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C’est le moins qu’on puisse dire après la mine de déserpoir que laissait voir bon nombre de Maliens et de Maliennes, à commencer par les plus hautes autorités, jusqu’à la population lambda, par rapport au faible taux de retrait des cartes d’électeurs. Ainsi, à cinq jours de l’élection présidentielle et à quelques heures de la fermeture de la campagne électorale, le taux de retrait des cartes d’électeurs qui était jugé très faible est aujourd’hui satisfaisant. L’heure est maintenant au taux de participation à l’élection.

Faut-il le rappeler, le début du retrait des cartes d’électeurs à la fin du mois de mars dernier, était timide, très timide. Pour cause, les populations n’en faisaient pas leurs affaires, elles préféraient prendre du thé au grin, écouter de la musique, aller aux concerts,… que d’aller retirer leurs cartes d’électeurs, surtout qu’elles ont une mauvaise vision de la chose politique. Conséquence : deux semaines après le début du retrait des cartes, le taux était toujours à 8%. Toute chose qui a créé des inquiétudes tant dans le rang des autorités que celui de la société civile.

En effet, chacun se demandait : que deviendra encore le taux de participation aux élections, si les citoyens ne partent pas retirer leurs cartes d’électeurs ? Quelle image aura notre démocratie qand on sait que le taux de participation aux élections à une grande influence ?

Pour trouver des solutions à cette situation qui ne peut être que fatale pour notre jeune démocratie, les autorités du Mali, la société civile en ont fait leur combat : l’augmentation du taux de retrait des cartes d’électeurs.

A cet effet, le Ministre de l’Administration Territoriale et des collectivités Locales, Kafougouna Koné avait rencontré les maires des six communes du district de Bamako afin de trouver des voies et moyens pour améliorer le taux et desceller des difficultés qui sont à la base de cette situation.

Selon les maires, l’une des difficultés majeures liées au faible taux de retrait des cartes d’électeurs est le retrait individuel, qui veut que chacun retire soi-même sa carte. Ayant pris bonne note de cette déclaration, le Ministre, en collaboration avec les autres structures chargées de la question des élections au Mali, a autorisé le retrait collectif des cartes avec évidemment des conditions précises.

En effet, ce changement au niveau du retrait des cartes d’électeurs a porté fruit. Pour cause : l’affluence au sein des centres de retrait des cartes a triplé, de 8%, le taux de retrait des cartes d’électeurs est passé à 30%.A cela, il faut ajouter les efforts déployés par la société civile dans le cadre de la sensibilisation des citoyens à aller retirer leurs cartes. Aujourd’hui, il est heureux de constater que le taux de retrait des cartes varie entre 30 et 97% ,selon les localités.

Si le défi du faible taux de retrait des cartes a été relévé, il faut cependant reconnaître que l’arbre ne doit pas cacher la forêt, quand on sait que le taux de participation constitue le dernier virage de toutes les élections. Ainsi, c’est par la voix des urnes qu’un candidat perd ou gagne les élections. C’est également à travers le taux de participation que l’on reconnaît, j’allais dire, apprécie la légitimité de la victoire d’un tel ou tel candidat.

Cependant, les autorités, la société civile sont entrain d’oeuvrer davantage, comme ils l’ont fait au retrait des cartes d’électeurs, pour que le faible taux de participation aux élections soit un vain souvenir au Mali.Les citoyens répondront-ils à l’appel, pour aller voter massivement ?

On ne saura répondre à cette question. C’est seulement la voix des urnes qui nous édifiera.Alors ! citoyens du Mali, sortez massivement le 29 avril 2007 pour accomplir votre devoir civique.

Moussa TOURE

26 avril 2007.