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Aidé par sa mère, le garçon s’adonnait à la vente de drogue la maison. Avec le temps, mère et fils ont été pris par la police.

Depuis qu’ils sont à la tête du commissariat de police du 3ème arrondissement, le commissaire principal, Sadio Konon Tomoda et son adjoint Issiaka Traoré sont résolument engagés à lutter contre l’insécurité à la racine au niveau du secteur qui relève de leur compétence.

Outre l’insécurité résiduelle qui avait tendance à gangréner le quotidien des populations de la Commune II, les deux officiers de police précédemment cités n’entendent donner la moindre chance aux dealers et leurs complices. D’où des opérations surprises dans le milieu des petits délinquants pour la plupart vendeurs et ou/consommateurs de produits stupéfiants. Ces petits malfrats qui s’adonnaient à cette activité illicite, dans certains cas, au vu et au su de tout le monde, vivaient dans des quartiers populaires de la commune cité, notamment Bagadadji, Bozola, Niaréla, Bakaribougou etc.

Les éléments de la Brigade de recherches audit commissariat de police ont tout dernièrement mis hors d’état de nuire AM, un jeune homme connu dans tout le secteur pour être un dealer notoire, sans vergogne. « Pagaille », tel est le surnom de cet individu âgé d’environ vingt ans, et qui avait pignon sur rue dans le domaine, tant il s’y adonnait avec professionnalisme et malice.

En dépit de ces qualités qui manquent chez la plupart de ses collègues dealers, « Pagaille » avait oublié qu’il vivait dans un secteur où des policiers aguerris traquent de jour comme de nuit des indélicats de son genre. Raison pour laquelle, il a été emporté pour l’opération « Founou Founou », initiée par le commissariat de police du 3ème arrondissement. Une opération de police qui a quasiment nettoyé toute la commune de ses déchets sociaux.

Selon nos sources, sans s’inquiéter outre mesure, ce garçon menait ses activités dans le domicile familial sans que personne ne cherche à broncher. Des clients allaient et venaient dans la cour de la maison et faisaient irruption dans sa chambre pour en ressortir avec leur « marchandise » et disparaître. Et aucun proche n’osait vendre la mèche aux policiers pour débarrasser la famille de ce délinquant familial de ce type. D’où les raisons qui ont fait qu’il a vécu dans la durée en menant une activité connue pour son illégalité par tous. Mais par finir, c’est la perspicacité des éléments du 3è arrondissement qui a payé. à la suite de renseignements irréfutables, consécutifs à la collaboration des citoyens, « Pagaille » dort derrière les barreaux depuis quelques jours déjà.

Avant d’en arriver là, nos sources précisent que l’opération « Founou Founou », (opération anti drogue) menée dans la commune avait fait ses effets. La drogue était devenue un denrée rare, tel qu’il n’était pas donné à quiconque d’en être dealer. Mais en dépit de cette rareté, « Pagaille » avait toujours les moyens de s’en offrir pour ensuite la revendre à des clients qui lui étaient fidèles. C’est cela qui explique quelque part le fait que « Pagaille » était devenu lui aussi une personne très chère. Le garçon savait qu’il était surveillé par des policiers, mais il était tellement futé qu’il essayait de mettre toujours la chance de son côté pour échapper à toute interpellation policière.

Dans la journée du jeudi 22 juillet dernier aux environs de midi, les éléments de la Brigade de recherches du 3ème arrondissement lui ont mis le grappin dessus à son grand étonnement. La collaboration des populations, victimes potentielles des malfrats, est l’une des stratégies sur laquelle la police mise beaucoup pour mettre hors d’état de nuire des malfrats de cet acabit. C’est ce qui a finalement bien fonctionné chez les éléments de la BR pour pouvoir mettre la main sur « Pagaille » et sa complice.
Dans les parages où il vivait, la situation du garçon était quasiment devenue insupportable. C’est ainsi que le citoyen X a décidé d’aller le dénoncer à la police. Aux limiers, le plaignant a clairement expliqué que ce garçon s’adonnait à la vente de drogue au vu et au su de ses géniteurs sans que personne ne bronche à la maison.

Cette dénonciation est arrivée à un moment où les éléments de la BR, dans le sillage de l’opération dite « Founou Founou », traquaient le jeune homme dans une discrétion totale. Ils n’attendaient qu’une occasion pour lui couper l’herbe sous les pieds. La dénonciation du plaignant n’a fait qu’accélérer les choses. Dans la foulée, les policiers ont élaboré et mis en place une technique pour appâter l‘indélicat dealer. Il leur a fallu environs quatre semaines durant lesquelles, « Pagaille » a été pisté et surveillé.

Au cours de cette période de traque, très alerte et malin, le dealer faisait extrêmement attention pour éviter les policiers. En fins stratèges, ces derniers ont attendu le moment opportun pour le prendre les mains dans le sac à la maison, de faire en sorte qu’il ne puisse nier les faits.

Finalement, c’est ce qui est arrivé à la date indiquée plus haut. Lorsqu’ils ont cloué le bec au dealer en plein jour, ils l’ont conduit dans leurs locaux pour l’y auditionner. La stratégie policière a bien fonctionné. Conséquences, durant son audition, le garçon ne pouvait rien nier. Cela ne pouvait en être autrement, car les éléments de la BR qui l’ont pris, ont été témoins oculaires, lorsqu’il a pris l’argent de la drogue avant de servir un client.

Nos amis policiers ne se sont pas arrêtés là. Ils ont mené des enquêtes pour comprendre comment un jeune de son âge pouvait s’adonner à une telle activité au sein même du domicile familial en présence des siens. Le résultat de ces enquêtes était impensable pour nos limiers. Avec des preuves irréfutables, ces derniers ont compris que « Pagaille » se faisait aider par sa propre mère. Surtout lorsqu’il s’agissait de dissimuler le produit stupéfiant. Pour couvrir son enfant, la femme n’hésitait pas à cacher des quantités de drogue dans des sacs de riz qu’elle gardait jusque dans sa propre chambre à coucher.

Poursuivant dans la suite logique de cette affaire, les policiers ont perquisitionné la chambre de l’indélicat dealer. Ils y ont trouvé une quantité de drogue qu’ils ont jugé suffisante, en plus d’autres objets plus ou moins prohibés. Notamment une brique de « Kensh », une qualité de drogue, dont le dealer avait déjà vendu plus de la moitié. Les policiers ont en outre mis la main sur une quantité de « haschis marocain », deux motos Djakarta, et Sanily entre autres.

à la fin de son audition sommaire, les limiers n’ont pas traîné avec le dossier de « Pagaille ». Il a été renvoyé chez le procureur, près le Tribunal de grande instance de la Commune II du District de Bamako. Avec toutes ces preuves, le juge a très rapidement placé le garçon sous mandat de dépôt. Quant à sa complice de mère, sexagénaire, cette dernière a été simplement verbalisée par l’équipe d’intervention. Et avec toute la fermeté requise.


Tamba CAMARA

Source : ESSOR