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Ce qui est clair, c’est qu’il existe une hiérarchisation des partis politiques en grands, moyens et petits indépendamment de ce que certains acteurs politiques pourraient considérer comme un mépris à leur égard.

Cette classification est une considération générale quand on sait que certains partis, quoique considérés comme moyens ou petits, ont leur rôle à jouer dans certaines circonscriptions électorales en ce qui concerne les rapports de forces. Ces partis ne sont, certes, pas nombreux, mais disposent encore de fiefs, en attendant qu’ils soient suppliés également par d’autres partis.

On sait par exemple que le fief de la CDS est Bougouni et ce parti met pieds et mains pour y conserver sa position. Ce parti a le mérite de se maintenir.

LE CAFOUILLAGE

Dans la plupart des cas, ce n’est plus tellement sûr pour les partis qui se bousculent sur le terrain pour se supplanter. C’est de là qu’on a dit récemment que le RPM mène des offensives à Ségou, fief du CNID. Cette ville n’est pas moins le fief de l’ADEMA.

Tant que la recomposition du paysage politique se poursuivra les données évolueront à la faveur de certains partis et au détriment d’autres. On dit souvent que c’est la fin qui justifie les moyens et cela sied bien aux partis politiques maliens, la plupart se débrouillant encore.

LA NECESSITE D’UNE REMISE EN CAUSE

Le combat engagé depuis l’ouverture démocratique est axé en partie sur les efforts devant aboutir à l’augmentation progressive du taux de participation aux élections. Par rapport à cet objectif commun des acteurs politiques et du département de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, il semble qu’il soit nécessaire de revoir la stratégie mise en oeuvre à cet effet jusqu’ici.

En effet, la mobilisation des électeurs pour ces législatives partielles à Mopti et en Commune V n’a pas été à hauteur d’attente.
Cela pourrait expliquer par le fait que les partis sont faiblement implantés dans les circonscriptions électorales concernés, délaissés par les militants au profit d’autres forces, ou alors qu’ils ont peu travaillé à la mobilisation des électeurs. Et pourtant plusieurs d’entre eux ont bénéficié de formation dans le cadre du renforcement des capacités.

Parmi les modules il y avait la mobilisation des militants, des électeurs. Il n’y a-t-il pas une remise en cause à ce niveau par rapport aux partis politiques ?
Au-delà de cet aspect le ministère de tutelle, en l’occurrence le MATCL qui a toujours été soucieux de la hausse du taux de participation aux élections ne devrait-il pas lui aussi se mettre en cause par rapport à ce faible taux de participation aux législatives partielles ? Et les citoyens, électeurs potentiels, que font-ils des acquis de notre processus démocratique ?

Où est passé la culture démocratique, un indicateur de l’ancrage démocratique ? Il importe, en tout cas de faire encore l’état des lieux de peur de se revoir à la case départ.

Moussa SOW

29 mars 2006.