel qui mettrait Modibo Sidibé au chômage. Il ne faut donc pas chercher plus loin les flingueurs : ils sont tapis surtout dans les partis politiques. Encore eux ? Bien sûr, la preuve c’est que sont eux qui ont dit au Conseil de ministre que les chiffres étaient faux.

Ce sont encore eux qui avaient lancé les commandes de riz qui serait déjà à nos portes, avec exo et caméras garanties à la réception. Ce ne sont pourtant pas des animateurs de parti, mais d’une association que le Quotidien de Bamako du mercredi, aurait surpris en conciliabule avec des journalistes (sauf qui promettrait de tout déballer) qui ont quitté les lieux, avec des billets de banque et des termes de référence très clairs : liquidation politique totale de l’intrus. A ce train, les gilets pare-balles ne suffiront pas au PM. Il lui faudrait se déplacer dans des BRDM.
Des imprimeurs qui ne font pas bonne impression

Hou là ! On ne sait pas où notre confrère le scorpion est allé dénicher les dossiers de candidatures de quelques imprimeries bien connues qui étaient en compétition pour la confection de 8 millions de bulletins de vote pour communales d’avril qui, pour certains politiques, sera l’apogée de la fraude et du tripatouillage. Mais le travail d’investigation du confrère est louable et les infos apportées sont plus qu’édifiantes. Résumons : à l’heure qu’il est, l’appel d’offres pour ce marché est infructueux, car aucun des 6 imprimeurs (dont 5 de la place) n’a atteint le seuil requis, selon l’interprétation du journal.

En d’autres termes, l’offre financière est trop basse, même si notre confrère, suite à l’estimation d’un imprimeur indépendant, dit que ce travail ne peut coûter plus de 100 millions de nos francs. Le moins disant des imprimeurs était à 188 millions et le plus disant à bien plus du milliard. Apparemment, tout ça est sous-estimé, et le Ministère de tutelle ne veut pas prendre de risque. Nous sommes bien dans le même pays?


Adam Thiam

19 Mars 2009