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Deux bambines se sont copieusement injuriées avant que leurs génitrices qui étaient toujours sur pieds de guerre ne se mêlent de la danse. Imaginez la suite

Dans notre pays, les conseils ne manquent pas quant à l’éducation d’un enfant. S’il est indiscutable que cette tâche appartient en premier à ses géniteurs, du fait de l’organisation de notre société, le bambin appartient à toute la communauté. Ainsi, il bénéficie aussi bien de l’éducation de ses propres parents que celle d’individu qui n’a rien avoir avec lui du point de vue relation parentale. «Il faut tout un village pour éduquer un enfant», dit-on. Cet adage illustre bien notre fait du jour. Mais dans la pratique, il semble être méconnu par bon nombre des citoyens.

Les deux dames dont nous parlerons ont opté pour l’idée, selon laquelle les querelles qui naissent entre les enfants peuvent engendrer des disputes entre parents si, et seulement si ces derniers mettent le cœur avant la raison. Ce fut malheureusement le cas lorsque nos deux dames «Bi» et «As» en sont venues aux mains à la suite d’un différend qui a opposé leurs deux bambins. De la dispute à la bagarre entre les mères des deux enfants, le sang a finalement coulé.

La triste histoire s’est récemment passée à Médina-Coura, en Commune II du District de Bamako. «Bi» et «As» sont toutes deux habitantes dudit quartier et partagent la même cour où elles vivent en location. La seconde est trentenaire tandis que la première est âgée d’environ 26 ans. Chacune d’elle est mère d’une fillette qui ont pratiquement toutes les deux 4 ans. Il n’est un secret pour personne que la vie en location n’est pas chose facile à Bamako. Dans certains cas, la cohabitation est extrêmement difficile entre les locataires. Ainsi les voisins assistent fréquemment à des querelles souvent insensées. 

Dans le cas présent, la cohabitation était devenue tellement difficile entre les deux dames qu’elle était devenue ce que d’aucuns appellent ironiquement une véritable «cohabi-tension», comme on le dit. Cette situation était telle qu’elle s’était répercutée sur les rapports de leurs progénitures dans la maison. Une maison dans laquelle l’atmosphère était quotidiennement électrique.

Souvent, il suffisait d’un rien entre les deux locataires pour que tout explose. Et que l’atmosphère de la maison vire à l’enfer. Les choses auraient évolué ainsi jusqu’à cette journée malheureuse où une dispute a éclaté entre les deux fillettes. Durant leurs échanges verbaux, les deux bambines s’adonnaient à des injures grossières au vu et su de toute la maisonnée. En enfants, elles ne pouvaient en aucun cas se soucier d’éventuelles conséquences pouvant découler de ce à quoi elles s’adonnaient à cœur joie.

Le temps passe, les injures n’avaient pas cessé entre les deux gosses. Bien au contraire. Par la suite, les mères des deux enfants s’en sont mêlées dans le conflit. L’une des bambines aurait grossièrement injurié sa petite voisine. Puis, elle est rapidement partie pour aller rejoindre sa mère, dans la chambre. C’était suffisant pour que les deux dames, toujours sur pieds de guerre, se retrouvent face-à-face avec l’idée de se battre.

D’injures à injures, l’atmosphère n’était pas près de se calmer entre les deux dames. Par la suite, les deux adversaires ont engagé un véritable duel dans la cour de la maison. Le combat était digne d’un véritable duel de titan. Dans cette atmosphère surchauffée, «As» aurait arraché la boucle d’oreille de «Bi» avec sa dent.

Conséquence : un bout de chair de son oreille est parti avec. Les habits de la pauvre étaient tout couverts de sang. La pauvre criait et se tordait de douleur. C’était suffisant pour qu’une foule de curieux envahisse la cour de la maison quasiment transformée en arène. Certains témoins tentèrent de séparer les deux protagonistes. Ils y parviendront non sans peine.

«Bi» était pressée de se sortir des mains de son adversaire pour se diriger vers les locaux des policiers où elle a déposé une plainte contre «As». La procédure policière a pris le relais et les deux femmes ont été gardées à vue en attendant d’y voir clair. Toutefois, il semble que le social est entré en action dans l’espoir de relaxer les protagonistes.

Tiédié DOUMBIA

Source: L’Essor