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Les barrières au commerce entre pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont encore été au centre du dialogue régional organisé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en partenariat avec la fondation Friedrich Ebert du 29 au 31 octobre dernier, à Accra. Et pour beaucoup de participants à cette rencontre, cette situation relève de ces États.

La faiblesse des exportations entre pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) relève des pays membres. C’est du moins l’avis des panélistes du dialogue régional organisé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert, du 29 au 31 octobre dernier à Accra, au Ghana. Identifiant les barrières au commerce, Siméon Dossou, point focal du groupe régional d’experts syndicaux souligne la faiblesse des financements, les tracasseries routières, entre autres.

« Au moment où le commerce régional bute sur un problème de financements, une bonne partie de nos dirigeants ont planqué des milliards dans des paradis fiscaux. Le rapatriement de ces fonds aurait pu aider nos industries à se développer. Dans les pays africains, la thésaurisation est très forte. Les gens préfèrent garder leur argent sous leurs oreillers et quand les cases brûlent tout part en fumée », fustige M. Dossou. Avant d’ajouter : « Nous sommes les éléments de freinage de notre développement commercial. Ce n’est ni l’OMC ni la Banque mondiale qui sont responsables. Nous sommes responsables de la faiblesse de nos exportations« .

La performance des pays africains en matière de facilitation des échanges est jugée très faible, du fait de procédures douanières pesantes, des tracasseries routières, une insuffisance des moyens de transport, un déficit de l’information… Concernant les tracasseries routières, le nombre de poste de contrôle sur les différents corridors est impressionnant. Et des paiements indus de sommes d’argent y sont souvent enregistrés. Ce qui entraine des conséquences néfastes sur le commerce des céréales.

Pourtant souligne Samuel Amehou, ancien ambassadeur du Bénin près de l’OMC, il y a beaucoup de règlements au sein de la CEDEAO par rapport à la libre circulation des personnes et des biens. Mais, déplore l’ancien diplomate, « le problème est lié à la mise en œuvre de ces textes. A cela, il faut ajouter le suivi des décisions que nous prenons ». Razack Youssefou de la société civile béninoise est du même avis. « Dans chacun des pays de la CEDEAO, il a été retenu une mise en place d’une Alliance Bordeless devant regrouper des membres du secteur public, du secteur privé, de la société civile, pour booster les décisions allant dans le sens de la facilitation du commerce. Mais, nous mettons du temps à réagir », note le Béninois. Cette Alliance qui est un cadre de « commerce sans frontière » vise à promouvoir et à faciliter le commerce régional et à réduire les coûts de transport et les retards à travers l’Afrique de l’Ouest.

Fatoumata Mah Thiam KONE,

Envoyée spéciale à Accra.

02 novembre 2012.