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Elles franchissent les frontières pour commettre leurs forfaits et sont tombées dans les mailles de la police

Ce sont des voleuses professionnelles qui viennent de tomber dans les mailles du filet des éléments de la commissaire divisionnaire, Ouassa Keïta, du commissariat de police du 14ème arrondissement. Ce sont les dames R.D, M.D, et F.D. Les limiers ont présenté cette dernière comme étant la cheffe du groupe.
Selon nos sources, elles sont toutes de nationalité guinéenne. La plus jeune de la bande a 42 ans, alors que la doyenne a en 62. Aussi étonnant que cela puisse le paraître, ces Mamies qualifiées de dangereuses voleuses avaient opté pour le gain facile. Elles sévissaient depuis longtemps dans nos pays ; à savoir la Guinée et le Mali. Contrairement aux malfrats de leur acabit, ces voleuses s’étaient spécialisées dans le crime en dehors de leur pays d’origine, puisqu’elles voyageaient spécialement pour sévir, lorsque l’envie les prenait.

Leurs cibles ? Les vendeurs de tissus de luxe, donc de pagnes Wax et de basins. Et dès qu’elles foulaient le sol de leur destination, le trio de voleuses ne visait que les boutiques où ces tissus sont vendus. Dans la pratique, ces dames d’un autre genre avaient une technique aussi simple qu’efficace. Elles sont de véritables maîtresses de l’art de la ruse et de la diversion. Elles se faisaient passer pour de potentielles clientes et détournaient ainsi l’attention de leurs victimes les boutiquiers vendeurs de tissus Wax et basins.

Lorsqu’elles décidaient d’opérer dans une échoppe, elles agissaient en professionnelles pour la réussite de l’opération. Sans donner beaucoup plus de détails, nos sources expliquent que pour que leurs opérations soient toujours couronnées de succès, l’une des trois se chargeait d’abord de partir en éclaireureuse pour faire la reconnaissance des lieux, chercher à savoir s’il  y avait ou non des caméras de surveillance, réperait les lieux où leurs futurs butins étaient  placés et le comportement des vendeurs,  donc entre autres, la position des tissus sur les étals, l’attitude du gérant du commerce, etc.

DES PROFESSIONNELLES  EN LA MATIÈRE :
Une fois ces renseignements obtenus, le groupe élabore sa stratégie d’opération. Ainsi, elles se font toutes passer pour des clientes et chacune d’elle «harcèlle» le gérant en vue de le divertir.

Elles lui adressent sans répit des questions sur le prix, la qualité du tissu, sa résistance, la mode  qui va avec, la coupe et les coutures convenables… Et pendant ce temps, une se placait de manière à cacher le champ visuel de la caméra ainsi celui du gérant avec un sourire bien entendu. C’est à ce moment qu’une autre s’empare d’une pièce de tissus qu’elle cache sous son page et le couvre de son boubou. Une fois le butin bien caché sous le pagne, elle rejoint les deux autres au comptoir, lesquelles, à leur tour, reprennent le même manège en intervertissant les rôles à chaque fois. Et les malheureux gérants ne constataient les dégâts que bien après leur passage éclair dans la boutique. 

Il est arrivé plusieurs fois que de boutiquiers accusent leurs employés  de vols. À tort, dans la plupart des cas. Toute chose a une fin, dit-on. Elles ont ainsi longtemps occasionné des pertes chez des vendeurs  de tissus de pagnes Wax et de basins.

Le glas a sonné pour nos trois héroïnes, à la suite d’une intervention éclaire, de la divisionnaire Ouassa et de ses hommes de la Brigade de recherches. L’interpellation du trio de voleuses est intervenue dans la journée du 5 octobre dernier, à la suite d’une opération qui s’est soldée par leur déclin. Après leur interpellation, les trois voleuses ont été présentées  au procureur du tribunal dont relève le secteur concerné.

Peu avant leur interpellation, elles avaient échappé à la vindicte populaire, lorsqu’elles avaient osé s’attaquer à une boutique en plein jour, au quartier Djicoroni-Para, en Commune IV du District de Bamako. Elles passeront de bonnes heures aux mains de la foule, surexcitée avant que la police ne soit informée et qu’elle n’intervienne. Après leur passage à tabac par la foule qui a failli les tuer au sens propre du terme, le commissariat de police du 14ème arrondissement est informé par un habitant du quartier. La commissaire Ouassa Keita instruit aux éléments de sa Brigade de recherches, conduite par le chef BR Mamadou Kebe, de se rendre sur les lieux et d’interpeller les voleuses. L’équipe trouvera le trio de voleuses sérieusement roué de coups.

Les secouristes devenus des témoins, les trois personnages furent ainsi appréhendés puis conduits manu militari dans les locaux de la police. Interrogées, elles ont affirmé toutes être de nationalité guinéenne. Elles tentèrent de nier les faits dans un premier temps. Mais les preuves étaient-là. Elles ignoraient que l’unité d’intervention de la Brigade de recherches avait également mis la main sur un enregistrement vidéo où elles étaient en pleine action dans une boutique. Sur cette bande vidéo, elles apparaissent clairement en train de dissimuler une pièce de tissus sous leurs pagnes. Elles étaient bien visibles et bien identifiables sur les images de la vidéo. C’est ainsi qu’elles resolurent de coopérer.

Les dames avouèrent s’être constituées en gang et avaient l’habitude de se rendre au Mali uniquement pour voler des tissus Wax et du basin pour les revendre en Guinée. Elles reconnaissent avoir réussi plusieurs coups dans la capitale malienne. Elles ont été déférées, la semaine dernière, devant le procureur du tribunal de grande instance de la Commune IV du District de Bamako dans l’attente d’un procès.

Tamba CAMARA