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Les Evêques du Mali, dans leur quête de convivialité à l’approche des échéances électorales que notre pays s’apprête à vivre, ont publié un document non seulement de panorama qui retrace la scène politique malienne mais aussi exhorte les uns et les autres à mettre le sens dans leurs activités respectives afin que les élections soient à hauteur de souhait. Ce document qui s’intitule “et si nous réhabilitions la politique” a été au centre des débats entre la presse et les Evêques ce samedi 17 février au Centre Djoliba.

CIBLE DU DOCUMENT

Le conférencier, en la personne d’Abbé Cypien Dakouo, Secrétaire général de la conférence Episcopale du Mali a retracé le contexte de cette rencontre, à savoir les élections 2007 avant d’ajouter qu’en choisissant le genre littéraire de la lettre, les Evêques visent tous les Maliens. Ils écrivent à nous tous “Chers frères et soeurs Maliens, hommes et femmes de bonne volonté” telle en est l’adresse. Ils ne se placent pas en donneur de leçons, mais s’impliquent par les “nous”.

Ils disent bien combien ils se sentent concernés avec les maliens par ce qui se dit et se vit. Les Evêques restent fidèles à leur conviction que les Maliens sont de vrais croyants, un peuple aimé de Dieu. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois, qu’ils nous prénomment ou nous surnomment ainsi.

COMMENT REHABILITER LA POLITIQUE AU MALI ?

Le conférencier a éludé trois chemins :

Primo, parce que le Mali est aujourd’hui dans la sous région et même dans le monde un exemple de démocratie. Les acquis sont nombreux et variés qui attestent de notre maturité politique et des efforts réels entrepris pour faire un Mali nouveau ; le Mali de nos rêves du début des années 90. Nous apprécions tous l’immense effort politique, économique et sociale que nous avons consenti chacun pour ce pays afin qu’il reste un havre de paix. Nos attitudes et comportements confirment notre adhésion commune à vivre des valeurs de notre hymne nationale “Un Peuple – Un But – Une Foi”.

Secundo, comme une oeuvre humaine, notre vie politique est entachée par quelques aspects qui mériteraient un effort plus accru. Il s’agit de questions plus difficiles certes, mais ce sont les ombres au tableau de notre cher Mali auxquels il faut répondre si l’on veut voir les Maliens s’intéresser vraiment aux prochaines élections. Cette situation a amené le conférencier à se poser certaines questions qui sont entre autres : que signifient la floraison et l’éclatement incessants des partis politiques ? Est-ce l’expression d’une pléthore d’idées ou tout simplement le résultat d’un culte exagéré de l’amour propre de leaders qui ne supportent pas d’être contrariés au sein de leur parti ? On assiste présentement à des alliances et regroupements de tous genres. Est-ce réellement le fait de visions consensuelles sur l’avenir du Mali ?

Tertio, tout en ne se prévalant pas de compétence en sciences politiques, les Evêques se sentent suffisamment concernés pour ne pas laisser la politique aux seuls politiciens ; question de nous inviter chacun à cet effort de culture politique.

FAIRE LA POLITIQUE AUTREMENT

Pour mener à bon bord et faire la politique autrement, M. Dakouo ajouta que le chemin est semé d’embûches, c’est ainsi qu’il le caractérise. Trois balises ont été adressées pour l’atteinte de cet objectif.

D’abord, il faut une vraie et réelle éducation civique et politique ; l’effort entrepris par la Radio et la Télévision nationale, bien que louable est insuffisant. Les partis politiques devraient également contribuer à cette mission de formation. Ensuite, il nous faut recourir au discernement, c’est-à-dire savoir quoi choisir : “entre le bien et le mal, entre la vie et la mort” dit la Bible, et cela tant au niveau personnel qu’en société.

Enfin, rétablir un climat de confiance et refuser la violence comme voie de recours. “Notre culture nous interdit le recours à la violence comme voie d’accès au pouvoir, rien ne justifie l’utilisation de la haine et de la calomnie pour imposer son opinion”, a-t-il dit.

Pour faire la politique autrement les Evêques signataires du message nous invitent à la prière, parce qu’ils se sont adressés à des croyants, des amis de Dieu, ils les appellent à porter les élections générales à venir dans la prière quotidienne.

L’événement a été sujet à des questions telles que : quelle sera l’attitude des Evêques face à une éventuelle violence électorale ? Et si les Evêques pouvaient indexer les personnes non grata à la stabilité politique de notre pays ?

Le conférencier dira qu’il ne souhaite pas que les élections soient tâchées de chaos. Et espère que tous les hommes trouvent leur compte dans leur message.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

19 février 2007.